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Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Culture | Jeu vidéo | Le Dossier Du Mois | 11.08.2013 - 13 h 04 | 0 COMMENTAIRES
Le Dossier Du Mois : Kill Mittal, un Jeu Qui Fait Réagir

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Pour une fois, qu’un jeu vidéo propose un vrai message, la presse généraliste ne pouvait pas s’empêcher d’en parler, et c’est un foirage totale comme on pouvait s’en douter. Car si le journaliste cinéma peut parler de cinéma, quand il s’agit de jeu vidéo, apparemment tout le monde peut le faire, même les plus incompétents. Prêt pour le festival du cliché ?

Partie (3/3) : La revue de Presse

« Kill Mittal » a eut un effet positif efficace sur la presse française, c’est de faire la preuve qu’elle avait un problème avec le vocabulaire. En effet, Europe1.fr, qui se veut une presse « généraliste » ne se donne même pas la peine de tester le jeu. Hors une presse « généraliste » doit normalement donner une idée générale du produit et de ses inclinaisons. Et si les dites inclinaisons sont bien là, on ne peut pas dire que le jeu soit mise en avant pour ses qualités ou ses défauts, en faite l’unique point d’encrage est la conséquence de celui-ci.
C’est là que l’on comprend l’infini mépris de cette presse pour le jeu vidéo. Incapable de considérer celui-ci comme un produit culturel, elle le réduit à n’être qu’un objet défouloir oubliant au passage la notion aristotélicienne (oui je sais c’est pompeux, mais j’y peux rien) de catharsis. Pour preuve de ce que j’avance c’est un des commentaires du site qui précise que l’on ne tue pas Mittal dans le jeu, mais un robot à son effigie.
A l’étranger, on trouve plusieurs articles parlant du jeu, le plus grandiose étant tout de même un article anglais précisant que le jeu est représentatif du chauvinisme français et de la peur de la mondialisation. Considérant que le français est presque raciste…Et personnellement ce genre de jugement à l’emporte pièce me donne parfois envie de l’être…
Enfin, la presse spécialisée ne sort pas vraiment de sa zone de confort, elle analyse le jeu, sans en comprendre ou en juger le message, ce qui est un peu décevant. Cependant elle reste à sa place, elle est spécialisée dans le jeu vidéo et donc en parle sans aller plus loin. Ainsi donc la modestie du propos est excusable puisque la presse vidéo-ludique n’a pas vocation à juger des parties pris politiques des œuvres, même si une analyse de gameplay pourrait parfois être salutaire, pour ce jeu comme pour d’autres.

Source :
http://lelab.europe1.fr/t/kill-mittal-le-jeu-qui-gene-les-syndicalistes-de-florange-9349
(Pour le reste je vous invite à googler le nom du jeu dans la rubrique actualité)

Voilà, un premier dossier du mois que j’espère assez riche et assez instructif sur un jeu indépendant à qui il me semblait important de faire honneur. Et un petit scoop obtenu hier, le prochain jeu du concepteur sera un beat’them all avec entre autre un personnage gay jouable. On a tous hâte de voir ça et nous on se retrouve mardi pour la reprise normale des publications avec un sujet plus gay-friendly.

Actu | Culture | Jeu vidéo | Le Dossier Du Mois | Retro-Tests (Les Jeux Méconnus) | 07.08.2013 - 15 h 09 | 0 COMMENTAIRES
Le Dossier du Mois : Kill Mittal, Analyse Du Jeu

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Partie (2/3) : Le Test de « Kill Mittal » (Sur PC)

Créer un jeu, seul, c’est extrêmement difficile. Chaque partie du projet peut prendre plusieurs semaines ne serait-ce qu’à être mise en place. Kill Mittal n’est pas qu’un défi pour le joueur, c’est aussi un défi pour son créateur, alors voyons ce que cela donne en terme de jouabilité…

Le Scénario :

« En 2030, un magna métallurgique a acquis tout les entreprises du monde, créant ainsi de plus en plus de chômage. Des ouvriers en colère contre cet homme commencent alors une véritable rébellion. »

Un scénario simple, pas aussi épique que Final Fantasy certes, mais au moins cela aura le mérite de faire de ce jeu la figure de proue du jeu militant. Vous incarnerez donc un ouvrier (puis une équipe d’ouvriers) afin de combattre les forces de police, les hommes de mains de votre patron, des téléspectateurs zombis. Plus le jeu avancera, plus il prendra des allures de Monkey Island (1990, LucasArts) au niveau du scénario. Un humour acide et naïf qui rafraîchi et fait réfléchir.

 

Des ouvriers en colère sur le plateau de Vivement Dimanche, c’est surement mieux que BHL.

 

Le Design :

Le jeu ayant était fait par une personne seule, de fait, il ne fallait pas s’attendre à voir une révolution. Le créateur a néanmoins été assez malin pour ne pas tenter le diable, et choisir le style cartoonesque, plus facile à concevoir. Les décors sont malheureusement trop vides, pourtant l’humour y est présent, car les lieux choisis sont non seulement ingénieux mais donne toute une dimension à l’univers, à l’exemple du plateau de « Vivement Dimanche ». Les ennemis sont bien modélisés et on reconnaît tout de suite les allusions que le design veut faire passer dans chaque niveau. On regrettera que le jeu, ne soit pas jusqu’au-boutiste, dans cet humour dénonciateur, mais on peut néanmoins le comprendre quand on voit l’état lamentable du paysage comique français, qui est à la dénonciation, ce que les enfoirés sont à la musique, et auquel le plus grand nombre adhère naïvement.
Parlons des musiques d’ailleurs. Et bien, elles ne feront clairement pas l’unanimité. Dans le premier cas, vous les trouverez originales, dans le second, elles vous vrilleront les tympans. Elles collent cependant assez bien à la vitesse de mouvement du jeu, et c’est assez appréciable pour le dire.

Le gameplay :

Le but du jeu est d’éliminer vos ennemis en leur balançant des objets du décor dans la tête. Le problème c’est qu‘il y a peu d’élément à ramasser, et on se retrouve à utiliser systématiquement les mêmes éléments. Heureusement de façon rapide, des ennemis armés et des bonus viennent donner un peu plus de vie au soft, mais l’illusion ne fait effet que quelques temps. Le vrai souffle du jeu tient véritablement dans son humour et son message mais certainement pas dans son gameplay.
Les boss de fin sont répétitifs et on apprécierait plusieurs phases avec des patterns (schématiquement : mouvements calculés du boss) différents sur chacun d’entre-eux plutôt qu’un seul bien souvent trop facile et peu recherché. Le dernier boss a heureusement fait l’objet d’un travail plus approfondi que les autres et vous donnera le challenge dont les autres boss ne vous gratifiait pas.

Conclusion :

Certes ce n’est pas le jeu du siècle, certes ce n’est pas un chef d’œuvre. Mais il s’agit d’une expérience intéressante, un jeu indépendant qui pose ces couilles sur la table, et qui a le courage de ses opinions. Prendre la défense d’une frange de la population dans un jeu vidéo, c’est rare, et ça l’est assez pour apprécier Kill Mittal et porter intérêt de près à la futur carrière en indépendant de son concepteur. D’autant que le gameplay même avec des défauts, reste une tentative originale et intéressante. Disponible gratuitement encore aujourd’hui, ce qui est toujours appréciable, Kill Mittal est la pièce vidéo-ludique qui, sans être un classique, mérite quelques heures de votre vie.

Actu | Culture | Jeu vidéo | Le Dossier Du Mois | 01.08.2013 - 22 h 16 | 3 COMMENTAIRES
Le Dossier Du Mois : Kill Mittal, le jeu révolutionnaire

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Partie (1/3) : l’Interview

Kill Mittal c’est l’idée d’un jeune homme un peu geek, qui a vécu avec douleur les événements de l’usine d’Arcelor Mittal. Il a donc eut l’idée de créer un jeu pour dénoncer les actes du géant industriel. Le concepteur du jeu, Alexandre Grilletta, à accorder une interview à l’Angry-Gaymer que je vous propose de découvrir en intégralité.

I.Autour du jeu

A-G : Le jeu « Kill Mittal » a fait parler de lui, surtout à cause du nom ? Était-ce voulu ou non ?
Alexandre Grilletta : Je dirais que le nom a fait parler du jeu sur les médias généralistes, mais que les sites un peu plus spécifiques se sont intéressés à la teneur même du soft. C’était évidemment voulu, d’une part j’ai utilisé un champ lexical propre aux jeux vidéo (il n’y a qu’à voir la centaine de titres recensés lorsque l’on tape « kill » dans le

La lutte réelle sera toujours plus difficile que dans un jeu vidéo.

moteur de recherche d’un site comme jeuxvideo.com) et d’autre part, nous vivons une époque où pour être relayé, il faut que ça « buzz » donc j’ai délibérément choisi un titre « choc » tout en prenant le risque d’être pris au premier degré, voire même d’être taxé d’incitation au meurtre…

A-G : Les médias généralistes considèrent votre jeu comme violent, pensez-vous que ce soit à cause de l’image du jeu vidéo ou uniquement à cause du titre ?
Alexandre Grilletta : Malheureusement, les médias ont une vision du jeu vidéo très déformée… Malgré tout ce qui se passe sur la scène indépendante, c’est toujours les jeux AAA avec leurs énormes budgets qui tiennent le haut du pavé… Prenons un joueur occasionnel : il y a de grandes chances pour que dans sa ludothèque on trouve un jeu de foot, un jeu course et quelques FPS… C’est normal car ce sont ces jeux qui bénéficient de la plus grande promotion, donc la personne lambda n’ira pas chercher la perle rare en se renseignant, elle prendra le jeu qui est appuyé pas de grosses PLV, à plus forte raison si le jeu est issu d’une licence connue… Normal donc que les journalistes généralistes essayent de faire rentrer ce jeu dans l’une des cases qu’ils connaissent, donc pour eux c’est un « jeu de tir  où  l’ennemi est le patron ».

A-G : Les ouvriers de l’usine ou d’ailleurs connaissent-ils le jeu, l’ont t-il tester ? Avez-vous eu des retours ? Et les directeurs syndicaux ?
Alexandre Grilletta : Les réactions en « off » ont été positives, après, évidemment, quand on demande aux leaders syndicaux s’ils sont pour un jeu qui incite au meurtre, ils vont te répondre que c’est démesuré…Surtout quand ils préparent leur reconversion politique … Mais les journalistes n’y sont pas pour rien non plus, la presse a besoin de faire du sensationnalisme pour exister… surtout depuis l’avènement d’internet où les gens ont le choix entre une multitude de journaux, et plus seulement des traditionnels régionaux/nationaux de leur kiosque…donc s’ils peuvent avoir une info supplémentaire de la part d’un leader syndical qui me désavoue, ils sauront comment présenter la question pour l’obtenir…

II . Le jeu vidéo

A-G : Le design est cartoonesque, pourquoi ? Cela ne risque t-il pas de donner de la lutte ouvrière une image peu sérieuse ?
Alexandre Grilletta : Le design « cartoon », c’était une fois de plus par souci d’accessibilité, si j’avais choisi une direction artistique très dark, je ne suis pas sûr qu’il aurait pu voyager de la même manière… J’ai bossé presque 10 ans dans les jeux promotionnels pour des grandes marques, j’y ai appris que le temps d’engagement d’un internaute sur une page internet est hyper limité. J’ai donc une fois de plus décidé de récupérer des codes, qui sont ceux de la communication digitale, donc de faire du « eye candy ». La deuxième raison est purement technique, quand on se lance dans un jeu tout seul, et qu’il faut faire le character design, l’animation, les décors etc… on ne doit aller vite au but, et pas passer 6 mois à faire des personnages réalistes…de plus cela sert le gameplay « arcade ».

A-G : Pouvez-vous nous expliquer comment est venue l’idée du gameplay ? Car on s’attendait, à un jeu de stratégie comme Civilisation, par exemple.
Alexandre Grilletta : La première raison est purement subjective, c’est que je suis un joueur plutôt « arcade », donc j’avais envie de faire un jeu dans ce style là. La seconde est à nouveau pour rendre le jeu accessible… quand telle ou telle marque propose un « advergame », elle copie souvent le gameplay des vieux jeux d’arcade…il faut que ce soit fun et rapide à jouer. Un jeu comme civilisation nous aurait mis à la place des gestionnaires de Mittal, avec des jauges, et des outils de mesure, or un ouvrier de base n’a pas cette possibilité : ça ne se passe que dans les conseils d’administration ça… un ouvrier de base il a la possibilité de faire grève, de manifester et pourquoi pas de commettre des actes révolutionnaires….

A-G : Pourquoi le plateau de Drucker ? (Niveau du jeu)
Alexandre Grilletta : Parce que je trouve grave que quelqu’un qui a un pied dans le salon des Français tous les dimanches puisse inviter un patron de presse (Lagardère dans l’émission sur Elkabbach en l’occurrence) pour nous dire qu’il est un boss merveilleux et qu’il n’entrave jamais le travail des journalistes travaillant dans les journaux qu’il possède…

A-G :Quel est le but véritable du jeu ? Son message ?
Alexandre Grilletta : Quand j’étais petit, je lisais des comics et on parlait souvent de Kingpin (le caïd, en français) dans Spiderman, qui était un méchant qui expropriait des habitants de Metropolis (Correctif Geek : New-York) pour étendre son territoire, soudoyait les hommes politiques ou les faisait chanter…en gros qui commettait des actes immoraux… Pour moi Mittal est exactement dans la même veine… il se comporte mal moralement , il a tout d’un « vilain » … et comme dans beaucoup d’histoires, un opprimé se rebelle, rencontre des adjuvants et réussit à faire tomber le méchant… Et dans mon univers fictionnel, l’impunité insultante dont il fait preuve ne peut se régler que par la manière forte.

A-G : Avez-vous d’autre projet de jeu ?
Alexandre Grilletta : Je suis en pré-production de mon prochain jeu, donc c’est beaucoup de tests de gameplay, de réflexions sur la trame narrative, de réalisation prototypes, etc.

A-G : Un message pour les gamers qui joue ou jouerons à « Kill Mittal » ?
Alexandre Grilletta : Où avez-vous trouvé le jeu ? Car il n’est plus disponible ! ( Nb : il est très facile à trouver sur google)

 

Le jeu à un interface simple mais tout à fait correcte pour un jeu indépendant.

A-G : Pourquoi le site n’est plus disponible ? Le jeu est-il interdit ?
Alexandre Grilletta : Oui, le service juridique d’Arcellor Mittal m’est tombé dessus, j’ai du retirer le jeu pour avoir un arrangement à l’amiable.

III.Vous-même et le média vidéo-ludique

A-G : Pouvez-vous nous faire une rapide biographie ?
Alexandre Grilletta : J’ai commencé en 2002 en tant que designer , j’ai fait un peu de programmation, principalement de l’action script dans Flash…puis de la 3D. J’ai toujours travaillé pour des agences de communication pour faire des jeux sur le web, jusqu’à devenir créatif de pub. Et je commence une vraie carrière de développeur de jeux indépendants à partir de septembre, on verra bien !

A-G : Vos jeux préférés ? Pourquoi ?
Alexandre Grilletta : J’aime bien les Castlevania (les premiers qui sont purement des jeux d’action), ghouls’n ghosts, Shinobi, Dynamite Cop, Power Stone, Canon Spike , tous les jeux Sega développés par l’AM2 , Zelda III, les beat’em’up à la Street of rage, Final Fight etc.. Les VS-fighting aussi, genre Capcom vs SNK ou Street Fighter II. Pourquoi ? Parce que c’est simple et efficace !

A-G : Que pensez-vous du monde du jeu vidéo en ce moment ? Vers quelle évolution souhaiteriez-vous le voir aller ?
Alexandre Grilletta : Ce que je reproche à l’heure actuelle au monde du jeu vidéo, c’est que les jeux mis en avant sont souvent issus de grosses licences, que les codes utilisés sont toujours les mêmes (les mêmes que dans la pub depuis des dizaines d’années) : le brun ténébreux hyper musclé, la nana avec une poitrine énorme, la grosse voiture, le flingue… Avec le marketing qui vient en remettre une couche quant à la difficulté du jeu, afin qu’il convienne à tout le monde … J’aimerais que les projets atypiques soient un peu plus mis en avant, mais la situation économique du jeu vidéo est pas loin d’être catastrophique : il y a des gros acteurs qui bouffent tout le gâteau et les autres peinent à survivre… Je vais souvent sur un site qui s’appelle unseen64 et qui recense les jeux qui n’ont pas pu sortir (parfois à 99% de leur développement) car les éditeurs ne trouvaient pas le « produit assez vendeur »…et ça me pose un réel problème…

A-G : Les ouvriers sont souvent traiter comme des machines dans les jeux vidéos, est-ce par soucis de commodité et de gameplay ou la gangrène des idées capitalistes et individualiste qui ronge l’art depuis des années ?
Alexandre Grilletta : Non, mais je pense que c’est à l’image de la société. Un ouvrier ça fait pas rêver, t’as pas envie de l’incarner, t’as envie de t’en servir pour arriver à tes fins…Il y a une espèce d’inversion des valeurs qui fait que l’on starifie des nanas qui chantent comme des casseroles et qu’on traite les ouvriers ou les boulangers, comme les derniers des étrons. Alors qu’on est content d’avoir du pain et des objets manufacturés… Essaye de chopper en soirée en disant que t’es métallurgiste, tu verras que ça a un peu moins la cote que « directeur artistique » ou « dj ».

A-G : Que pensez-vous des opinions du chroniqueur Usul de jeuxvideo.com qui fait souvent un parallèle entre la condition des ouvriers et des développeurs (de jeux vidéos) ?

Usul, Chroniqueur engagé de jeuxvideo.com

Alexandre Grilletta : Moi j’aime beaucoup 3615 Usul, la critique vidéoludique est tellement consensuelle de nos jours, et les journalistes ne sont bien souvent que les relais du marketing ou des relations publiques d’un éditeur, car dépendant d’eux pour avoir des informations à distiller. Usul a réussi à sortir de cette logique en traitant les sujets de manière transversale, sans être tenu par les informations des éditeurs, avec une analyse critique…qu’on qualifie parfois de gauche, mais qui pour moi, est juste du bon sens et de l’objectivité… Et la condition des développeurs, même si elle est caricaturale et volontairement calquée sur Germinal, n’est pas loin de la vérité. Quand tu sais faire du jeu vidéo, généralement, tu vas chez un gros développeur, avec la pression que ça sous-entend, tant tout est tenu par l’argent… ou alors chez un plus petit qui essaye de subsister avec des free-to-play au gameplay douteux n’ayant pour autre but que de taper au porte-monnaie à la première occasion…Pour ceux qui restent, il va être très dur de monétiser son savoir-faire…

A-G : Ce blog s’adresse aussi aux joueurs gays et aux femmes, souvent persécutés dans les jeux vidéos en ligne, que pensez-vous du comportement de la communauté vis-vis de ces minorités ?
Alexandre Grilletta : J’ai suivi récemment la polémique faite autour de l’article de @mar_lard et j’avoue être partagé sur la question. D’abord, je pense que la communauté geek, s’il en est, demeure parmi celles qui comptent le moins de misogynes et d’homophobes: les gens sont plutôt éduqués, plutôt ouverts et plutôt tolérants… Tous les piliers culturels, comme les œuvres littéraires ou cinématographiques de cette communauté, valorisent plutôt l’opprimé que l’oppresseur; de plus, la mise à l’écart que beaucoup de « geeks » ont subi durant leur jeunesse, avant que la hype ne rencontre ce mouvement, les a forcément poussés à des introspections desquelles ne peuvent naître que des sentiments de tolérance… Là je parle bien du « cœur » de la communauté; après, étant donné la démocratisation qu’elle a subie, les portes se sont ouvertes à un public beaucoup plus large, et les jeux en réseau en sont un bon exemple. On y retrouve soit un public plutôt jeune n’ayant pas connu grand-chose de la vie, soit des casual gamers ayant un background culturel tout à fait différent de la communauté geek d’origine.
Donc, oui il est déplorable que sur les jeux en ligne, on en arrive à de tels extrêmes, pouvant aller, grâce au relatif anonymat d’internet, jusqu’à la persécution. C’est malheureusement à l’image de la société… Cela dit, les producteurs de jeux vidéo n’y sont pas pour rien non plus: la non-représentation des homos dans les personnages de jeu vidéo, une fois de plus pour plaire au « jeune hétéro blanc », me semble un sujet hyper important, par exemple. Ca ne leur coûterait rien du tout de créer de temps en temps un héros homo qui, à la place d’embrasser sa dulcinée, embrasse son mec à la fin du jeu. J’avais bien aimé la manière dont ils avaient introduit un gangster homosexuel dans la série the Wire, à travers le personnage d’Omar, qui était juste un gangster comme les autres, sauf qu’il embrassait un mec avant d’aller faire ses larcins…Pour moi, c’est de cette manière qu’on peut un peu faire bouger les consciences au travers du jeu, dépeindre des situations non-caricaturales… D’ailleurs je pense qu’un des personnages de mon prochain jeu sera homo.
Tout ça pour dire que je suis quand même rassuré quand je regarde un superplay de Damdam sur un shoot’em up et que, dans les commentaires, à part quelques petits cons, on parle plutôt de ses performances sur le jeu que de son « trans-genre ». ( Le Superplay de Damdam )

A-G : Le jeu est bien sur un objet vidéo-ludique en faveur de la lutte ouvrière, pensez-vous que la garantie de nos droits passent encore par la rue quand on voit que la lutte contre ACTA à fonctionner en étant essentiellement sur internet ?
Alexandre Grilletta : Je pense que les deux sont utiles, tous les supports sont bons, l’avantage d’un ovni vidéoludique est que les personnes qui sont en face de moi ne comprennent pas trop ce qui leur tombe dessus, les manifestations, ils y sont un peu plus habitués, habitués à faire le dos rond pendant quelques semaines et repartir de plus belle…

Actu | Culture | Jeu vidéo | 21.07.2013 - 15 h 03 | 1 COMMENTAIRES
Extrait d’Interview: « Kill Mittal » l’homme derrière le jeu.

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Extrait d’Interview: « Kill Mittal »

 

Le 25 Juillet sortira le dossier du mois de Angry-Gaymer avec entre autre un interview du concepteur du jeu Kill Mittal, afin de vous faire patienter, et parce que je me suis pris une cuite trop violente vendredi pour faire un texte potable sur le dernier jeu testé. Je vous propose en ce dimanche, quelques extraits de l’interview.

 

Angry-Gaymer :Quel est le but véritable du jeu ? Son message profond ?

Ce bâtiment me dit quelque chose…

Alexandre Grilletta : Quand j’étais petit, je lisais des comics et on parlait souvent de Kingpin (le caïd, en français) dans Spiderman, qui était un méchant qui expropriait des habitants de New-York pour étendre son territoire, soudoyait les hommes politiques ou les faisait chanter…en gros qui commettait des actes immoraux… Pour moi Mittal est exactement dans la même veine… il se comporte mal moralement , il a tout d’un « vilain » … et comme dans beaucoup d’histoires, un opprimé se rebelle, rencontre des adjuvants et réussit à faire tomber le méchant… Et dans mon univers fictionnel, l’impunité insultante dont il fait preuve ne peut se régler que par la manière forte.

 

Angry-Gaymer : Le jeu est bien sur un objet vidéo-ludique en faveur de la lutte ouvrière, pensez-vous que la garantie de nos droits passe encore par la rue quand on constate que la lutte contre ACTA à fonctionner en étant essentiellement sur internet ?

Alexandre Grilletta : Je pense que les deux sont utiles, tous les supports sont bons, l’avantage d’un ovni vidéo-ludique est que les personnes qui sont en face de moi ne comprennent pas trop ce qui leur tombe dessus, les manifestations, ils y sont un peu plus habitués, habitués à faire le dos rond pendant quelques semaines et repartir de plus belle…

 

Angry-Gaymer : Avez-vous d’autres projets de jeu ?

Alexandre Grilletta : Je suis en pré-production de mon prochain jeu, donc c’est beaucoup de tests de gameplay, de réflexions sur la trame narrative, de réalisation prototypes, etc.

 

J’espère que ces extraits vous font plaisir. Le dossier contient : un interview complet, le test du jeu, et une revue de presse. Et oui, la communauté gaymer sera au programme de l’interview. « Kill Mittal » n’est pas qu’un petit jeu indépendant, c’est aussi l’aventure d’un jeune homme courageux et convaincu…

 

Alors rendez-vous le 25 juillet à 9h30:)

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