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Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Associatif | Culture | Perso | 18.05.2015 - 13 h 31 | 0 COMMENTAIRES
NeoCast : Les vidéastes se mobilisent contre l’homophobie

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Ce week-end, à Strasbourg, une longue file d’attente, devant le Palais des Congrès. Une nuée de kigurumis, de gothiques, de nerds et de personnes « étranges » se réunissaient. C’était la Neocast, une convention des vidéastes français.

Ce dimanche, Strasbourg accueillait la Neocast, un salon réunissant les vidéastes français. On y trouvait Antoine-Daniel de « What the Cut ? » et sa file d’attente d’une heure, Bruce de « E-penser » ou encore Le Fossoyeur de Films, bref le haut du panier des internets. J’ai pu faire la rencontre de Ginger Force, une féministe férocement drôle, de Mr Mea, un spécialiste du classic-gaming, mais aussi DanyCaligula de l’émission de philosophie Doxa (qui est très très mignon !) et enfin Pouhiou de l’émission « et mon cul, c’est du Pouhiou » qui parle de sexe, de genre et de sexualité.

A 12h30, une conférence avait lieu avec Pouhiou, Ginger Force, et Charlie Danger de l’émission « Les revues du monde » que j’adore. Durant cette conférence, à la fois drôle et animée, les trois compères ont encouragé pendant une heure les jeunes « geeks » à combattre l’homophobie, le sexisme, et toutes les formes de discriminations liées aux genres sur leur terrain, le net. Un sujet qu’on pourrait dire inattendu. Après la diffusion d’une vidéo de Pouhiou, préparée pour l’occasion, ce fut un véritable tonnerre d’applaudissement, toute la salle était debout. Par la suite, ma voisine de siège, à remercier les trois intervenants de faire ce travail nécessaire. Pouhiou et Ginger quittèrent la salle avec des larmes de joie dans les yeux.

Sans doute cette méthode, de parler des jeunes, de communiquer avec eux, et d’êtres proches d’eux, est-elle plus efficace que toutes les Gay Pride du monde. La Gay Pride est une fête importante mais ce n’est pas elle ou les associations, qui luttent contre l’homophobie, ceux sont les personnes qui prennent la parole pour dire, et faire dire, sans but lucratif, politique ou militant, mais juste pour essayer de faire du bien aux gens qui les entourent. Ils ont rarement des structures derrières eux, ils n’y a pas de guerre associative, il y a juste des vidéastes sincères dans leur combat et leur message.

On regrettera seulement que, alors que le rapport Reda sur le droit d’auteur est en discussion au parlement européen, à 200m du Palais des Congrès, aucun parlementaire français ne soit venu à la rencontre des principaux intéressés par le sujet. Un comportement politique aussi lamentable que le vide qui faisait face aux vidéastes venu soutenir le rapport Reda en avril dernier. La défense de la culture par les institutions, ce n’est pas encore pour aujourd’hui…

Actu | Culture | Jeu vidéo | 17.08.2013 - 15 h 17 | 14 COMMENTAIRES
Pourquoi faudrait-il jouer aux jeux vidéos ?

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Pourquoi faudrait-il jouer aux jeux vidéos ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire beaucoup de gens sont encore réfractaires à cette pratique sociale qu’est le jeu vidéo. On peut les comprendre, la télévision, média dominant, donne des joueurs une image caricaturale : addictif, violent, idiot et naïf. A titre personnel, je m’entretiens assez pour pouvoir faire une partie de Mario Kart, avec un masque d’argile sur le visage, et être le lendemain, devant mon université, en costume-cravate.
Si l’on entend souvent parler des défauts du jeu vidéo, comme par exemple, le fait que ce soit chronophage, on parle moins souvent de ces qualités, qui sont pour ainsi dire assez surprenantes…

I- C’est mieux que la télévision.


Les jeux vidéos sont chronophages, mais la télévision l’est tout autant. La différence est que, devant une télévision, nous sommes passifs. On ne peut choisir les

« I Am The Law »

images que l’on reçoit. Dans un jeu vidéo, vous êtes relativement libres de vos actions, et donc libre de choisir les images que vous allez recevoir. Bien sûr, sur une télévision vous pouvez choisir un programme, mais il restera toujours ces 5 minutes de publicité qui ne sont pas dans un jeu vidéo. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de publicité dans les jeux vidéos, mais elle est généralement moins violente et moins envahissante, et ressemble à celle que l’on voit dans les rues : une affiche, un panneau, etc…

Bien entendu, on pourrait me dire que le jeu vidéo est violent et que contrairement à la télévision, le joueur est actif dans le processus de violence :  c’est lui qui tue, et non le héros. A cela, je répondrais que la violence est un processus très complexe. Bien entendu, le médium vidéo-ludique peut-être violent, mais cette violence n’est pas gratuite. L’exemple de GTA (Grand Theft Auto) fait ici sens : Vous pouvez frapper des piétons, voler des voitures, mais si vous le faites vous prenez le risque d’être poursuivi par la police ou même d’être tuer. Quand la violence n’est pas contrebalancée, elle est exagérée jusqu’à en devenir ridicule. Dans les deux cas, le but n’est pas d’impliquer le joueur dans un processus violent mais bien d’exorciser des pulsions.

Il faut donc relativiser et ne pas être esclave de la télévision, un média depuis longtemps dépasser par le web. Le fait que le joueur soit actif dans le jeu n’est pas un défaut mais bien une qualité, pourvu que l’on respecte les limites d’âges indiquer sur les produits.

 

II- Une Analyse Plus Complexe Qu’il n’y paraît.

On pouvait déjà ce mettre en couple avec un mec.

Il serait stupide de croire que le scénario d’un jeu vidéo influe profondément sur le joueur. En vérité, le scénario n’est souvent qu’un prétexte à questionner le joueur sur ces convictions. Parfois même la trame scénaristique se révèle anecdotique, c’est le cas pour les jeux de la franchise Mario. Pourquoi l’histoire est de moindre importance dans un jeu ? La raison est simple : l’intérêt d’un jeu est sa mécanique, ce qu’on peut faire ou non dans le dit jeu. Croire que cette mécanique est sans importance serait stupide et surtout dangereux et j’aimerais pour démontrer cela prendre l’exemple de The Sims, sortie dans les années 2000 sur PC.

L’idée de base est de proposer un simulateur de vie, hors pour cette simple idée, il y a des milliards de possibilités différentes. On pourrait par exemple considérer qu’une vie réussi, c’est d’avoir des amis et une famille épanouie. Mais dans The Sims, ce n’est pas le choix qui à été fait. Le but du jeu est de devenir riche et de consommer. Les objets les plus chers sont, par exemple les plus efficaces et ceux qui rendent votre personnage le plus heureux. Hors, tout le monde sait que ce qui est le plus cher n’est pas forcement le meilleur. Ainsi donc le jeu propose une mécanique de jeu basée essentiellement sur l’argent et la consommation , un message qui passe non par le scénario qui est absent, mais par la mécanique de jeu.

Pour en revenir au jeu, j’aimerais demander aux femmes d’arrêter de jouer à ce jeu. The Sims propose d’administrer une maison et une famille, ce qui n’en fait pas vraiment un jeu sexiste puisque le public visé n’est pas clairement défini, mais reproduire les vieux schémas patriarcaux n’est vraiment pas malin lorsqu’on demande l’égalité des sexes.

III- La Communauté Des Joueurs

La communauté des joueurs n’est pas cette masse informe d’êtres blêmes et sectaires qui peuplent les reportages de TF1 et d’ NR12. Il y a autant de joueur qu’il y a de caractère différent. Et les droguées aux jeux vidéos, me direz-vous ? Et bien je n’en connais pour ainsi dire aucun. La communauté est un ensemble

Les Gamers se retrouvent lors des LAN ou de conventions. (http://youtu.be/huqyrEV3jrA?t=1m6s)

hétéroclite, de gens plus ou moins intelligents qui peuvent lorsqu’ils le désirent être unis, chose rare de nos jours.

La loi ACTA en est la preuve puisque la communauté entière a réussi à faire repousser cette atteinte aux libertés individuelles, sans que, étrangement, ni la télévision, ni tout autre média n’en parle. Ils ne sont, bien évidemment, pas descendu dans la rue, (on parle quand même de geek  :p) mais sur internet, les dits geeks et gamers, ont attaqué des sites (via le collectif Anonymous) et la loi a finalement été repousser. Si c’est une petite victoire, elle  questionne néanmoins, les défilés de violence auxquels nous avons eux droit ces derniers mois. Les anti-mariage gay ont lutté durant des mois dans la rue, véhiculant violences et haines, là ou une communauté a mené une guerre secrète pour le bien de tous. Bien entendu, il ne s’agit pas de faire de l’angélisme, mais de vous faire découvrir que malgré le sexisme qui y règne parfois, et l’homophobie (assez rare pourvu que vous ne jouiez pas à des First Personnel Shooter), malgré les différences donc, cette communauté reste unie contre un ennemi commun, une chose que beaucoup d’autres, notamment les hommes politiques, devraient réapprendre à faire.

Le jeu vidéo n’est donc pas violent, il n’est pas non plus particulièrement addictif, il est juste chronophage comme l’est un bon film ou un bon livre. C’est aussi un médium dont l’analyse est complexe car le joueur accepte une soumission volontaire aux mécaniques de jeu, et il est parfois difficile de critiquer les règles auxquels nous avons accepter de nous soumettre. Enfin les gamers, malgré de nombreux défauts, et de nombreux idiots, restent une communauté qui sait s’unir lorsque le besoin ce fait sentir.

Actu | Culture | Jeu vidéo | 24.06.2013 - 15 h 28 | 10 COMMENTAIRES
Joueurs, Féministes et MMO !

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Produit culturel déconsidéré par beaucoup de journalistes et d’intellectuels qui n’ont jamais toucher à une manette de leur vie, le jeu vidéo commence à prendre une place importante dans l’espace culturel français. Des universitaires commencent même à vouloir étudier les pratiques vidéo-ludiques et leur fonctionnement. Aujourd’hui beaucoup d’entre-nous ont déjà essayé un jeu vidéo, comme on lit son premier livre ou on regarde son premier film. Mais quand est-il des revendications des minorités sexuelles dans ce milieu ? Femmes et gays sont-ils toujours exclus ?


Du côté des joueurs…

La première femme héroïne de jeu vidéo.

Le jeu vidéo est à la base un produit qui pourrait être considéré comme mixte, puisque le premier jeu vidéo (Tennis for two, 1958) était un jeu de sport, tout ce qu’il y a de plus simple. C’est avec le développement de l’arcade que le jeu vidéo devient un loisir « genré ». Les jeux présentés sont des jeux de courses, de tirs, de combats, essentiellement des loisirs masculins donc. Ainsi les femmes sont restées longtemps minoritaires dans une communauté elle-même réduite. Les consoles ne changeront pas grand chose à ce phénomène puisque leur but était initialement de pouvoir jouer aux jeux d’arcades chez soi.
Il faudra attendre jusqu’à la sortie de la génération N64/Saturn/Playstation (Cinquième génération) pour que le nombre de joueuses augmente. La raison : le support CD de la Playstation et la puissance de la N64 permettent la mise en avant de scénarios plus complexes, et plus seulement de trame simpliste ou de captation d’arcade sur console. A la même époque on voit apparaître Tomb Raider : Lara Croft (Core Design, 1996), la première véritable héroïne de jeu vidéo, et Les Sims (Maxis, 2000), le premier jeu genré à avoir un véritable succès. Les femmes commencent donc à s’approprier les consoles et les PC, même si la communauté reste largement masculine.
Avec l’arrivée des MMO, des communautés se forment sur deux types de jeu en particulier : Les FPS (First Personal Shooter) et les RPG(Rôle Playing Game), les femmes sont alors confrontées au machisme ambiant qui règne dans ces communautés.
Il y a environ deux mois Mar_Lard, une twitteuse assidue, joueuse et travaillant dans le milieu du jeu vidéo, a publié un dossier d’environ 100 pages, dévoilant la violence subit par les femmes dans les jeux vidéos : Insultes, Harcèlement, Avances Sexuelles, Etc… « Les femmes ne doivent pas se revendiquer femme sous peine de subir ces brimades et ces agressions. » commente Mar_Lard, mais comment faire quand la plupart des jeux en ligne demande l’utilisation d’un micro ? Mais surtout pourquoi légitimer ces comportements et demander à la victime de faire des efforts ?
Le dossier a fait grand bruit dans la communauté, et beaucoup ont réagi sur le sujet de façon plus ou moins intelligente. Le fait est que ce « coup de pied dans la fourmilière » à eut un effet, celui de faire prendre conscience du problème.
Ce que n’a en revanche pas fait Mar_Lard, sauf lors d’une interview auprès du chroniqueur Usul de Jeuxvidéo.com, c’est défendre aussi les joueurs gays, ou « gaymers ». Minoritaires eux aussi, ils subissent aussi de nombreuses attaques. Une des insultes favorites des joueurs étant justement « gay ». Sans pour autant dire qu’ils le sont, les gaymers peuvent dont se sentir blessés par le comportement de leur homologues hétéros. Quelques voix s’élèvent contre ces injustices mais le problème persiste. En effet la conception même d’un héros potentiellement gay à suffit à faire scandale et la violence de certains propos sont simplement scandaleux : « Je ne joue pas avec un PD », « Vous êtes tous des tantouzes », « Bande de gays ».

Dans The Sims 3 vous avez le choix entre un bear ou un minet 🙂

 

Du Côté Des Développeurs…

Les jeux vidéos représentent leur époque, par exemple, en ce moment, dans les jeux de guerre publiés par les développeurs américains, on doit combattre des extrémistes musulmans. Pour ce qui est de la vision des femmes et des gays, il en va de même. Si dans les années 80-90 la mode était aux femmes amoureuses et en détresse et aux gays cuir-moustache, les années 90 sont une période charnière. La femme devient plus indépendantes et les homos deviennent une minorité invisible. Si la femme devient de plus en plus forte et plus fière jusqu’au jeu Bayonetta (Platinium Game, 2009) présentant une femme hyper-sexuée et ultra-féministe dans le premier rôle, les gays restent minoritaires jusqu’à l’événement créer par Bioware avec Mass Effect 3 (Bioware, 2012) proposant au personnage principal d’être gay, hétéro, ou lesbienne. Coup marketing ou pas, le jeu inclut un héros potentiellement homo sans être une caricature. Il semble que Bioware n’ait cependant pas compris les revendications des gaymers puisque le jeu Star Wars : The Old Republic (Bioware, 2011), propose une planète gay, sorte de ghetto galactique que les joueurs homos comme hétéros trouvent de mauvais goût.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un développeur fait un faux pas, les guildes et clans gays furent interdit sur World Of Warcraft (Blizzard, 2004) et les mots « gays, homosexuels, etc… » bannis du forum pour éviter les insultes mais cela empêchait aussi de parler du problème.

 

Conclusion…

Si Bioware et d’autres commencent à proposer des RPG et des options de plus ou moins bon goût, permettant une véritable immersion des gaymers, la communauté des joueurs n’est pas prête à faire de même. Les joueurs doivent apprendre à accepter les femmes et les gays afin que chacun profite au maximum de l’expérience vidéo-ludique. De plus, l’intolérance des joueurs fait défaut à la défense qu’ils font vis-à-vis des médias dominants qui incriminent de façon constante la pratique du jeu vidéo.

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