La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Angry-Gaymer
Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Culture | Politique | 27.08.2016 - 10 h 56 | 6 COMMENTAIRES
Caroline Fourest, le Burkini, et l’Afro-féminisme…

Étiquettes : , , , , , , , , , ,

Alors que le Conseil d’État vient de mettre fin aux arrêtés contre le burkini, je constate, sur Twitter, comme dans les journaux, que la polémique de l’été, aura été la cause d’un nombre hallucinant de dérives racistes et de déclarations honteuses. Peut-être, est-il temps d’émettre une analyse constructive et sérieuse plutôt que de terminer un article en appelant à opter pour le nudisme

Au début de la polémique, je n’avais pas d’avis sur le burkini, et, comme beaucoup de gens, je n’avais rien à faire de trois femmes sur une plage de Corse. Mais les médias, et les hommes politiques de droite, dont certains membres du PS, ont fait de cette question mineure le débat majoritaire de l’été et de la rentrée. Ainsi la promulgation de la loi Travail, où le refus par l’Assemblée Nationale de voter un amendement contre le harcèlement sexuel ne feront pas les gros titres. Voici, donc la saga de l’été, par TF1, Sarkozy, Valls et Philippot : le burkini.

Les Politiques et « Les Penseurs » : Du Harcèlement au Burkini
« Les électeurs ont la mémoire courte » titrait en 2012, Gil Delonnoi, dans le Nouvel Observateur. Il avait raison, mais ce n’est pas le cas de Twitter ainsi que de Facebook. Le 23 Juin, quelques semaines après l’Affaire Baupin, un amendement proposait que « les personnes condamnés pour harcèlement ou viol soient inéligibles ». Avec 15 votants sur 577, dont 9 étaient « contre », notamment chez les socialistes, l’amendement fut rejeté. En considérant que 94% à 96% des victimes de harcèlement sont des femmes, on peut dire que les personnalités politiques de notre pays se moquent éperdument de la condition des femmes. Rappelons qu’en 2015, au parlement européen, une loi sur l’égalité hommes-femmes, avait été bloquée par les conservateurs de l’UMP comme du FN.


Alors, quand Nicolas Sarkozy, Christian Jacob, Manuel Valls, Marine Le Pen ou encore Florian Philippot viennent prétendre défendre le droit des femmes devant les citoyens, il conviendrait de réinscrire cet argument dans son contexte. Les droits des femmes n’est clairement pas le sujet. En témoigne, leur comportement vis-à-vis des combats féministes actuels. Citons, par exemple, le harcèlement de rue, dont ni le PS, ni l’UMP, et encore moins le FN, ne semble comprendre les enjeux, et dont aucun ne semble vouloir s’emparer alors que le sujet faisait les gros titres en Juillet au Royaume-Uni.
Le bilan des différents partis politiques français, qu’ils soient au pouvoir, ou dans l’opposition, n’est pas très glorieux, en matière de féminisme. Mais de fait, en France, cela semble une tradition dans la classe dirigeante que de n’avoir que faire de la condition féminine. En effet, entre 1919 et 1945, le vote des femmes fut proposé trois fois, et les conservateurs, en particulier, les sénateurs, bloquèrent le débat et le vote. Inutile de dire qu’en 1936, le Front Populaire avait pourtant voter cette mesure à l’unanimité. C’est une réalité terrible à admettre pour beaucoup d’entre-eux et d’entre-nous, mais oui, la très grande majorité de nos hommes politiques sont des machistes et des sexistes, en témoignage les affaires Baupin et Tron.
Alors, ces personnalités politiques et anti-féministes, pourquoi parlent-elles du burkini alors que les autres oppressions sont entretenues dans l’indifférence généralisée ? Après tout, le burkini existe depuis plusieurs années, pourquoi maintenant ? La raison est aussi nauséabonde qu’elle est simple, c’est bien entendu l’élection présidentielle qui est au cœur de cette polémique. Quelle coïncidence que Nicolas Sarkozy annonce sa candidature à la primaire de la droite, et la sortie de son livre quelques jours après cette polémique… Mais ne soyons pas complotiste, cette polémique sert absolument la totalité de la droite, et pas uniquement Sarkozy. Le FN fait son beurre, et Valls aussi, et nous n’entendons que des hommes, sur un sujet qui concerne exclusivement des femmes, bien entendu…

Le Burkini et Caroline Fourest : « Mal à l’aise » ?

Caroline Fourest (essayiste, éditorialiste, réalisatrice)

Je fais volontairement un encart à propos de Caroline Fourest, mais pourquoi ? Caroline Fourest est une féministe, mais c’est aussi une figure des luttes LGBT+ dont le « Mariage Pour Tous », et c’est véritablement un problème. Ma famille n’est guère au courant des choses de la vie politique et intellectuelle du pays, mais quand je demande une « intellectuelle lesbienne connue » en France, le premier nom, c’est Caroline Fourest. Pour la plupart des gens, est sûrement involontairement de leur part, comme de celle de Caroline Fourest, son travail et ses actes sont associés à notre communauté. A cause de son statut d’ « intellectuelle » médiatique, ses travaux, ses tribunes et ses procès donnent parfois, une mauvaise image de notre communauté, notamment auprès des musulmans.
En plus d’une méthode d’attaque frontale aussi puérile qu’inutile comme le démontre le succès de SOS racisme avec un FN à 20%, Caroline Fourest fait aussi l’objet de nombreuses critiques. Elle fut rappelée à l’ordre par le CSA, elle fut en procès pour plusieurs livres, où elle fut déclarée, plusieurs fois, coupable. Que Caroline Fourest veuille apparaître dans les médias est un droit, mais le droit d’expression, s’accompagne d’un devoir d’exactitude surtout si on se fait parfois le porte-voix d’un groupe social. Maintenant que la critique contre son comportement est actée, abordons le problématique de sa tribune douteuse contre le burkini et en particulier la fin :
« Toute personne un tantinet féministe ou simplement inquiet du radicalisme se sentirait mal à l’aise à l’idée de se baigner à côté d’une femme ou d’un groupe de femmes en burkini. Porter ce maillot intégriste sur la plage revient à dire aux autres qu’ils sont indécents ou que leur semi-nudité vous obsède. Fatigant. Quand on va à la mer, c’est pour se détendre, pas pour se prendre les problèmes psychologiques ou les convictions idéologiques des autres en pleine figure. Si quelqu’un est si mal à l’aise avec son corps et croit en la pudeur, il peut tout simplement éviter de se baigner en public et choisir des espaces plus pudiques… Comme une piscine privée ou sa baignoire. »
La question du burkini peut-être sujet à débat entre les féministes, ce n’est pas la question. Après tout, je suis un homme, ce n’est pas moi qu’on cherche à oppresser, ou pas, avec ce vêtement. En revanche, ce paragraphe contient un terme très problématique : « mal à l’aise ». Pourquoi est-ce problématique ? Car, Caroline Fourest, prétendue intellectuelle, doit fournir un travail s’appuyant sur la raison pure et les principes de causalité. Or, le fait de légitimer ainsi un sentiment, sans le questionner ou l’analyser est un sérieux défaut de son article. Sous prétexte de féminisme, nous devrions être mal à l’aise ? Alors pourquoi Caroline de Haas, n’est pas outrée par le burkini ? Pourquoi moi-même, qui me considère comme pro-féministe, le burkini ne me dérange t-il pas ?
J’ai grandi dans une famille ouvrière de droite, avec tout ce que cela peut avoir d’éducation raciste. Je connais très bien, ce sentiment de malaise, je le connais même trop bien. A cause de ma socialisation raciste, je me sens mal à l’aise à côté d’une personne de couleur. Oui, je suis raciste, involontairement, contre mon gré, et je lutte contre ce comportement tous les jours, mais je suis raciste. Alors, je connais très bien, ce sentiment de « malaise », c’est le sentiment de quelqu’un qui est raciste. C’est le comportement type de quelqu’un qui à peur de la différence culturelle et qui ne s’interroge même pas sur ce comportement.

Afro-féminisme et intersectionnalité : Du Burkini au Camp Décolonial

Rudolf Ernst (1854)

L’afro-féminisme est une de mes découvertes de l’année 2016, notamment grâce à Nuit Debout, mais aussi à Nadia – La Ringarde, une vidéaste afro-féministe que je vous conseille. L’afro-féministe est un courant intellectuel à l’intersection entre la lutte contre l’esprit néo-colonial et le féminisme.
Concernant le burkini, les afro-féministes ont un positionnement beaucoup plus modérées que les féministes plus » classiques ». En effet, si l’histoire des luttes féministes en France, comme ailleurs, ce fait par l’intermédiaire d’un dévoilement du corps. Ce n’est pas le cas pour les femmes issues des zones colonisées. En effet, dans l’imaginaire collectif des colonies, les femmes arabes étaient souvent vues dénudées dans des harems, où, libérée par le colonisateur/civilisateur, elle s’offrait ensuite à lui. Ainsi, dans une émission de France Culture du 27/08/2016, on apprend que, aujourd’hui, le tag porno le plus recherché de France, c’est « beurette », un héritage d’une époque peut-être pas si révolue…
Si les hommes blancs hétéros et cisgenres, acteurs de l’oppression, veulent des femmes dénudées et sauvages, n’est-ce compréhensible que celles-ci cherchent à s’habiller de nouveau, et le cas échéant, pourquoi pas avec un burkini ? Un ancien ami à moi m’avait confié que, quand il couchait avec sa femme, noire, il avait l’impression « d’être un colonisateur », édifiant. (Critique de ce point de vue)

« Le bain turc » Ingres (1862)

Au sujet de la lutte afro-féministe, il faut apporter quelques points de détails. Notamment au sujet du fameux « camp dé-colonial » qui fait tellement polémique. Les recherches de Bourdieu, de Foucault, et de la French Theory, en général, on fait la preuve que nous sommes tous, à la fois, oppresseurs et oppressés. Les zones non-mixtes comme le camp décolonial sont des zones dites « safe », c’est-à-dire, où l’on cherche à réduire au maximum l’oppression subit par les individus pour qu’ils s’expriment librement sans être systématiquement arrêter par des objections de convenance comme le fameux « Not All Men » que subissent régulièrement les féministes, notamment sur Twitter. C’est exactement la même chose que lorsqu’on refuse un homme dans une réunion de victime de viol non-mixtes, et tout le monde comprendra qu’une victime de viol ne souhaite pas s’exprimer en présence d’un homme.

« Le burkini est un vêtement comme les autres » : Nuancez-vous !
Alors le fameux burkini, est-il un vêtement comme les autres, oui ou non ? La réponse est en fait, oui ET non. En dehors de l’évidence : c’est un morceau de tissu, le burkini est surtout le fruit d’un déterminisme. Tous les vêtements que nous portons, sont le fruit de déterminismes : la mode, le goût, la culture, la religion, les valeurs politiques, l’éducation, autant de choses qui ont pour conséquence que madame porte un burkini et pas vous. Est-ce grave ? Pour moi, cela dépend beaucoup plus de la personne qui porte le vêtement que du vêtement en lui-même.
Si la personne est une afro-féministe militante, elle sait pourquoi elle fait le choix de ce vêtement, par exemple. Il en va de même pour une étudiante en sociologie qui aura très probablement conscience que son éducation religieuse l’oriente dans cette direction. En fait, les raisons et les déterminismes m’intéressent beaucoup plus que le vêtement. Mais ne soyons pas chauvin, j’en attends autant des hommes en short de bain et des femmes en bikini ou monokini. On choisit ses vêtements sous de nombreux motifs, l’important c’est de les connaître et d’être conscient de leur implication. Et donc finalement, mon avis est moins intéressant que les nombreuses questions que j’aimerais poser à celles qui portent le burkini. Sauf que, bien entendu, la presse interview plutôt Sarkozy, Juppé ou Valls que les premières intéressées.

« Gardez-vous bien de dire que vous luttez pour le droit des femmes… »
Je m’interroges beaucoup sur une société théocratique ou pseudo-démocratique qui interdit un style vestimentaire à la gente féminine. Encore une fois, on fait le choix, à la place d’une femme, on fait donc le choix d’une oppression pour contrer une autre oppression, est-ce bien logique ? Est-ce pertinent ?
Il vaut mieux que certains hommes, politiques ou non, arrêtent de prétendre défendre les femmes sous prétexte d’être contre le burkini. Ainsi, messieurs, gardez-vous de défendre le droit des femmes quand vous répétez systématiquement que tous les hommes ne sont pas de violeurs, que vous êtes incapables de garder le silence pour laisser une femme s’exprimer, quand vous parlez avant elles, des sujets qui les concernent en priorité, quand vous votez pour des lois, ou des élus qui ne luttent pas pour le droit des femmes comme l’UMP ou le FN (voir le PS dans une certaine mesure), quand vous faites du « mansplaining », quand la répartition des tâches ménagères dans votre ménage est inégalitaire, quand il y a inégalité de salaire dans la société que vous dirigez, quand vous commentez systématiquement le physique des femmes athlètes, journalistes, et politiques, quand vous dites qu’une femme est responsable de son viol à cause de sa mini-jupe, quand vous laissez une femme être harcelée dans la rue ou le RER, etc…

Mise à Jour : Caroline Fourest vient de remporter une victoire au tribunal, ceci pour la même affaire que celle dans laquelle, elle était mise en cause lors de son passage à « On n’est pas couché », le talk-show de Laurent Ruquier. A l’époque, elle était accusée de mentir, en disant « j’ai gagné mon procès ». Le jugement confirme donc son mensonge car elle n’avait pas dit « je vais gagné » mais « j’ai gagné » et pour une essayiste, les mots sont, sans aucun doute, importants. On ajoute que cette victoire ne dédouane pas des autres condamnations et avertissement du CSA…

Actu | Culture | Politique | 23.03.2016 - 03 h 46 | 6 COMMENTAIRES
ThomasKHII : De l’Ignorance au sujet du viol.

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , ,

D’ordinaire, je fais l’éloge de Youtube et plus généralement d’Internet, mais pour une fois, je vais vous faire découvrir ce qu’Internet offre de pire parfois : L’Ignorance. Alors qu’il est aisé de faire des recherches sur la toile, notamment sur le sujet du féminisme, du viol, du racisme ou de la philosophie, on trouve encore des gens pour aborder des sujets sans jamais rien en connaître. Aujourd’hui, on parle de ça, à travers, une chaîne Youtube lamentable : ThomasKHII.

Les Chaînes de l’Ignorance : Les « Éditos » Stupides.
Elles sont nombreuses les chaînes Youtube qui disent des bêtises régulièrement. On pourrait citer Fanta de la chaîne TheFantasio974 qui ne comprends pas l’utilité d’une radio publique à partir du moment où nous avons des médias privés. On pourrait citer, encore une fois, la vidéo d’Usul sur Etienne Chouard. Mais dans le premier cas, il ne s’agit pas du fond de commerce de la chaîne, et dans le second cas, c’est une erreur spontanée et corrigée, depuis, par l’auteur.

Minute Papillon…

Pour les cas qui nous intéresse ici, les pensées des vidéastes sont leur fond de commerce, à l’instar d’Usul. On retrouve dans cette catégorie plusieurs très bons vidéastes comme GingerForce sur le féminisme, Cordélia et Pouhiou, sur le genre et la sexualité, DanyCaligula et Cyrus North en philosophie. Ils tiennent le haut du panier en terme de qualités et d’analyses. Mais il y  aussi le bas du panier, les vidéastes qui ne font pas le travail de recherches, de croisement des sources, et d’analyses. C’est le cas, notamment, de la chaîne « Minute Papillon » qui, sous couvert d’humour, dans son épisode sur le féminisme fait plusieurs erreurs grossières comme considérer les féministes comme une masse uniforme d’hystériques en tailleur, confondre parité, égalité et complémentarité des sexes (comme Béatrice Bourges) , insulter les grévistes en confondant au passage, le travail et l’emploi. L’émission « Minute Papillon » devient donc rapidement un amas sirupeux de clichés, et surtout de réflexions erronées s’appuyant sur des « on-dits » sans le moindre recul critique. De l’avis même de certains vidéastes comme Usul ou DanyCaligula, cette émission est dangereuse car elle est constellée d’erreurs factuelles et de caricatures mais en plus, la rapidité du débit empêche le spectateur attentif de faire le point sur les dites erreurs. On se retrouve devant des textes que ne renieraient pas des éditocrates de BFM-TV ou du journal Le Point.
On pourrait m’objecter qu’il s’agit d’une divergence d’opinion mais c’est une erreur. En matière de cinéma, je suis souvent en désaccord avec le vidéaste et critique Durendal pourtant je reconnais la pertinence de ses opinions qui s’appuient souvent sur des faits et des analyse pertinentes. Par exemple, je considère son opinion à propos du film « Les Nouvelles Aventures d’Aladdin » avec respect, mais je suis en désaccord avec celle-ci. Derrière son argumentation, il y a un vrai savoir, une vraie maîtrise et une recherche. Le défaut de « Minute Papillon », c’est que cela s’appuie sur des préjugés, des suppositions et des spéculations souvent fausses ou non-vérifiées.  Ce n’est d’ailleurs pas le cas que pour l’épisode sur le féminisme mais aussi concernant l’épisode sur la grève, où on ne parle pas des acquis sociaux et où il y a confusion entre macro et micro-économie (et je ferais pas la liste des autres erreurs économiques, sinon j’y passerais la journée…). Pour en finir, de manière définitive, avec le bon goût et la réflexion s’appuyant sur des faits, je vous conseille quand même l’épisode sur la peine de mort, histoire de finir en position latérale d’impensée.

J’ai abordé le sujet du féminisme, de la grève, de la peine de mort, maintenant parlons du viol, avec ThomasHKII. Je vous préviens la liste des horreurs est assez longue !

ThomasHKII : « Les victimes n’ont pas envie d’avoir une série de viol sur la conscience… »

ThomasKHII ou Thomas Dallet est un vidéaste (20 000 vues par vidéo) qui fait différents types de vidéo et, en particulier, des vidéos-éditos sous le titre : « Qu’en Pensez-Vous ? » comme DanyCaligula en fait depuis quelques mois. Avant même le début de la vidéo, en observant les deux pages, une différence importante est visible : les sources. Alors que Dany mitraille littéralement le spectateur de source, Thomas n’en fournit aucune. Il n’est donc pas possible d’approfondir le sujet, ni de faire des vérifications à partir des sources fournies. Vous devez, entièrement, vous en remettre à lui et à son avis, même s’il dit une bêtise, comme à un professeur dans une salle de classe, le savoir en moins.

DanyCaligula / ThomasHKII

En fait, sans faire de procès d’intention, s’il n’y a pas de « sourcing » sur le sujet, c’est visiblement car il n’y a pas de recherche sur le sujet. Le début de la vidéo est d’ailleurs une magnifique démonstration d’ignorance crasse et rance : elle commence par un reproche aux victimes de viol qui ne témoignent pas. Il ne sera jamais fait mention, dans la totalité de la vidéo, des mécaniques sociologiques et psychologiques chez les victimes de viol. On n’étudiera pas non plus la question des institutions judiciaires et des policiers qui n’avaient, auparavant, pas de formation sur les agressions sexuelles et les viols, ni sur ce qu’un avocat de la défense peut faire subir à une victime dans un tribunal.
Au bout de 2 minutes sur 18, nous parlons des femmes violeuses, soit 4% des viols selon le Ministère de la Justice. Généralement, on parle du sujet avant de parler des exceptions. Une jolie démonstration de « NotAllMen », technique qui consiste à rappeler l’évidence : « Tous les hommes ne sont pas des violeurs. » Ce que tout le monde sait mais qui surtout,  conduit notre cher ThomasHKII, dans la vidéo sur la campagne sur le harcèlement sexuel dans le métro de Paris, à dire que la vidéo ne devrait pas être genrée. Avec 96% des viols par des hommes, je pense que cibler un peu ne fait aucun  mal, et concernant celui qui ne harcèle pas les femmes, il n’a pas à ce sentir la cible de la campagne, tout simplement.
Le pauvre garçon n’a même pas ouvert un dictionnaire, car, à l’instar de Phillipe Arino qui redéfinit le mot « viol » à sa guise, Thomas Dallet, lui, redéfinit le mot « proche » en « membre de la famille », alors que le dictionnaire dit : « parent, ami» . Au demeurant, aucun rapport n’utilise ce terme et la plupart préfère l’expression « connaissent leurs agresseurs ». Je pourrais dire que c’est négligeable si nous n’avions pas droit à trois minutes sur le sujet.
Il aborde ensuite, de manière moqueuse, les femmes qui ont peurs de sortir la nuit : « Car elles ont peurs des violeurs. » La motivation de cette sinistre blague ? Le fait que la plupart des viols auraient lieux, en intérieur, dans l’appartement de la victime ou de l’agresseur. Mais visiblement le monsieur n’avait pas fait beaucoup de recherches sur le harcèlement sexuel qu’il soit verbal ou physique. A ce titre, je lui conseillerais ce site, très évocateur qu’est « Paye Ta Shnek ».
Nous constatons ensuite qu’il aborde d’une manière particulière le « lien » la légalisation du viol et l’islamisme (ou l’islam, on sait pas trop). C’est une erreur classique que ne renierait surement pas Alain Finkielkraut. Malheureusement, il n’y a pas que dans les pays sous dictature islamique que le viol est légal. Par exemple, en Inde, le viol est légal, alors que le pays n’est pas d’obédience musulmane. Mais aussi, certains pays qui pratiquent l’Islam comme la Mauritanie donne tout de même beaucoup de pouvoir aux femmes.
Enfin, la vidéo trouve sa conclusion lorsque le jeune homme s’offusque que pour qu’il y est viol, il faut une pénétration. Cependant, cette mention dans le code pénale ne précise pas que c’est le pénétrant qui est le violeur. Donc encore une fois, cette réflexion n’a pas lieu d’être, même si en pratique, c’est très souvent le cas. Une dernière idiotie pour la route, j’imagine, ce ne sera que la centième…
Finalement la liste des erreurs, des approximations, et aussi longue que mon bras. Mais est-ce qu’il y a des choses à sauver ? Bien entendu, en dix-huit minutes, il est impossible de ne dire que des bêtises. Mais pour 5 minutes de choses évidentes que tout le monde sait sauf Alain Soral et Eric Zemmour, ce n’était pas la peine de nous infliger une vidéo de dix-huit minutes avec trois fausses informations à la minute.

Conclusion : Renseignez-vous !

Le problème est le même chez ThomasHKII que chez Kriss de Minute Papillon, la documentation est totalement absente. Au lieu de faire des recherches, sur Internet ou ailleurs, comme toutes personnes intelligentes devraient le faire. Les deux vidéastes s’appuient sur leurs opinions construites sur du rien, car jamais appuyées par des études sérieuses ou des dossiers complets. Usul quand il décrypte Elizabeth Lévy s’appuie sur un corpus de texte conséquent (dont Frantz Fanon), idem pour Dany sur la loi travail. Autant, je peux comprendre pour Kriss, le présentateur de Minute Papillon, il est plus vieux (40 ans), et comme l’explique Benjamin Bayart dans sa conférence, généralement, les personnes de 40/50 ans ou plus utilisent mal internet. Mais Thomas semble jeune, il devrait donc, ayant grandi avec internet, faire un travail de documentation de qualité, s’il était consciencieux. S’appuyer sur des statistiques ne suffit pas, il faut lire des articles, des livres, regarder des conférences avant de prétendre avoir un avis qui vaut la peine de faire une vidéo. Si c’est pour faire ce genre de vidéo vide, autant aller mettre un commentaire à la con sous un article du Monde.fr comme tout le monde.

Je remercie GingerForce qui m’inspire cet article grâce à ses tweets sur les vidéos de ThomasHKII,
et qui subit des insultes depuis 2 jours à cause de ça, bien joué les gars !

Actu | Culture | 16.04.2014 - 14 h 47 | 0 COMMENTAIRES
Bientôt sur Youtube : Pouhiou nous parle de sexe

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , ,

Le sexe, gay ou pas, s’invite chez les Youtubeurs, après le Joueur Du Grenier et son spécial « Saint-Valentin », ainsi que les deux derniers Doxa (liens disponibles dans l’article), la scène Youtubienne s’enrichit d’un nouveau personnage haut en couleur !

Pouhiou

On ne peut pas dire que la scène de Youtube soit modérée sur le sujet « sexe », mais en matière de bonnes pratiques et de conseils, ils sont plutôt avares, nos chers podcasteurs. Ils parlent surtout de pornos et de masturbations, sauf un petit youtubeur qui résiste encore et toujours à l’envahisseur : DanyCaligula. Prospecteur de vérité et de débat d’idées construites, le jeune homme au pull rouge abordait le sexisme et la sexualité, dans ces deux dernières vidéos. En compagnie de son ami Pouhiou, ils ont comme après chaque épisode de Doxa, échanger avec leur communauté, dans un « live twitch* ». Débat sur l’homosexualité, les déviances, les citations et les phobies qui gangrènent parfois même notre communauté, auquel, votre serviteur a participer avec plaisir.
Nous avons appris que Pouhiou, auteur de roman (disponible ici), pansexuel affirmé, et féministe convaincu, va bientôt ouvrir une chaîne Youtube pour donner des conseils et parler des pratiques sexuelles diverses. Et je puis affirmer sans détour qu’il ne parlera pas que du sexe des anges, pardon, des hétéros.
Moi, qui regretter la présence de diversité sexuelle chez les youtubeurs, je pense que la correction commence avec lui. On espère qu’il organisera lui aussi des lives après chaque émission.

 

Live Twitch : Twitch est une plateforme normalement utilisable par les joueurs de jeu vidéo pour présenter leurs habilitées et discuter avec le public de manière simultanée. Le NesBlog, DanyCaligula, et quelques autres l’utilisent comme plateforme d’échange, sous la forme d’une radio interactive.

Actu | Culture | Jeu vidéo | 26.12.2013 - 19 h 18 | 4 COMMENTAIRES
Les Jeux Vidéos Ont-ils un Genre ? (Et un petit bonus)

Étiquettes : , , , , , , ,

Une année forte en rebondissement côté jeu vidéo s’achève enfin. Une année noire et de crise où nous avons appris que les membres du groupe professionnel de jeu vidéo sur Facebook étaient pour la plupart des ordures sexistes, idiots et envieux grâce à Mar_Lard et Usul, on a aussi grâce à l’affaire du Dorito’s Gate, appris que la presse jeu vidéo était presque entièrement vendue aux éditeurs, et que les mêmes éditeurs se prenaient pour des mafieux.

Voici donc un petit cadeau pour les féministes de tout poil, voir même celles et ceux qui s’épilent :

Et comme je suis de bonne humeur, je vais aussi mettre un petit bonus sur le film Dead or Alive (paradoxal ? – Peut-être) :

ICI

Et moi je vous souhaite de joyeuses fêtes, et j’espère que les articles de ce blog vous plairont toujours autant l’année prochaine. 

 

Joyeux Nowel !

Actu | Culture | Jeu vidéo | 17.08.2013 - 15 h 17 | 14 COMMENTAIRES
Pourquoi faudrait-il jouer aux jeux vidéos ?

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , , ,

Pourquoi faudrait-il jouer aux jeux vidéos ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire beaucoup de gens sont encore réfractaires à cette pratique sociale qu’est le jeu vidéo. On peut les comprendre, la télévision, média dominant, donne des joueurs une image caricaturale : addictif, violent, idiot et naïf. A titre personnel, je m’entretiens assez pour pouvoir faire une partie de Mario Kart, avec un masque d’argile sur le visage, et être le lendemain, devant mon université, en costume-cravate.
Si l’on entend souvent parler des défauts du jeu vidéo, comme par exemple, le fait que ce soit chronophage, on parle moins souvent de ces qualités, qui sont pour ainsi dire assez surprenantes…

I- C’est mieux que la télévision.


Les jeux vidéos sont chronophages, mais la télévision l’est tout autant. La différence est que, devant une télévision, nous sommes passifs. On ne peut choisir les

« I Am The Law »

images que l’on reçoit. Dans un jeu vidéo, vous êtes relativement libres de vos actions, et donc libre de choisir les images que vous allez recevoir. Bien sûr, sur une télévision vous pouvez choisir un programme, mais il restera toujours ces 5 minutes de publicité qui ne sont pas dans un jeu vidéo. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de publicité dans les jeux vidéos, mais elle est généralement moins violente et moins envahissante, et ressemble à celle que l’on voit dans les rues : une affiche, un panneau, etc…

Bien entendu, on pourrait me dire que le jeu vidéo est violent et que contrairement à la télévision, le joueur est actif dans le processus de violence :  c’est lui qui tue, et non le héros. A cela, je répondrais que la violence est un processus très complexe. Bien entendu, le médium vidéo-ludique peut-être violent, mais cette violence n’est pas gratuite. L’exemple de GTA (Grand Theft Auto) fait ici sens : Vous pouvez frapper des piétons, voler des voitures, mais si vous le faites vous prenez le risque d’être poursuivi par la police ou même d’être tuer. Quand la violence n’est pas contrebalancée, elle est exagérée jusqu’à en devenir ridicule. Dans les deux cas, le but n’est pas d’impliquer le joueur dans un processus violent mais bien d’exorciser des pulsions.

Il faut donc relativiser et ne pas être esclave de la télévision, un média depuis longtemps dépasser par le web. Le fait que le joueur soit actif dans le jeu n’est pas un défaut mais bien une qualité, pourvu que l’on respecte les limites d’âges indiquer sur les produits.

 

II- Une Analyse Plus Complexe Qu’il n’y paraît.

On pouvait déjà ce mettre en couple avec un mec.

Il serait stupide de croire que le scénario d’un jeu vidéo influe profondément sur le joueur. En vérité, le scénario n’est souvent qu’un prétexte à questionner le joueur sur ces convictions. Parfois même la trame scénaristique se révèle anecdotique, c’est le cas pour les jeux de la franchise Mario. Pourquoi l’histoire est de moindre importance dans un jeu ? La raison est simple : l’intérêt d’un jeu est sa mécanique, ce qu’on peut faire ou non dans le dit jeu. Croire que cette mécanique est sans importance serait stupide et surtout dangereux et j’aimerais pour démontrer cela prendre l’exemple de The Sims, sortie dans les années 2000 sur PC.

L’idée de base est de proposer un simulateur de vie, hors pour cette simple idée, il y a des milliards de possibilités différentes. On pourrait par exemple considérer qu’une vie réussi, c’est d’avoir des amis et une famille épanouie. Mais dans The Sims, ce n’est pas le choix qui à été fait. Le but du jeu est de devenir riche et de consommer. Les objets les plus chers sont, par exemple les plus efficaces et ceux qui rendent votre personnage le plus heureux. Hors, tout le monde sait que ce qui est le plus cher n’est pas forcement le meilleur. Ainsi donc le jeu propose une mécanique de jeu basée essentiellement sur l’argent et la consommation , un message qui passe non par le scénario qui est absent, mais par la mécanique de jeu.

Pour en revenir au jeu, j’aimerais demander aux femmes d’arrêter de jouer à ce jeu. The Sims propose d’administrer une maison et une famille, ce qui n’en fait pas vraiment un jeu sexiste puisque le public visé n’est pas clairement défini, mais reproduire les vieux schémas patriarcaux n’est vraiment pas malin lorsqu’on demande l’égalité des sexes.

III- La Communauté Des Joueurs

La communauté des joueurs n’est pas cette masse informe d’êtres blêmes et sectaires qui peuplent les reportages de TF1 et d’ NR12. Il y a autant de joueur qu’il y a de caractère différent. Et les droguées aux jeux vidéos, me direz-vous ? Et bien je n’en connais pour ainsi dire aucun. La communauté est un ensemble

Les Gamers se retrouvent lors des LAN ou de conventions. (http://youtu.be/huqyrEV3jrA?t=1m6s)

hétéroclite, de gens plus ou moins intelligents qui peuvent lorsqu’ils le désirent être unis, chose rare de nos jours.

La loi ACTA en est la preuve puisque la communauté entière a réussi à faire repousser cette atteinte aux libertés individuelles, sans que, étrangement, ni la télévision, ni tout autre média n’en parle. Ils ne sont, bien évidemment, pas descendu dans la rue, (on parle quand même de geek  :p) mais sur internet, les dits geeks et gamers, ont attaqué des sites (via le collectif Anonymous) et la loi a finalement été repousser. Si c’est une petite victoire, elle  questionne néanmoins, les défilés de violence auxquels nous avons eux droit ces derniers mois. Les anti-mariage gay ont lutté durant des mois dans la rue, véhiculant violences et haines, là ou une communauté a mené une guerre secrète pour le bien de tous. Bien entendu, il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, mais de vous faire découvrir que malgré le sexisme qui y règne parfois, et l’homophobie (assez rare pourvu que vous ne jouiez pas à des First Personnel Shooter), malgré les différences donc, cette communauté reste unie contre un ennemi commun, une chose que beaucoup d’autres, notamment les hommes politiques, devraient réapprendre à faire.

Le jeu vidéo n’est donc pas violent, il n’est pas non plus particulièrement addictif, il est juste chronophage comme l’est un bon film ou un bon livre. C’est aussi un médium dont l’analyse est complexe car le joueur accepte une soumission volontaire aux mécaniques de jeu, et il est parfois difficile de critiquer les règles auxquels nous avons accepter de nous soumettre. Enfin les gamers, malgré de nombreux défauts, et de nombreux idiots, restent une communauté qui sait s’unir lorsque le besoin ce fait sentir.

Publicité