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Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Culture | Numerique | Politique | 18.07.2016 - 17 h 07 | 1 COMMENTAIRES
« La gauche m’a tuer » : Comment les vieux deviennent racistes/homophobes sur le net ?

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Le site « La Gauche m’a tuer » appartient à Mike Borowski, un ancien soutien de Sarkozy. Depuis quelques années, le site est une cible privilégiée des sites de « debunking », ces sites qui déconstruisent rumeurs et mensonges sur le net, avec faits et sources à l’appuie. Aujourd’hui, je vous propose, à travers cet exemple, de découvrir comment l’extrême-droite séduit les personnes âgées, vos oncles, vos tantes et vos grands-parents…

« La Vérité m’à gêner » : La mise en page dite « pute-à-clic ».

"Clickbait everywhere !"

« Clickbait everywhere ! »

Quand on tape « La gauche m’a tuer » sur un moteur de recherche, on tombe en premier lieu, sur le site, et en dessous, rapidement, sur ceux qui l’attaquent pour mensonges, erreurs, approximations, racisme. L’entrée du site n’est pas aussi agressive que les forums obscures de la fashosphère, il est même plutôt accueillant dans sa mise en page. Les couleurs sont douces, les teintes sont grises et bleutées, rien d’étonnant jusqu’ici. Les choses sérieuses commencent avec les titres des différents articles, tel que : « La famille de Bouhlel a reçu d’une manière illégale 100 000€, quelques jours avant l’attentat de Nice » ou encore « Les Niçois, nouvelles victimes du « vivre ensemble » imposé par nos gouvernants. » Ces titres posent problèmes car, à l’heure de l’écriture de ses lignes, le profil psychologique de l’auteur du massacre de Nice, n’est pas encore parfaitement connu des autorités en charge de l’enquête, et beaucoup sont perplexes sur le terme de « radicalisation express » chez les psychologues et sociologues. On déroule la page, et la liste des articles au nom « pute-à-clic » s’allonge. « Moi, Adrien 79 ans, payé 400 par mois. » ou encore « Doit-on rétablir la peine de mort pour les assassins d’enfants ? ». On vous offre donc le choix entre manipuler votre empathie envers les personnes âgées, ou alors utiliser envers les enfants, faites votre choix. La pulsion du clique finit par venir, si ce n’est pas ça, ce sera l’article avec « Irak : Une église catholique détruit à Mossoul. » Vous trouvez que la majorité des titres parlent d’immigration ou d’islam ? C’est que les rubriques phares du site : Internationale, Société, et Politique, n’abordent que ce sujet en ce moment. Rassurez-vous le site est également pro-Manif’ Pour Tous et anti-féministe, il y en a pour tout le monde, mais l’heure n’est pas au débat, l’heure est à la propagande, même chez les opposants au gouvernement.
Les articles du site n’ont pour ainsi dire pas ou peu de mise en page. Vous aurez, une illustration, le nom de l’auteur, et le texte et c’est tout. Il n’y aura pas de vidéos explicatives, il n’y aura pas de liens hypertextes. Le corps du texte en lui-même, n’est guère accessible et n’attire pas vraiment l’œil. Les articles ne possèdent pas de mise en page régularisée : selon l’auteur vous aurez des titres et un développement identifiables ou alors un gros bloc indigeste. De quoi cette mise en page est-elle le signe ? Sans doute du fait que les rédacteurs ne sont pas des journalistes professionnels, ou mêmes amateurs, car la mise en page sur internet, c’est la base. Un texte trop austère ne sera pas lu, d’ailleurs certains articles ne comptent que 64 vues. La différence entre la page d’accueil et le contenu des articles dénote d’autre chose, une volonté de s’enrichir plutôt que d’informer. Une fois la page de l’article ouverte, peu importe que le texte de l’article soit illisible ou austère, les pubs sont visibles par le consommateur. En plus, à chaque fois que vous cliquez sur un article, vous avez une chance sur deux de tomber sur une fenêtre pop-up.

« L’économie, j’ai rien compris » : Les articles sont imprécis ou faux.

Un modèle pour l’ami Mike, j’imagine…

« C’est la crise, ma bonne dame ! », mais comme je suis de bonne composition, je vais faire l’impasse sur l’indigence de la forme pour faire l’analyse du fond, sur un sujet sur lequel j’ai un minimum d’expertise : l’économie. Le titre de l’article ce sera : « Les cadeaux électoraux de Hollande coûteront 6,5 milliards d’euros au Français ». Je suis tellement de bonne composition que je prends un article dont le contenu pourrait m’intéresser et qui pourrait avoir un autre fond que « les méchants immigrés » (C’est rare sur ce site !)
Bon, je sais que je ne suis pas un expert en orthographe et en grammaire, mais tout de même, je ne tiens qu’un blog, pas un média entier. Comment peut-on prétendre tenir la direction d’un site d’information quand on fait des fautes de syntaxe ? Un exemple représentatif : « Nous consacrons déjà plus de 650 milliards d’€ par an de notre Produit Intérieur Brut à ce social dévastateur soit 32% près de 10 points de plus que tous autres pays de l’Union Européenne et pourtant ce n’est jamais assez, il faut rajouter 6,5 milliards pour 2017. » Les virgules, visiblement, c’est pour les faibles, ou les communistes.
Outre la syntaxe qui s’affole, le vocabulaire est assez savoureux. Voici revenir, mesdames et messieurs, sous un habile tour de magie, la rhétorique de Valls, Royal, Sarkozy, Balkany, à propos de l’assistanat. Le champ lexical de la glande fait ici l’objet d’une mise en avant qui ferait même frémir Orelsan et Gringe qui sont pourtant, les experts en matière de feignasse : « inactivité », « assistanat », « non-travail », « profiteurs », bref, le ton est donné.
Alors qui sont ces profiteurs ? Les professeurs, les chauves, les arabes, les cisgenres, les prostituées du Bois de Boulogne ? En vérité, à la fin de l’article, nous ne savons pas qui sont ces assistés, on nous parle « des quartiers ». C’est pour le moins imprécis, est-ce les associations ? Est-ce les écoles et collèges ? Est-ce les résidents des « quartiers » ? Mystère… (En vérité ceux sont surtout les vieux, d’après Challenges)
L’autre information dont l’article souhaite faire l’analyse, c’est le chiffre du titre « 6,5 milliards » au titre des cadeaux de Hollande. Mais l’ami Mike fait quelques erreurs symptomatiques. Reprenons ensemble, la phrase centrale et sans syntaxe, citée plus haut : « Nous consacrons déjà plus de 650 milliards d’€ par an de notre Produit Intérieur Brut à ce social dévastateur soit 32% près de 10 points de plus que tous autres pays de l’Union Européenne et pourtant ce n’est jamais assez, il faut rajouter 6,5 milliards pour 2017. » Dans ce « social dévastateur » vous pouvez inclure les retraites et la sécurité sociale. Ce que ne dit par l’article, c’est que la comparaison est faite avec la moyenne des dépenses sociales de tous les pays de l’OCDE, y compris la Grèce et le Portugal qui agonise depuis près de cinq longues années, ou encore la Roumanie et la Bulgarie dont l’état global n’est guère enviable. Rien d’étonnant dès lors à retrouver un chiffre de 22% de moyenne des dépenses quand on réduit des peuples entiers à la mendicité.
Nous continuons l’article avec ces deux phrases : « Ce n’est tout simplement plus possible, la politique de l’allocation doit cesser. Elle détruit les fondements hexagonaux, et nous conduit droit dans un mur qui arrivera plus vite que nous le pensons. » Un joli paradoxe. Explication : En 1945, le patronat ayant massivement collaboré, les leaders résistants, majoritairement communistes et armés, fondent le CNR et arrachent la sécurité sociale et les retraites. De Gaulle, lui-même ne reviendra pas sur ces acquis sociaux lorsqu’il fondera la Véme Republique, et si beaucoup les attaques discrètement avec divers lois depuis, personnes ne crachent ouvertement sur ces institutions. Alors, quand Mike Borowski nous parle du « social destructeur » et de « l’allocation » comme anéantissement des fondamentaux français, on rigole légèrement, considérant que la sécurité sociale est devenu un de ces fondamentaux.
A la fin de l’article, je me demande si celui-ci était bien utile. L’unique source de l’article me confirme que non. C’est un article de Challenge, un magazine néolibérale dont l’article est mieux construit, plus précis et avec moins d’erreur que celui de « La Gauche m’a tuer ». Si en matière d’immigration, on est clairement entre Eric Zemmour et Valeurs Actuelles, en matière économique , le site oscille entre l’incompétent Alain Minc, et l’ignorant Elie Cohen. On souffre, de s’infliger un article qui ressemble aux éditos de tous les économistes mainstreams et de tous les éditocrates indigents. Le site est-il subversif ? Non. Le site donne t-il des informations ? Non. Le site fait-il des analyses pertinentes et rarement vues ailleurs ? Non. En politique, c’est Le Point, en économie, c’est l’Express, en rédaction, c’est 8/20.

Le vieux et le naufrage : La radicalisation des papys-führers

Est-il abonné à « La Gauche m’a tuer ? »

Si d’après le gouvernement, les jeunes se radicalisent sur Internet, c’est aussi le cas pour les vieux sur leur mur Facebook. Les commentaires des personnes qui fréquentent le site, et postent avec leur compte Facebook dépasse souvent la cinquantaine. Il y a autant d’hommes que de femmes qui commentent « La Gauche m’a tuer », la parité dans l’ignorance, c’est simplement magique! Si les jeunes se radicalisent, c’est souvent sous l’effet d’une détresse sociale ou émotionnelle, d’après les sociologues. Pour les vieux qui deviennent racistes grâce à Internet la mécanique est plus subtile.
En premier lieu, il faut incriminer les modérateurs de Facebook qui laissent beaucoup de groupes et de pages manifestement racistes en circulation. Ces groupes et pages font circuler des informations fausses de manière très régulière de sortes qu’un site comme « Egalité & Réconciliation » trouve un écho favorable dans de nombreux coins de Facebook.
Le problème vient également d’une habitude plus encrée chez les jeunes utilisateurs que chez les plus vieux, c’est le croisement de source. Aujourd’hui , pour s’informer sur un sujet précis, la plupart d’entre nous lisons plusieurs articles sur le même sujet pour avoir différents point de vue et pour avoir la totalité des informations, les articles étant rarement exhaustifs. Les personnes plus âgées n’ont pas cette habitude. Comme l’explique Benjamin Bayart, fondateur de French Data Network, ils ont fait un transfert entre leur habitude dans la vie réelle et leur habitude dans le monde virtuel. Auparavant, les personnes n’achetaient qu’un journal par jour, ils ne croisaient pas les sources. Il reproduise exactement le même comportement de nos jours sur le net, et ne peuvent donc faire aucunes vérifications.
Dès lors entre les profils Facebook où les messages et informations à caractère raciste, circulent librement et l’absence de vérification des informations, les personnes plus âgées peuvent croire facilement ce qu’ils lisent même sur un site aussi médiocre que «La Gauche m’a tuer. » Maintenant, vous savez comment votre oncle beauf et idiot et aussi devenu votre oncle raciste et homophobe.

Actu | Associatif | Culture | Politique | 06.06.2016 - 09 h 48 | 2 COMMENTAIRES
Banalisation de l’IVG : Fantasme ou Réalité ?

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J’avoue que les expressions comme « IVG de confort » ou « banalisation de l’IVG » m’étaient jusqu’alors plutôt étrangers. Il faut dire que pour un homme homosexuel, ce n’est pas un combat qui aurait beaucoup de sens. Pourtant, j’aime bien la vérité, j’ai donc fait quelques recherches sur ces « IVG de confort ». Et voilà mes « naïves » et chiffrées conclusions sur le sujet.

« La banalisation de l’IVG » : Bienvenue à droite
Les expressions comme « IVG de confort » ou « banalisation de l’IVG » sont des éléments rhétoriques de droite et d’extrême-droite. Sur votre moteur de recherche, ces mots-clés mèneront à un article du torchon Valeurs Actuelles, un autre du journal catholique La Croix, à une tribune sur le site Boulevard Voltaire, et enfin un dernier article de Alliance VITA qui fut fondée par Christine Boutin.
De fait, c’est le dernier argument de la droite pour limiter autant que possible l’accès à l’avortement. Dans le cas de la « banalisation » , le but est clairement de porter atteinte au portefeuille des personnes souhaitant subir un IVG. C’était d’ailleurs l’unique objectif, car dans le programme du FN ou dans leurs déclarations, personnes ne proposent le remboursement des préservatifs, ni même une réforme de l’éducation sexuelle pour faire un travail de prévention plus efficace. En fait, pour lutter contre cette supposée « banalisation » on ne propose rien. Les partis qui exploitent cette rhétorique veulent simplement, sucrer les remboursements ou les financements. Il n’y a pas de propositions éducatives ou préventives sur le sujet.
Réduire le nombre d’IVG pourrait être une bonne chose, c’est un fait. En premier lieu, car les IVG sont des interventions qui coûtent à la collectivité. En second lieu, car de nombreux femmes vivent cette intervention comme un traumatisme. Mais, si c’est dans une démarche démographique et nataliste, c’est dangereux pour les enfants à naître qui seront rejetés ou abandonnés par leur famille. De plus, il y a encore le risque des avortements sauvages, qui pourrait resurgir. Il vaut mieux que les IVG baisse grâce à une prévention toujours plus efficace et plus préventive et non pour avoir une hausse de grossesses non-désirées et d’enfants malheureux, pauvres et malades.
Ensuite, il y a cette fameuse expression « IVG de confort », une belle formule dont on ne sait guère ce qu’elle recouvre. En effet, dans l’absolu, tous les IVG sont « de confort » donc aucun n’est « de confort ». Il est effectivement assez « inconfortable » d’avoir un enfant qu’on serait incapable de nourrir de manière décente. On peut imaginer qu’il s’agit de femmes ayant recoure à plusieurs reprises à des avortements. Sauf que les femmes ayant subit deux avortements sont de 9,5% et pour trois avortements, le chiffre est de 4%. Je peux faire une erreur, mais il semble que ce comportement soit souvent visible chez les femmes précaires, donc qui voit très rarement un gynécologue et parlent donc rarement de contraception.
« L’IVG de confort » et la « banalisation de l’IVG » en plus d’être des concepts particulièrement fumeux n’ont rien à voir. La femme précaire qui avorte pour la troisième fois, et qui ne voit jamais son gynécologue n’à surement pas les ressources pour soutenir l’éducation d’un enfant. Il ne peut donc pas s’agir d’un « IVG de confort », même si dans l’absolu cette expression n’à pas vraiment de sens. Adossé à la hausse du nombre de personnes pauvres en France (en hausse depuis 1990), le chiffre lui aussi en hausse, des femmes qui subissent plusieurs fois une intervention, laisse songeur.

Les chiffres de l’IVG : Fantasmons ensemble !
Entre 1996 et 2011, le nombre d’IVG est en augmentation, ce scandalisent les médias de droite, et en particulier d’extrême-droite. Bien entendu, un chiffre sans contexte n’est rien. Il faut rappeler divers choses à ce propos. En premier lieu, les françaises sont de plus en plus nombreuses. Ensuite, le nombre de rapports sexuels dans une vie est en hausse. Si l’on ajoute à cela la précarité, on peut déduire que les chiffres en hausse de l’IVG sont plutôt conjoncturels. Ajoutons que la culture, même sexuelle, est fluctuante, la symbolique de l’IVG comme un crime n’est plus vraiment à l’ordre du jour. Pour toutes ces raisons, les femmes avortent de plus en plus.
Si on regarde les chiffres de manières plus détaillées, on observe un stagnation entre 2006 et 2013. Et une hausse en 2013, en particulier, pourquoi l’année 2013 en particulier ? En bon marxiste et au regard du profil type des femmes qui avortent, je dirais que ceux sont les résultats de la crise de 2008 à laquelle la France avait relativement bien résister jusqu’à sa mutation en crise de la dette publique courant 2011/2012. (Exemple : Réduction de dépenses publiques = Déremboursement de la pilule de 3ème génération)

Conclusion : L’Education et une sécurité sociale viable.

Pas mieux ! 🙂

Je trouve cela souhaitable de réduire le nombre d’avortement à l’année. L’IVG même médicamenteuse, reste une épreuve pour beaucoup de femmes qui auraient sans doute préférer éviter cela. Mais couper dans les dépenses ou sanctionner les femmes qui avortent plusieurs fois seraient sans doute contre-productif.
La solution première est une véritable éducation sexuelle, à l’école, comme dans les familles. Des préservatifs pour un adolescent de 16 ans représente un budget non-négligeable auquel la famille doit pouvoir répondre. Il faut aussi encourager les jeunes hommes à s’entraîner à mettre des préservatifs seuls, plutôt que de faire uniquement une démonstration sur une banane. (Il serait bon, au passage que les plannings familiaux n’enseignent pas que les dangers et les pratiques hétérosexuelles comme c’est encore trop souvent le cas.)
Ces solutions ne sont que des solutions d’appoints, car en réalité, l’âge moyen de la femme qui avorte est de 27 ans. Si le rôle de l’éducation sexuelle à l’école et dans la famille est primordial, ce n’est pas suffisant. Une femme de 27 ans de nos jours, connaîtra au moins la pilule ou le préservatif, mais un manque d’habitude de ces moyens de contraception peut rebuter la personne. Et puis, bien entendu, il y a le coût. Le préservatif coût environ 1€, l’unité, pour certaines familles cela représente un budget, surtout qu’à 27 ans, beaucoup de femmes ressentent l’horloge biologique malgré elle et peuvent augmenter le rythme de leurs relations. Enfin si la pilule est remboursée, ce n’est pas le cas pour la totalité des honoraires du gynécologue va la prescrire, en plus des nombreuses visites pour avoir le bon dosage. La véritable solution est d’avoir des moyens contraceptifs et un système de remboursement plus sûr et plus égalitaire. Si l’on veut réduire le nombre d’IVG, il faut augmenter les moyens sur la prévention, tout simplement.

Pour aller plus loin :

http://blog.jevaisbienmerci.net/

J’ai testé pour vous… me retrouver dans un centre anti-IVG (MÀJ)

Un jour, j’ai voulu avorter…

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