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Actu | Culture | Jeu vidéo | 11.02.2016 - 14 h 59 | 0 COMMENTAIRES
Skyrim : Un bon jeu avec une écriture médiocre ?

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The Elder Scrolls est une série de jeu vidéo peu médiatisée si on la compare à « Grand Theft Auto », « Mass Effect » ou « Super Mario ». Le cinquième épisode, « The Elder Scrolls V : Skyrim », développé par Bethesda et sorti en 2011 est considéré comme un des jeux majeurs de ces dernières années. La liberté de mouvement via le monde ouvert n’est d’ailleurs pas pour rien dans le changement de style de Tomb Raider, Dragon Age et quelques autres licences. Retour sur un bon jeu avec un défaut un peu particulier : l’écriture.

The Elder Scrolls V : Skyrim est un action-RPG à la première personne, les néophytes pourraient d’ailleurs facilement le confondre avec un simple jeu de guerre. La série elle-même, suit l’histoire du monde de Tamriel et non l’histoire d’un héros. (ex : Tomb Raider suit les aventures de Lara Croft)
« Le jeu raconte l’histoire de l’Enfant de Dragon (Dragonborn) qui étant le seul mortel ayant une âme de dragon, est aussi le seul capable de faire face au retour des dragons qui ressuscitent partout dans la contrée de Bordeciel et de leur chef, le puissant Alduin dont le retour annonce la fin prochaine du monde. »

Skyrim : Un personnage gay, reptilien et sorcier, c’est possible.
Bethesda exploite pleinement dans Skyrim, ce qui fait le succès de la série des Elder Scrolls : la liberté du joueur. Vous avez, pour débuter, le choix entre un grand nombre de race, de l’homme-chat au reptilien, de l’elfe des bois à l’orque en passant par l’humain standard. Ensuite en matière de compétences à développer, le jeu vous donne une grande liberté également, car il ne vous limite pas à une classe particulière comme le font beaucoup de RPG en proposant uniquement : Sorcier, Voleur, Guerrier. Vous avez ici le choix entre ces trois grands ensembles mais vous êtes

Ceci est une situation standard.

libre de naviguez entre ces différentes catégories pour développer un voleur utilisant des sorts par exemple.
Pour les joueurs et joueuses homosexuel(le)s, si les relations sont peu développées, vous aurez au moins loisir de faire un beau mariage. Et oui, Skyrim était en avance sur la loi Taubira ! Le seul reproche du côté du genre, est l’absence de personnage transgenre, même si quelques « mods » et des vetements bien choisis peuvent régler le problème pour votre héros.
Je parle de « mods » mais développons un peu. Les mods sont des fichiers qui modifient le jeu. L’aspect, les quêtes, les chansons et tous les aspects du jeu peuvent être modifier par celui qui s’y connait un peu. Les autres peuvent télécharger ces fichiers gratuitement sur les sites dédiés. Cette démarche de Bethesda est intelligente dans la mesure où le jeu se réclame d’une totale liberté, la manipulation des fichiers du jeu doit être libre elle aussi. C’est aussi grâce à ces mods qu’on se retrouve avec un Skyrim de 2011 modé, plus beau que Fallout 4 du même éditeur et disponible depuis 2015, et que l’éditeur ne fait guère d’effort pour corriger les bugs du jeu estimant que la communauté s’en occupera.
Skyrim n’est pas un jeu qui s’apprécie de la même façon qu’un Call of Duty ou un Mass Effect. Dans Skyrim, l’histoire centrale est un prétexte à l’exploration d’un monde. Votre but n’est pas de suivre le scénario mais de découvrir un univers et de vivre vos propres aventures, écrire votre propre histoire. Peut-être au coin d’une rue trouverez-vous un cadavre dont tout le monde ignore l’origine ? Peut-être découvrirez-vous une épave tout au fond d’une mer agitée ? Vous pourriez même aider une déesse pour devenir son champion ? Les possibilités sont multiples et les quêtes nombreuses.

N.B : Le seule véritable défaut de gameplay est l’inventaire pour les joueurs PC.

Les gardes, générateur de blague.

En Bordeciel, les personnes sont chiantes…
Durant votre périple, vous allez faire la rencontre de nombreux soldats, paysans, sorciers, voyageurs. Et rapidement, ils deviendront encombrants et ennuyeux. L’exemple des gardes des différentes villes est assez parlant. Ils sont très nombreux dans le jeu, par conséquent, les lignes de dialogues seront rapidement épuisées. Le mème internet « Avant, j’étais aventurier et puis, j’ai pris une flèche dans le genou » est symptomatique du problème. Dans la mesure où ces soldats sont des personnages génériques ce n’est pas un problème. Malheureusement le problème viendra rapidement avec les autres personnages plus importants.
Malgré des efforts pour mettre les dialogues en lien avec la vie de votre personnage, certaines personnages s’adressent à vous d’une manière incohérente. Dans la ville de « Blancherive » même si vous êtes un compagnon, c’est-à-dire, un mercenaire, un homme dans la rue vous demandera si vous voulez devenir mercenaire. De plus, les personnages vous parlent de manière systématique quand vous approchez d’eux, ce qui casse l’immersion, d’autant que même les PNJ qui ne propose pas de quêtes agissent ainsi.
Les dialogues ne donne déjà pas envie de mettre de l’enjeu mais en plus la localisation française est catastrophique. Les personnages ont souvent l’air mort à l’intérieur tellement les voix sont monocordes et lasses.
Assez ironiquement, on se retrouve dans Skyrim, à préférer les phases où nous sommes seuls, la présence de PNJ cassant l’immersion plutôt que de la renforcer. Par suite, on découvre un problème inhérent aux sagas comme The Elder Scrolls ou Fallout, les personnages non-jouables, qui doivent créer de l’empathie pour mettre de l’enjeu dans les quêtes échouent lamentablement. On se retrouve à combattre des ennemis pour le plaisir du combat et la joie de trouver des objets de valeur dans les donjons plutôt que pour résoudre les quêtes et améliorer le monde de Tamriel. Dans un jeu de rôle papier, quand les joueurs n’ont d’intérêt que pour les combats et les trésors, c’est le signe que le maître du jeu, celui qui dirige la partie, n’est pas bon.

Une quête principale prétexte…

Skyrim avec un mod graphique.

Les quêtes principales sont souvent des prétextes dans les jeux vidéo. C’est le cas dans des jeux comme Doom, Serious Sam et Diddy Kong Racing, et c’est normal. Dans le jeu vidéo, c’est le gameplay qui est important. Mais pour le cas des RPG, dont Skyrim, le cas est plus complexe. Pour illustrer la problématique, on pourrait étudier deux jeux de société : le jeu de rôle papier « L’appel De Cthulhu » et le Monopoly. Le premier s’appuie autant sur la mécanique que sur le scénario, alors que le Monopoly ne s’appuie que sur ces mécaniques et ne raconte rien.
Ici la quête principale/prétexte est donc un problème. S’ajoute à cela des personnages qui sont aussi mauvais que ceux du reste du jeu alors que c’est le cœur de celui-ci. L’exemple de Delphine est parlant. Elle est présentée comme une femme forte, une espionne redoutable et une fugitive. La plupart des joueurs considère à la fin du jeu que c’est une génocidaire raciste et autoritaire. Et les autres personnages de cette quête, amis comme ennemis seront logés à la même enseigne. Vous ferez la rencontre : d’un mage hautain, d’un érudit paranoïaque, d’elfes comploteurs, d’un sage dément et d’ermites qui préfère vivre en paria plutôt que d’apaiser les tensions du pays.
Au final, les quelques dragons que vous croiserez seront plus sympathiques que les races soi-disant alliés de votre personnage. Ce qui est un problème quand votre devoir est de combattre le roi des dragons. La quête principale devient donc vite une gageure. La plupart de mes amis possédant le jeu n’ont d’ailleurs jamais achevé cette quête. Devant ce problème d’écriture de dialogue, et de personnages, comment s’étonner que l’un des premiers mods disponibles sur le jeu soit celui qui permet de tuer des enfants et des PNJ normalement immortel ?

Conclusion – Une écriture médiocre pour des quêtes souvent moyennes.
Au final, c’est quoi mon problème avec Skyrim ? Le jeu est fun, sympathique et plutôt beau. Mais si c’était suffisant alors Minecraft avec quelques améliorations graphiques serait le meilleur jeu du monde, alors que clairement, ce n’est pas le cas. En fait, Skyrim souffre d’un problème d’équilibre. La carte est immense et les PNJ sont nombreux mais tous aussi mauvais les uns que les autres. En réduisant le nombre de PNJ, et donc la carte (pour éviter le sentiment de vide), le développement aurait permis de se concentrer un peu plus sur l’écriture. Le jeu est-il trop long finalement ? Peut-être, les quêtes générées de manières aléatoires sont notamment, vites ennuyeuses et superflues, et elles se transforment vite en quêtes « FedEx » (livraison d’un objet à un PNJ). Il est admis d’ailleurs, dans la presse spécialisée que les jeux vidéos sont aujourd’hui trop longs. C’est notamment le cas pour les joueurs qui autrefois adolescents, sont aujourd’hui trentenaires et ont une vie active qui ne permet pas de perdre du temps sur des jeux aussi chronophages que Skyrim.
Pourtant Skyrim a pour lui de ne gonfle pas de manière artificielle sa durée de vie comme Dragon Age : Inqusition ou Assassin’s Creed : Unity. La plupart des quêtes sont vraiment scénarisées, mais le jeu de rôle disparaît rapidement, car l’interaction avec les PNJ est ennuyeuse et mal fichue, là où dans un JDR papier, le dialogue est le fondement du jeu. Un temps de développement plus long ou un budget plus conséquent afin de créer de meilleurs et plus nombreux dialogues seraient sans doute un progrès.

P.s : Cela ne veut pas dire que Skyrim est un mauvais jeu. C’est un jeu qui possède des défauts qu’il faut pointé du doigt pour éviter de les reproduire. 

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