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Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Associatif | Politique | 28.02.2016 - 15 h 29 | 4 COMMENTAIRES
#Onvautmieuxqueça : Combattre la Loi El Khomri ne suffira pas.

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Le mouvement qui s’amorce depuis plusieurs jours avec les vidéastes, les témoignages, les articles de #onvautmieuxqueca est salutaire. Le recul de la Loi El Khomri pourrait réussir, mais cela ne sera, je le crains, pas suffisant, la précarité et les souffrances resteront malgré tout.

El Khomri : La pointe avancée d’un mouvement initié de longue date.
Cet avant projet de loi est un scandale, aujourd’hui, la plupart des gens s’accordent sur le sujet. Pourtant, ce n’est pas la première fois qu’une loi ou qu’un accord détruit la force, la sécurité, ou la motivation des salariés, des cadres et des chômeurs et ce n’est pas la dernière. Le CICE, la loi Macron, et maintenant la loi El Khomri, un triumvirat de mesures factuellement inefficaces qui détruisent des vies tous les jours. (Voir graphique)

Taux de chômage au sens du BIT.

En dehors de la question de l’atteinte aux droits acquis du travail, nous pourrions poser la question du coût écologique d’une telle mesure ? Si cette mesure est efficace, les entreprises emploieront plus, et produiront plus, et fatalement pollueront plus. Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de produire plus, mais moins et mieux, c’est une évidence. Dans le secteur laitier, le secteur bio est celui qui s’en sort le mieux, par exemple.
Aujourd’hui, même avec les 35 heures, nous avons des chiffres du chômage hallucinants. Il y a une raison systémique à cela. La technologie se développe et supprime des métiers. Aujourd’hui, il existe des robots serveurs au Chine. Nous avons besoin de moins de personnes pour la même productivité qu’auparavant. Nous pourrions réduire le chômage est faire de tout ce monde autant d’actifs employés mais notre système qui considère le chômage comme « une armée de réserve » et le coût écologique et économique de la surproduction ainsi engendrée serait dangereux. Nous détruisons la planète et l’économie mondiale de manière assez régulière, inutile d’en faire plus.
Que faire alors pour régler le problème du chômage ? C’est simple, il faut réduire le temps de travail, ce que vient de faire la Suède avec la journée de 6 heures. C’est également l’opinion de Gérard Filoche, Olivier Berruyer, David Cormand et quelques autres figures de la gauche.
De tout façon, pour avoir fait une petit enquête sur les PME de mon village. Les artisans et commerçants, qui sont le tissu économique fondamental de la France, trouvent cette réforme inutile. La plupart reproche plutôt la très mauvaise gestion du RSI, ainsi que la surcharge de taxe, dû notamment à l’évasion fiscale des grandes entreprises (souvent proches du MEDEF). Est-il normale qu’une coiffeuse de village paye 38% d’impôts quand SFR ne paye que 6% ?

Communication et Pédagogie : Les citoyens ont changés.
Il est assez intéressant d’observer les réactions des élus et des gouvernants qui défendent la loi. En premier lieu, la réaction du gouvernement avec la création du compte twitter @loitravail et la colère qu’il engendra. Le premier message fut d’une condescendance crasse à l’égare des citoyens en sous-entendant que ceux-ci ne comprenaient pas le texte. Méthode paternaliste et « pédagogie »(entendre ici, « propagande ») douteuse, qui considère les citoyens comme une bande d’abrutis congénitaux, alors même que la ministre qui propose la loi ignorée combien de fois un CDD était renouvelable.

Dans une mini-conférence, Usul, l’un des initiateurs du mouvement #Onvautmieuxqueca, disaient : « On ne gouverne pas de la même manière des citoyens, et des experts-citoyens. » Une phrase qui doit être expliquée. Aujourd’hui avec Internet, tout le monde peut lire et comprendre cette loi. Les citoyens peuvent avoir accès à tous les renseignements qu’ils souhaitent et même voir quelles figures publiques soutiennent une mesure ou une autre. Le discours de Myriam El Khomri, et le même que pour le référendum de 2005 : « Les citoyens ne comprennent pas. » Il est vrai qu’avec 30 000 lobbyistes à Bruxelles, la démocratie européenne vit de beaux jours.

Manifestement, le système de fonctionnement de notre « démocratie » ou « semi-démocratie » n’est plus assez démocratique pour nous. Les élus nous considèrent comme des idiots alors que nous sommes théoriquement leurs maîtres, ils tirent leurs légitimité de nos votes. Par conséquent, ils doivent nous rendre des comptes. Par exemple, savez-vous que la réserve parlementaire qui est attribuée aux députés n’est l’émanation d’aucun texte de loi ? Nos élus touchent aujourd’hui de l’argent de manière alégale et ils ne se justifient jamais.
Les projets de transformation du système démocratique français doivent être étudié avec sérieux. Le tirage au sort, le référendum révocatoire, le référendum d’initiative populaire, ou les systèmes plus complets comme la démocratie liquide doivent faire l’objet d’analyses sérieuses pour réformer un système qui n’est plus démocratique. Il en va de même pour les réformes du monde du travail comme par exemple la question du revenu du base ou du salaire à vie. Si nous devenons des experts citoyens, autant mettre notre expérience et nos savoirs au service des nôtres.

Lobbying et Copinage : Pourquoi les politiques n’arrêteront pas ?
Si vous croyez que stopper cette loi sera suffisant, je suis désolé, mais c’est une erreur. Si nous ne disons pas « stop ! » et que nous ne nous mettons pas en marche, ils continueront. Il y a quelques années nous avions réussi à anéantir le projet de loi ACTA, aujourd’hui, des parties de l’accord TAFTA, bientôt signé en reprends des articles. Rappelons-nous du referendum de 2005, où nous disions « Non ». Deux ans après, l’UMP et le PS votaient ensembles pour le traité de Lisbonne, une copie carbone du projet de 2005 à trois virgules près. Nous pouvons les faire reculer sur la loi El Khomri, j’en suis certain, mais ils reviendront à la charge, encore et encore, jusqu’à ce que nous nous mettions véritablement en colère.
Il est facile de comprendre une telle logique chez nos dirigeants. Ils viennent tous du même milieu, des mêmes écoles. Certains comme Marc-Antoine Jamet (PS) sont mêmes employés comme cadres dirigeants ou consultant dans de grandes entreprises comme LVMH. Je me demande combien coût un vote sur une loi comme celle dont nous parlons ? Les parlementaires ne sont pas représentatifs idéologiquement car le scrutin n’est plus proportionnel, et ils ne sont pas représentatifs sociologiquement non plus.
S’ajoute à tout cela, les affaires financières ou juridiques jugées ou en attente de Balkany, Cahuzac, Sarkozy, Guéant, Le Pen, Dati, Lagarde, Tapie, Juppé, Thévenoud, etc… En dehors de cela nous avons bien entendu les très discrets lobbyistes avec qui nos politiques mangent sans problèmes comme le démontre régulièrement l’émission « Cash Investigation » d’Élise Lucet. Et puis, si jamais tout cela ne suffit pas, nous avons les fameux « Diners du Siècle » où journalistes, industriels, financiers et politiques se rencontrent dans une ambiance chamarrée et conviviale (mais étrangement les caméras sont interdites…)
Tous ensemble, ils sont convaincus d’avoir raison, mais c’est factuellement faux. Le seule moment, ces 20 dernières années, où nous avons eut une baisse significative du chômage, c’était lors de la création des 35 heures, et ils veulent supprimer la mesure en question. La politique autoritaire et restrictive que nous avons en place depuis 2008 suite à la mutation de la crise des subprimes en crise de la dette publique à fait exploser le nombres de suicide en Grèce. Les contaminations par le VIH ont augmenté de 57% dans ce pays. Qu’arrivera t-il quand ce sera notre tour ? (En fait, c’est déjà le cas, cette année le taux de mortalité en France est en hausse, chose très rare.)
Nous prétendons vivre en « démocratie ». Dans ce cas, en dernier lieu, c’est toujours nous qui avons le dernier mot, pas les politiciens. Il faut reprendre le pouvoir et dire que non, ils ne sont pas compétents. Non, ils ne sont pas représentatifs. Non, il ne sont pas respectueux de la démocratie. On parle toujours de responsabiliser les individus, et bien qu’on me responsabilise. Je suis citoyen en « démocratie », je veux que les décisions qui sont prises par les citoyens soient appliquées et si c’est un erreur tant pis, je serais co-responsable avec tous les autres. Mais je veux pouvoir choisir. Je vaux mieux que ça, on vaut mieux que ça.

Quelques liens :

Pour témoigner de votre souffrance au travail, c’est sur Twitter avec le hashtag #onvautmieuxqueca.
Pour connaître les horaires et organisations des manifestations du 9 Mars, c’est ici.
Pour signer la pétition contre la loi travail, c’est là.

Actu | Culture | Jeu vidéo | Politique | 14.01.2016 - 12 h 25 | 2 COMMENTAIRES
Deus Ex (HR) : Le futur selon Google et Macron.

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Rarement, un jeu vidéo m’aura fait l’effet de “Deus Ex : Human Revolution”. Fusion terrifiante entre la vision du monde ultralibérale de Macron ou NKM et la technologie que développe actuellement Google, c’est l’une des anticipations les plus inquiétantes et réalistes que j’ai vu depuis des années. Aujourd’hui, je vous propose une étude sur ce futur possible…

David Sarif, patron d’Adam.

Deus Ex : L’ultralibéralisme comme dystopie.
La série Deus Ex raconte un futur très réaliste. Comme si toutes les données actuelles, sur tous les sujets, avaient été réuni pour créer un monde futuriste mais ultra-cohérent. La privatisation et la libéralisation du marché, ainsi que la chute des services sociaux continuent, donc, de plus belle, dans ce futur. Même la police de certains Etats est privée. La pollution continue d’envahir les villes et les océans et les états, endettés, sont incapables d’y faire face. Les multinationales sont désormais des empires de chiffres et d’argent qui régulent le monde pour le profit et pour la gloire, le politique n’est plus qu’un pantin qui s’agite…
Depuis quelques années sous l’impulsion d’un milliardaire, Hugh Darrow, se développe la biotechnologie pour tous. Les “augmentations”, des membres bioniques, sont devenus sous l’effet de la publicité et du confort que cela apporte, une véritable mode. Le seul problème, ceux sont les rejets. Le corps humain n’accepte généralement pas ces organes factices, et il faut prendre un médicament en dose régulière, la « neuropozine », pour éviter le rejet, médicament dont le coût est, bien entendu, exorbitant.
“Vous incarnez Adam Jensen, ancien policier de Détroit, et directeur de la sécurité au siège social de Sarif Industries, une entreprise d’augmentation. Alors qu’une équipe de chercheurs doit partir à Washington pour présenter des recherches sur un processus évitant le rejet des augmentations, le batiment est attaqué, et les chercheurs sont tués dans l’attaque. Dans le combat contre un des attaquants, votre corps subit des dégats qui, quelques années auparavant auraient été irréparables. Pour vous garder en vie, votre patron finance la totalité de vos soins et à votre réveil, vous disposez d’augmentations bioniques de premières qualités qui vous aideront à mettre la main sur vos assaillants.”
Au fil du jeu, le joueur découvrira ce monde. Entre le rappel d’événements réels et tangibles, comme la crise économique de 2008, et des événements anticipés par le jeu, comme un nouveau choc pétrolier, on navigue dans un futur toujours plus proche de nous. Les enjeux sont également beaucoup plus ambitieux que dans la plupart des jeux actuels. Deus Ex abordent de nombreux sujets comme les questions de lobbying et de l’électoralisme des politiciens. C’est donc un jeu aux fortes ambitions mais le reste du jeu est-il à la hauteur du monde qu’il propose ?

Un exemple de scène qu’on rencontre : “Vous avez accès à une maison close durant votre passage sur l’île de Panshaia. Une mission vous propose de sauver une prostituée des mains de son proxénète. En effet, l’homme fait poser des augmentations cybernétiques de force sur les prostitués car elles augmentent le plaisir du client.”

Les Personnages : Réalisme ou Incohérence ?
Il est rare d’avoir des méchants crédibles dans les fictions. Au cinéma, par exemple, Dark Vador est classe, mais en terme de personnage, il est écrit avec les pieds. Les ennemis du héros dans les jeux vidéos sont comme lui, souvent des vilains de comics, mauvais pour être mauvais, sans autres objectifs. C’est une des éloges qu’on peut faire à Assassin’s Creed, où les templiers, les ennemis, sont mauvais de manière subjective, et non objective, pour les héros.

Elisa, journaliste sur PicusTV

Dans Deus Ex, les ennemis qu’on rencontre ne sont pas des « vilains-méchants ». Leurs raisons et leurs objectifs sont souvent légitimes, mais c’est leurs méthodes qui sont discutables. Cela permet de rendre les personnages plus complexes et surtout d’éviter la dichotomie bien/mal, trop souvent présente dans le jeu vidéo. Dans Deus Ex, tout le monde fait des erreurs, tout le monde a des secrets, tout le monde recherche le bien d’autrui, et son bien personnel au passage.
Finalement, il n’y a qu’un ennemi, le dernier, qui est caricatural dans son comportement. Avide de pouvoir et de puissance, l’ennemi est prêt à tout pour le pouvoir et la domination. C’est d’ailleurs le gros problème du jeu, le boss final, est une caricature.
Un autre défaut visible du jeu : les dialogues. En VO comme en VF, certains dialogues ne sont pas réalistes et finissent parfois par être complètement incohérent. C’est rare, mais à ce moment, on sort directement du jeu, pourtant très immersif le reste du temps.
Le héros est aussi un personnage réaliste, c’est un “looser”. On découvre au fil du jeu que Adam Jensen était fiancé à une chercheuse, qu’il fut “renvoyé” de la police, et qu’il souffre de plusieurs problèmes psychologiques dont une légère paranoïa. Adam est quelqu’un de simple qui aspire à une vie tranquille et un métier où il applique la justice simplement et de manière consciencieuse. Mais il est victime d’un monde trop rapide, trop agressif, et trop injuste.
Au final, dans Deus Ex, il n’y a pas de mal ou de bien, il y a des objectifs et des méthodes pour les atteindre. Le héros lui-même possède cette nuance, car le jeu permet des approches meurtrières ou pacifistes pour chaque niveau. Deus Ex est critique d’un système plus que des individus qui en sont les acteurs. Les individus peuvent être bons, et sincères, si le système est mauvais, ils seront broyés par lui, ou convertis, tout simplement…

Gamedesign : Une véritable direction artistique !

Jaune ! Jaune ! Jaune !

La première chose qu’on peut faire à propos de Deus Ex : Human Revolution, au niveau esthétique, c’est un commentaire sur la couleur : “C’est jaune !” Les menus sont jaunes, l’inventaire est jaune, l’interface est jaune, même la lumière est jaune. Le choix de cette couleur est habile. Le jaune donne une impression de maladie, de malaise ambiant et d’oppression. S’ajoute à cela un design qui évoque souvent « Blade Runner » et d’autres films de science-fiction dont “Bienvenue à Gattaca” et vous avez un monde sinistre à souhait.
Mais la référence principale du jeu, c’est bien entendu “Robocop” de Paul Verhoeven. En dehors du début du scénario, qui est une copie carbone, du début l’histoire de Robocop, même les personnages dans les rues font références au film. Et la promotion du jeu fait référence au film à travers de fausses publicités.
Mais la force des Deus Ex, ceux sont les différentes approches possibles pour un niveau. Il existe toujours environ 2 à 5 chemins différents pour atteindre un endroit précis. Par conséquent en fonction des dons que vous avez développés et de votre approche préférée “létale ou incapacitante”, vous devrez prendre la meilleur route. La seule condition réelle est la discrétion, c’est un jeu d’infiltration après tout.

mode d’emploi…

Deus Ex & La Politique : Macron, Wauquiez, Valls, NKM & Google…
Pourquoi je présente ce futur comme celui de Wauquiez et NKM, où même de Valls et Macron ? Tout simplement car c’est le règne du capitalisme et du libéralisme absolu. Les individus, dans Deus Ex, sont tellement contraints dans leur chair et dans leur corps au marché du travail que certains subissent des opérations chirurgicales pour avoir un emploi. Les travailleurs ne sont plus des esclaves de la machine, ils sont la machine. Les régulations sautent comme des bouchons de champagnes sur le terrain des augmentations bioniques, grâce au lobbying des grandes entreprises et à la corruption.
Et le droit à l’emploi ? La précarité devrait permettre la flexibilité… Dans la réalité, cette doctrine est démontée par toutes les études sérieuses sur le sujet. Mais dans Deus Ex, le chômage explose partout, à cause de la surpopulation, et le droit au salaire et à l’emploi devient un lointain fantasme, surtout que les usines sont quasi-automatisées comme le montre le second niveau du jeu (12 ouvriers pour une usine).
Le jeu nous montre une situation semblable à celle du libéralisme triomphant des années 1900 mais modernisée par l’informatique et la machine. Zola décrivait la misère des mineurs, Deus Ex décrit la misère des parias, de ces gens que le capitalisme considérera comme inutile dans peu de temps. Les ouvriers qu’on remplacera par des machines, et les centaines d’employés qu’on remplacera par des logiciels. Parce que vous savez…le coût du travail…
Concernant la technologie développée dans le jeu, elle est tout à fait réaliste. Les membres bioniques existent déjà bien qu’ils soient très coûteux et pas beaucoup plus utiles pour le moment qu’un membre de chair et d’os. Google est d’ailleurs un spécialiste du sujet, car la marque possède la majorité des laboratoires de recherche en robotique. Egalement présent dans le jeu, mais moins visible, l’intelligence artificielle. Et bien entendu, Google est encore une fois un pionnier dans la recherche sur les I.A. Rappelons que le projet de Google est de permettre le téléchargement d’une conscience dans une machine.
Autre technologie sur-développée dans le jeu : la surveillance. Tous les réseaux sont surveillés, c’est d’ailleurs une mécanique de gameplay. Des caméras de surveillance de la marque BigBro’ sont présentes partout, vous devrez d’ailleurs les éviter. Désormais les CRS reçoivent l’aide de robots immenses et les usines sont surveillées par des petits robots de sécurité. On vous observe partout…

En Conclusion, Deus Ex : Human Révolution est un jeu qu’il faut faire, le gameplay et le gamedesign sont très bons, et l’univers décrit est une inquiétante version de notre monde, un peu trop proche, à mon gout, de ce que certains aspirent à construire. Deus Ex, c’est une plongée dans un univers qui est plus proche de la science que de la fiction, et c’est assez rare pour le dire et assez bon pour le vivre.

Actu | Culture | Le Dossier Du Mois | 17.08.2015 - 14 h 31 | 5 COMMENTAIRES
Le Dossier du Mois (1/5) : Les Intelligences Artificielles sont-elles possibles ?

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Pendant le mois qui vient, je vais vous faire découvrir les avenirs, les créations et les espoirs que nous pouvons mettre dans les I.A. L’intelligence artificielle est-elle possible comme la science-fiction en rêve ? Le monde est-il prêt ? Pourquoi certains pays développent plus les I.A que d’autres ? Les nombreux dangers qu’évoque la science-fiction sont-ils tous possibles ? Quelle est la forme d’une I.A idéale ? Mais d’abord…

C’est Quoi, une Intelligence Artificielle ?

« L’intelligence artificielle est le nom donné à l’intelligence des machines et des logiciels. Elle se veut discipline scientifique recherchant des méthodes de création ou de simulation de l’intelligence. » (Wikipédia) Cette définition apparait comme neutre philosophiquement. La présence, côte-à-côte des termes « création » et « simulation » évoque les courants philosophiques différents dans l’étude et le développement d’intelligence artificielle.

Les droides guerriers de la trilogie Star Wars (Anakin) sont des I.A qui simulent une intelligence.

L’intelligence Artificielle comme Simulation
C’est la philosophie occidentale (entendre judéo-chretienne) concernant les machines. On présume que l’Homme est supérieur à la machine, et qu’il est par principe, le sommet de l’évolution. La machine sera capable de reproduire des simulacres d’intelligence uniquement sur la base de la logique. Les sentiments et la capacité à avoir des idées ne lui seront jamais accessibles. Les frontières de cet I.A seront fixées par son programme, son logiciel.

Cette logique, c’était la logique des célèbres trois lois de la robotique de Isaac Asimov puis des quatre lois de Roger MacBride Allen :

  • Un robot ne peut porter atteinte à un être humain.
  • Un robot doit coopérer avec les êtres humains, sauf si une telle coopération est en contradiction avec la Première Loi.
  • Un robot doit protéger son existence, si cette protection n’est pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.
  • Un robot peut agir à sa guise, hormis si ses actions sont en contradiction avec la Première, la Deuxième ou la Troisième Loi.

Ces lois doivent être introduites dans le code des intelligences artificielles afin que le danger soit réduit.
Aujourd’hui pourtant, beaucoup de chercheurs qui étudient les I.A pensent que cette conception très programmatique et mécanique n’est plus viable. Cette logique, outre le fait qu’elle s’appuie sur des présuppositions d’ordre idéologique (l’Homme supérieur à la machine par nature), ne prends pas en compte les recherches des sciences sociales. Dans ce processus de pensée, l’I.A n’atteindra jamais la capacité d’un être humain, elle ne sera jamais son égal.

L’intelligence Artificielle comme Création

IDA, est une I.A qui devient de plus en plus sociable au fil des jeux Mass Effect. Elle tombera même amoureuse.

La seconde doctrine est un axe qui s’appuie beaucoup plus sur le principe de causalité et sur la biologie. Il s’agit d’imiter, non l’intelligence, mais le développement d’un nouveau-né. Ainsi, les chercheurs développent aujourd’hui des machines qui apprennent, et qui sont créatives, comme un enfant. Le nouveau-né se développe par apprentissage, à partir de son architecture cérébrale, et de ce qu’il enregistre de son environnement.
L’idée, c’est d’être capable de reproduire une architecture synthétique du schéma d’un nouveau-né. Il sera ainsi capable d’apprendre aussi bien, mais aussi d’avoir des idées. La socialisation avec les humains voir avec les machines, permettra de créer une véritable intelligence, peut-être même douée de sentiments (qui sont sociaux). Nous sommes encore loin, de cet être synthétique, mais nous avançons rapidement. Cette forme d’intelligence ne sera pas forcément supérieur, égale ou inférieur, mais elle sera différente de nous.
Dans cette logique, les fameuses Lois de la Robotique ne trouvent plus guère de sens, l’I.A sera capable d’apprendre comment modifié son code, et sera capable de supprimer les règles. Cette approche mise donc sur la socialisation pour intégrer les principes moraux qu’évoquent les quatre règles.
Le problème, c’est que cette approche bien que très prometteuse, possède de nombreuses failles de sécurité. Par exemple, nous savons que l’I.A sera employée par l’armée pour de nombreuses raisons (dont la capacité de résistance). Or, une machine construite et formée pour tuer ne sera pas socialisée correctement et risque de devenir l’équivalent synthétique d’un psychopathe.

C’est là que la première doctrine des « simulations d’intelligence » trouve sa faille principale. Cette logique est néfaste et dangereuse. Néfaste, car elle présume d’un défaut d’intelligence qui s’appuie purement sur de l’idéologie et sur rien de concret. Dangereuse, car elle peut permettre de développer un racisme synthétique avec les conséquences de violence que l’histoire humaine enseigne.

Les deux doctrines différentes sont confrontées l’une à l’autre dans la série Extant de Steven Spielberg. Si vous voulez voir les conséquences de ce que peuvent avoir les deux approches, la saison 2 est une mine de réflexion.

Actu | Associatif | Culture | Perso | 18.05.2015 - 13 h 31 | 0 COMMENTAIRES
NeoCast : Les vidéastes se mobilisent contre l’homophobie

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Ce week-end, à Strasbourg, une longue file d’attente, devant le Palais des Congrès. Une nuée de kigurumis, de gothiques, de nerds et de personnes « étranges » se réunissaient. C’était la Neocast, une convention des vidéastes français.

Ce dimanche, Strasbourg accueillait la Neocast, un salon réunissant les vidéastes français. On y trouvait Antoine-Daniel de « What the Cut ? » et sa file d’attente d’une heure, Bruce de « E-penser » ou encore Le Fossoyeur de Films, bref le haut du panier des internets. J’ai pu faire la rencontre de Ginger Force, une féministe férocement drôle, de Mr Mea, un spécialiste du classic-gaming, mais aussi DanyCaligula de l’émission de philosophie Doxa (qui est très très mignon !) et enfin Pouhiou de l’émission « et mon cul, c’est du Pouhiou » qui parle de sexe, de genre et de sexualité.

A 12h30, une conférence avait lieu avec Pouhiou, Ginger Force, et Charlie Danger de l’émission « Les revues du monde » que j’adore. Durant cette conférence, à la fois drôle et animée, les trois compères ont encouragé pendant une heure les jeunes « geeks » à combattre l’homophobie, le sexisme, et toutes les formes de discriminations liées aux genres sur leur terrain, le net. Un sujet qu’on pourrait dire inattendu. Après la diffusion d’une vidéo de Pouhiou, préparée pour l’occasion, ce fut un véritable tonnerre d’applaudissement, toute la salle était debout. Par la suite, ma voisine de siège, à remercier les trois intervenants de faire ce travail nécessaire. Pouhiou et Ginger quittèrent la salle avec des larmes de joie dans les yeux.

Sans doute cette méthode, de parler des jeunes, de communiquer avec eux, et d’êtres proches d’eux, est-elle plus efficace que toutes les Gay Pride du monde. La Gay Pride est une fête importante mais ce n’est pas elle ou les associations, qui luttent contre l’homophobie, ceux sont les personnes qui prennent la parole pour dire, et faire dire, sans but lucratif, politique ou militant, mais juste pour essayer de faire du bien aux gens qui les entourent. Ils ont rarement des structures derrières eux, ils n’y a pas de guerre associative, il y a juste des vidéastes sincères dans leur combat et leur message.

On regrettera seulement que, alors que le rapport Reda sur le droit d’auteur est en discussion au parlement européen, à 200m du Palais des Congrès, aucun parlementaire français ne soit venu à la rencontre des principaux intéressés par le sujet. Un comportement politique aussi lamentable que le vide qui faisait face aux vidéastes venu soutenir le rapport Reda en avril dernier. La défense de la culture par les institutions, ce n’est pas encore pour aujourd’hui…

Associatif | Culture | Politique | 08.04.2015 - 19 h 47 | 12 COMMENTAIRES
H.S : Un voyage dans la Grèce de Syriza et de l’Euro-dictature.

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Les médias français traditionnels parlent toujours de la Grèce, mais jamais des grecs. Rares sont les reportages qui montrent l’horreur et l’humiliation d’un peuple.  Aujourd’hui, une citoyenne française comme vous et moi, nous raconte son voyage dans la mère des démocraties.

Quelques jours d’une citoyenne française qui témoigne de la vie difficile des Grecs, voilà ce que je vous propose. Sarah Kilani évoque ses impressions, ses sensations de française de la classe moyenne. Le voyage avait un but précis :  sans ONG, possiblement corrompue, la jeune femme voulait apporter des médicaments aux Grecs les plus atteints par la crise.  Elle l’a fait. Durant son séjour, elle a découvert des féministes, des anarchistes-antifas, mais surtout de la pauvreté. C’est une Grèce en crise profonde, humiliée par l’Allemagne et l’Europe que l’on découvre à notre tour. On voit dans ce témoignage la chair et le sang de la Grèce blessée.
Aux calculs froids des économistes et aux postures quasi-racistes des dirigeants de l’Europe, ce témoignage réponds avec le cœur. Il ne parle pas d’économie ou d’argent, mais de vies humaines sacrifiées, de femmes enceintes non-suivies par des médecins, et de la peur d’une violence à venir…

Découvrez la Grèce, dans son humanité, dans sa chair et son sang !

Convoi pour la Grèce : Prologue
Convoi pour la Grèce: Pharmakeio
Convoi pour la Grèce: Exarchia version 1: Anarchisme
Convoi pour la Grèce: Exarchia version 2: une soirée inoubliable
Convoi pour la Grèce: Exarchia version 3: Calliope, Yangos et Cornelia
Convoi pour la Grèce: épilogue.

Vive les Grecs et Vive La Grèce, des français soutiennent votre pays !

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