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Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Culture | Jeu vidéo | 27.02.2017 - 12 h 24 | 0 COMMENTAIRES
Deus Ex – Mankind Divided : Un Racisme Technologique

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En 2011, Square Enix publiait Deus Ex : Human Révolution, une histoire qui contait un futur sinistre où les firmes multinationales contrôlaient le monde et où les politiques et les médias n’étaient plus que des jouets. Un futur très proche de nous, en somme. En 2016, Deus Ex revient avec l’opus Mankind Divided évoquant la ségrégation, le racisme d’Etat et la misère.

Adam Jensen : Le Retour !

Deus Ex : Un Nouveau Chapitre.
En 2027, la technologie des augmentations, des prothèses cybernétiques high-tech, était le nouveau marché florissant. Mais cette année là, tout s’écroula, lors de l’Incident, à la suite de l’installation d’une puce de contrôle sabotée sur la majorité des augmentés du monde, celui-ci sombra, durant quelques heures, dans une folie meurtrière. Adam Jensen, alors employé chez Sarif Industries, arrêta le processus et découvrit qu’à l’origine du projet, ce trouvait le mystérieux groupe des Illuminatis.
Deux ans plus tard, le monde est devenu bien différent. Depuis l’Incident, le marché des augmentations rentre de plus en plus dans la clandestinité et les augmentés sont victimes d’un racisme et d’une haine profonde par les médias, et les hommes politiques. Adam Jensen lui, habite désormais à Prague et travaille désormais pour la nouvelle organisation anti-terroriste, la Task Force 29.
Deus Ex : Human Révolution évoquait le monde du travail, des entreprises et de la finance. On suivait durant le jeu, les OPA et rachats de titres des différentes entreprises. On visitait les locaux de Tai Yong Médical, de Sarif Industries, de PicusTV et les organisations politiques et militaires étaient encore discrètes. La critique du néolibéralisme et des doctrines libertariennes y était assez habilement développée. Dans Deus Ex : Mankind Divided, ceux sont les Etats qui sont au cœur du jeu. Le jeu critique autant la militarisation de la police que la corruption des hommes politiques. En parallèle de ces sujets, on retrouve le racisme et ces conséquences.

En arrière plan : Après le Monde de Macron, l’Etat de Valls.
Au fil de l’histoire, la présence de la police dans les rues de Prague, principale ville du jeu, sera de plus en plus renforcée, jusqu’à l’Etat d’Urgence, dans les dernières heures. C’est l’occasion de voir une police corrompue et haineuse. Le racisme de l’institution envers les augmentés rappelle évidemment les affaires Traore et Théo, chez nous. Durant le jeu, Adam sera victime de contrôle au faciès, de chantage et même de violence dans le dernier quart du jeu. Cette ambiance de racisme généralisé s’appuie également sur les remarques que font les personnages quand vous circulez dans une rue, mais aussi sur certaines zones, comme le métro, ou la ségrégation racial est visible. Si vous prenez la rame de métro dédiée aux « non-augmentés », durant le trajet, les gens vous regarderont de travers. Et ça fait bizarre, pour un blanc comme moi, de ressentir même virtuellement, ce que peut-être le racisme.
L’autre élément notable de cette ambiance, est la présence des attentats. Comme le racisme, c’est un élément déterminant du scénario complexe du jeu, mais c’est aussi présent dans le décor. Régulièrement, des télévisions allumées et des journaux diffuseront des informations souvent tragiques sur des attentats, renforçant l’angoisse dans la population, et la pression chez le joueur. Bien entendu, les attentats serviront de prétexte à l’Etat d’Urgence, une chose qui rappelle des souvenirs.

Le Complot Mondial : Les USA parlent des classes sociales.
Le complot mondial est une thématique récurrente dans les jeux vidéos, comme Assassin’s Creed avec les templiers ou Area 51. C’est aussi une forme de critique de la classe sociale au travers du prisme d’analyse libérale. La doctrine libérale enseigne que les hommes sont libres d’arbitre d’une manière totale, et qu’ils sont rationnels. En conséquence, dans cette doxa, l’analyse marxiste devient inopérante, ce n’est plus une classe sociale qui fait la guerre à une autre par instinct de survie, mais un complot mue par la volonté propre de son ou ses instigateurs. Ainsi, le groupe Bilderberg, par exemple, n’est plus une réunion qui entretient l’entre-soi de la classe dominante, mais un lieu où les conspirateurs élaborent des plans de manière consciente et volontaire.
Cette conception est, certes, une version droitière de la critique des classes dominantes, qui d’ailleurs se retrouve surtout dans l’extrême-droite, mais c’est aussi, peut-être, le seul moyen de faire de la critique social dans un jeu à gros budget comme celui-ci. En effet, il est plus sensationnel est fascinant de découvrir un complot mondial que d’apprendre que les diners du Siècle sont des lieux de rencontre plus que de discussions. Coucher sur papier, l’analyse marxiste est certes plus réaliste mais beaucoup moins sexy.

Les Illuminatis.

Gameplay : Un jeu presque parfait !
Deus Ex : Mankind Divided corrige deux grosses erreurs de Human Révolution. Le premier était l’impossibilité de finir le jeu de manière pacifique, sans tuer personne, notamment à cause de boss qui n’avaient rien à faire dans un jeu de ce type. La question est désormais réglée, les boss sont absents de ce nouvel opus, place donc, à l’infiltration pure. Le second défaut était la facilité du jeu. Mankind Divided est toujours assez facile surtout pour les joueurs de Dark Project et du premier Deus Ex, mais il est plus difficile que HR. Bien entendu, les augmentations, ces améliorations cybernétiques surpuissantes, sont toujours au rendez-vous avec quelques bonus qu’il vous faudra découvrir. Enfin dernier changement, le personnage est à la fois plus mobile et plus lourd. Il est plus rapide et fait des sauts plus haut, mais le changement dans le gameplay d’infiltration donne l’impression de déplacer un tank quand vous voulez être discret.

Les défauts : C’est trop court !

Bienvenue à Prague…

Human Révolution avait un scénario très simpliste car il posait les bases de l’univers, ce que ne faisait pas Deus Ex (2000). Les choses étant faites, Mankind Divided peut se permettre de rentrer plus avant dans la complexité des conspirations et des jeux politiques et financiers ce qui peut le rendre parfois confus. Le jeu possède un scénario qui ouvre de nombreuses portes, mais la fin ne ferme que quelques unes d’entre-elles. La dernière mission, ne ressemble d’ailleurs pas vraiment à une fin, mais à la fin d’une introduction.
Le problème pour Mankind Divided, c’est qu’il est entre deux jeux. Entre Human Révolution, qui racontait l’histoire des augmentations et du développement de ces technologies, et Deus Ex (2000) qui raconte l’aboutissement et la fusion de toutes les découvertes scientifiques (I.A, nanotechnologie, etc.) ressentes en une forme divine, il ne reste dès lors, pas beaucoup de place. On sait que l’industrie du jeu vidéo à l’habitude des suites, et il faudra placer un maximum de produit entre les deux jeux, il est donc probable que le fait que Mankind Divided soit aussi court viennent d’une retenue des scénaristes pour pouvoir publier plus de suites. Une décision qui impacte malheureusement une narration à la « fin » bancale.

En conclusion…
Deus Ex : Mankind Divided n’est pas meilleur que Human Revolution, il fait des erreurs de scénario, mais corrige les erreurs de gameplay de son prédécesseur. La musique n’est plus aussi efficace et il faudrait suggérer au studio de retravailler de nouvelles versions de Deus Ex (2000) plutôt que de faire des clins d’œil douteux. Cet opus est finalement, un Deus Ex dans la moyenne de la licence, mais c’est un très bon jeu, qui terrifie toujours par le réalisme de son approche.

Actu | Culture | Série | 15.01.2017 - 13 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Pourquoi je n’aime pas « Looking » ?

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Ce week-end, j’ai regardé SKAM, la série norvégienne, dont la troisième saison est centrée sur une relation homosexuelle. J’ai beaucoup aimé, et par conséquent, je me suis demandé pourquoi je n’avais pas aimé Looking qui tournait également autour des relations homosexuelles. Je vous propose donc aujourd’hui d’aborder la série et ses erreurs.

Le Scénario : Simple, Trop Simple.
Looking raconte l’histoire d’un groupe d’amis homosexuels qui passent le cap des trente-cinq ans (plus ou moins). On suit ainsi la vie des différents protagonistes à travers leurs amitiés et leurs relations tumultueuses. On pourrait considérer que c’est un remake plus réaliste et plus moderne de Queer As Folk, mais le point d’intrigue est très différent.
Dans Queer As Folk, deux éléments viennent perturbés la vie des héros dès le premier épisode : la rencontre de Brian et Justin, et la naissance de Gus, le fils de Brian. Dans Looking, on identifie assez mal, l’élément perturbateur, et par conséquent, on suit juste des personnages qui font leur vie. J’ai cru un moment que l’élément perturbateur était l’âge du personnage principal, Patrick, mais la série ne semble pas être d’accord, vu le comportement de celui-ci. En fait, il n’y a pas vraiment d’intrigue, et pour cela, il suffit d’analyser la fin de la série, c’est-à-dire, le film. Looking, le film, ne nécessite presque pas d’avoir regarder la série avant, alors qu’il en est la conclusion. C’est étrange car j’imagine mal quelqu’un comprendre quelque chose à « Day of The Doctor » sans avoir jamais vu Doctor Who, par exemple.

Les personnages : Des personnages réalistes, enfin presque…
C’est le point fort de la série, car si l’intrigue est réduite au strict minimum, ce n’est pas le cas pour les personnages qui sont développés de manière assez intéressante. C’est là que l’absence d’intrigue revient, mais comme une qualité. Un défaut de Queer As Folk était le comportement de dédoublement de personnalité de Justin qui est colérique (Saison 2) puis gagne en maturité (Saison 3), puis régresse (Saison 4) avant de redevenir calme (Saison 5). En fait, le personne servait l’intrigue plutôt que l’inverse. Dans Looking, comme l’intrigue est vide, les personnages ne souffrent pas de ce défaut. C’est d’ailleurs une qualité remarquée, vu le nombre de prix que la série a reçu pour le jeu des acteurs.
En revanche, la série n’ayant que ses personnages, une saison suffisait largement. Dans Lost, les personnages étaient la principale proposition aussi, mais leur nombre très important, ainsi qu’une intrigue en fond, faisait tenir le spectateur beaucoup plus longtemps. De même, The Wire était une série très centrée sur ses personnages mais elle avait pour but l’étude sociologique, ce qui n’est clairement pas le cas dans Looking.

La Réalisation : True Detective à San Francisco.
Jusqu’ici, je considérais que c’était des choix de réalisation de l’équipe : réduire l’intrigue pour avoir plus de réalisme dans les personnages et pouvoir en faire une vraie analyse. Mais l’énorme défaut de la série, c’est la réalisation, absolument abominable de A à Z. Le seul bon point de la réalisation sont les angles de caméra, qui sont classiques mais les excès de style dans ce genre de série rendent souvent le tout, ridicule. Pour le reste, vous pouvez tout jeter.
La série est filmée avec le même filtre grisâtre et triste que True Détective, sauf qu’une série aborde des relations amoureuses et l’autre une série de meurtre. Du coup, les moments romantiques, on l’air d’être une souffrance. San Francisco semble avoir perdu sa vitalité, et tout le monde semble en dépression chronique. Au final, Looking, c’est le contraire de Sense8, les deux séries abordent une galerie de personnages, mais là où Sense8 respire la vie, Looking ressemble à une série mort-vivante.

Conclusion : Quand je regarde une série, généralement, c’est pour me sentir bien. C’est pour cela que je préfère « Du Coté de Chez Fran » à « Une nounou d’Enfer », ou que je ne regarderais jamais House of Cards. J’ai même failli stopper Game Of Thrones après l’épisode des Noces Pourpres. Looking aurait pu être une série « feel good » comme Sense8, The Real O’Neals ou la saison 3 de Skam. Sauf que sa réalisation sans couleur, terne, et un scénario très lent et vide, me donne l’impression de regarder des dépressifs qui s’aiment. C’est mignon, c’est gentil, mais ça donne franchement pas la pêche.

Pour aller plus loin : Sur le réalisme dans les séries

Actu | Culture | Numerique | Politique | 18.07.2016 - 17 h 07 | 1 COMMENTAIRES
« La gauche m’a tuer » : Comment les vieux deviennent racistes/homophobes sur le net ?

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Le site « La Gauche m’a tuer » appartient à Mike Borowski, un ancien soutien de Sarkozy. Depuis quelques années, le site est une cible privilégiée des sites de « debunking », ces sites qui déconstruisent rumeurs et mensonges sur le net, avec faits et sources à l’appuie. Aujourd’hui, je vous propose, à travers cet exemple, de découvrir comment l’extrême-droite séduit les personnes âgées, vos oncles, vos tantes et vos grands-parents…

« La Vérité m’à gêner » : La mise en page dite « pute-à-clic ».

"Clickbait everywhere !"

« Clickbait everywhere ! »

Quand on tape « La gauche m’a tuer » sur un moteur de recherche, on tombe en premier lieu, sur le site, et en dessous, rapidement, sur ceux qui l’attaquent pour mensonges, erreurs, approximations, racisme. L’entrée du site n’est pas aussi agressive que les forums obscures de la fashosphère, il est même plutôt accueillant dans sa mise en page. Les couleurs sont douces, les teintes sont grises et bleutées, rien d’étonnant jusqu’ici. Les choses sérieuses commencent avec les titres des différents articles, tel que : « La famille de Bouhlel a reçu d’une manière illégale 100 000€, quelques jours avant l’attentat de Nice » ou encore « Les Niçois, nouvelles victimes du « vivre ensemble » imposé par nos gouvernants. » Ces titres posent problèmes car, à l’heure de l’écriture de ses lignes, le profil psychologique de l’auteur du massacre de Nice, n’est pas encore parfaitement connu des autorités en charge de l’enquête, et beaucoup sont perplexes sur le terme de « radicalisation express » chez les psychologues et sociologues. On déroule la page, et la liste des articles au nom « pute-à-clic » s’allonge. « Moi, Adrien 79 ans, payé 400 par mois. » ou encore « Doit-on rétablir la peine de mort pour les assassins d’enfants ? ». On vous offre donc le choix entre manipuler votre empathie envers les personnes âgées, ou alors utiliser envers les enfants, faites votre choix. La pulsion du clique finit par venir, si ce n’est pas ça, ce sera l’article avec « Irak : Une église catholique détruit à Mossoul. » Vous trouvez que la majorité des titres parlent d’immigration ou d’islam ? C’est que les rubriques phares du site : Internationale, Société, et Politique, n’abordent que ce sujet en ce moment. Rassurez-vous le site est également pro-Manif’ Pour Tous et anti-féministe, il y en a pour tout le monde, mais l’heure n’est pas au débat, l’heure est à la propagande, même chez les opposants au gouvernement.
Les articles du site n’ont pour ainsi dire pas ou peu de mise en page. Vous aurez, une illustration, le nom de l’auteur, et le texte et c’est tout. Il n’y aura pas de vidéos explicatives, il n’y aura pas de liens hypertextes. Le corps du texte en lui-même, n’est guère accessible et n’attire pas vraiment l’œil. Les articles ne possèdent pas de mise en page régularisée : selon l’auteur vous aurez des titres et un développement identifiables ou alors un gros bloc indigeste. De quoi cette mise en page est-elle le signe ? Sans doute du fait que les rédacteurs ne sont pas des journalistes professionnels, ou mêmes amateurs, car la mise en page sur internet, c’est la base. Un texte trop austère ne sera pas lu, d’ailleurs certains articles ne comptent que 64 vues. La différence entre la page d’accueil et le contenu des articles dénote d’autre chose, une volonté de s’enrichir plutôt que d’informer. Une fois la page de l’article ouverte, peu importe que le texte de l’article soit illisible ou austère, les pubs sont visibles par le consommateur. En plus, à chaque fois que vous cliquez sur un article, vous avez une chance sur deux de tomber sur une fenêtre pop-up.

« L’économie, j’ai rien compris » : Les articles sont imprécis ou faux.

Un modèle pour l’ami Mike, j’imagine…

« C’est la crise, ma bonne dame ! », mais comme je suis de bonne composition, je vais faire l’impasse sur l’indigence de la forme pour faire l’analyse du fond, sur un sujet sur lequel j’ai un minimum d’expertise : l’économie. Le titre de l’article ce sera : « Les cadeaux électoraux de Hollande coûteront 6,5 milliards d’euros au Français ». Je suis tellement de bonne composition que je prends un article dont le contenu pourrait m’intéresser et qui pourrait avoir un autre fond que « les méchants immigrés » (C’est rare sur ce site !)
Bon, je sais que je ne suis pas un expert en orthographe et en grammaire, mais tout de même, je ne tiens qu’un blog, pas un média entier. Comment peut-on prétendre tenir la direction d’un site d’information quand on fait des fautes de syntaxe ? Un exemple représentatif : « Nous consacrons déjà plus de 650 milliards d’€ par an de notre Produit Intérieur Brut à ce social dévastateur soit 32% près de 10 points de plus que tous autres pays de l’Union Européenne et pourtant ce n’est jamais assez, il faut rajouter 6,5 milliards pour 2017. » Les virgules, visiblement, c’est pour les faibles, ou les communistes.
Outre la syntaxe qui s’affole, le vocabulaire est assez savoureux. Voici revenir, mesdames et messieurs, sous un habile tour de magie, la rhétorique de Valls, Royal, Sarkozy, Balkany, à propos de l’assistanat. Le champ lexical de la glande fait ici l’objet d’une mise en avant qui ferait même frémir Orelsan et Gringe qui sont pourtant, les experts en matière de feignasse : « inactivité », « assistanat », « non-travail », « profiteurs », bref, le ton est donné.
Alors qui sont ces profiteurs ? Les professeurs, les chauves, les arabes, les cisgenres, les prostituées du Bois de Boulogne ? En vérité, à la fin de l’article, nous ne savons pas qui sont ces assistés, on nous parle « des quartiers ». C’est pour le moins imprécis, est-ce les associations ? Est-ce les écoles et collèges ? Est-ce les résidents des « quartiers » ? Mystère… (En vérité ceux sont surtout les vieux, d’après Challenges)
L’autre information dont l’article souhaite faire l’analyse, c’est le chiffre du titre « 6,5 milliards » au titre des cadeaux de Hollande. Mais l’ami Mike fait quelques erreurs symptomatiques. Reprenons ensemble, la phrase centrale et sans syntaxe, citée plus haut : « Nous consacrons déjà plus de 650 milliards d’€ par an de notre Produit Intérieur Brut à ce social dévastateur soit 32% près de 10 points de plus que tous autres pays de l’Union Européenne et pourtant ce n’est jamais assez, il faut rajouter 6,5 milliards pour 2017. » Dans ce « social dévastateur » vous pouvez inclure les retraites et la sécurité sociale. Ce que ne dit par l’article, c’est que la comparaison est faite avec la moyenne des dépenses sociales de tous les pays de l’OCDE, y compris la Grèce et le Portugal qui agonise depuis près de cinq longues années, ou encore la Roumanie et la Bulgarie dont l’état global n’est guère enviable. Rien d’étonnant dès lors à retrouver un chiffre de 22% de moyenne des dépenses quand on réduit des peuples entiers à la mendicité.
Nous continuons l’article avec ces deux phrases : « Ce n’est tout simplement plus possible, la politique de l’allocation doit cesser. Elle détruit les fondements hexagonaux, et nous conduit droit dans un mur qui arrivera plus vite que nous le pensons. » Un joli paradoxe. Explication : En 1945, le patronat ayant massivement collaboré, les leaders résistants, majoritairement communistes et armés, fondent le CNR et arrachent la sécurité sociale et les retraites. De Gaulle, lui-même ne reviendra pas sur ces acquis sociaux lorsqu’il fondera la Véme Republique, et si beaucoup les attaques discrètement avec divers lois depuis, personnes ne crachent ouvertement sur ces institutions. Alors, quand Mike Borowski nous parle du « social destructeur » et de « l’allocation » comme anéantissement des fondamentaux français, on rigole légèrement, considérant que la sécurité sociale est devenu un de ces fondamentaux.
A la fin de l’article, je me demande si celui-ci était bien utile. L’unique source de l’article me confirme que non. C’est un article de Challenge, un magazine néolibérale dont l’article est mieux construit, plus précis et avec moins d’erreur que celui de « La Gauche m’a tuer ». Si en matière d’immigration, on est clairement entre Eric Zemmour et Valeurs Actuelles, en matière économique , le site oscille entre l’incompétent Alain Minc, et l’ignorant Elie Cohen. On souffre, de s’infliger un article qui ressemble aux éditos de tous les économistes mainstreams et de tous les éditocrates indigents. Le site est-il subversif ? Non. Le site donne t-il des informations ? Non. Le site fait-il des analyses pertinentes et rarement vues ailleurs ? Non. En politique, c’est Le Point, en économie, c’est l’Express, en rédaction, c’est 8/20.

Le vieux et le naufrage : La radicalisation des papys-führers

Est-il abonné à « La Gauche m’a tuer ? »

Si d’après le gouvernement, les jeunes se radicalisent sur Internet, c’est aussi le cas pour les vieux sur leur mur Facebook. Les commentaires des personnes qui fréquentent le site, et postent avec leur compte Facebook dépasse souvent la cinquantaine. Il y a autant d’hommes que de femmes qui commentent « La Gauche m’a tuer », la parité dans l’ignorance, c’est simplement magique! Si les jeunes se radicalisent, c’est souvent sous l’effet d’une détresse sociale ou émotionnelle, d’après les sociologues. Pour les vieux qui deviennent racistes grâce à Internet la mécanique est plus subtile.
En premier lieu, il faut incriminer les modérateurs de Facebook qui laissent beaucoup de groupes et de pages manifestement racistes en circulation. Ces groupes et pages font circuler des informations fausses de manière très régulière de sortes qu’un site comme « Egalité & Réconciliation » trouve un écho favorable dans de nombreux coins de Facebook.
Le problème vient également d’une habitude plus encrée chez les jeunes utilisateurs que chez les plus vieux, c’est le croisement de source. Aujourd’hui , pour s’informer sur un sujet précis, la plupart d’entre nous lisons plusieurs articles sur le même sujet pour avoir différents point de vue et pour avoir la totalité des informations, les articles étant rarement exhaustifs. Les personnes plus âgées n’ont pas cette habitude. Comme l’explique Benjamin Bayart, fondateur de French Data Network, ils ont fait un transfert entre leur habitude dans la vie réelle et leur habitude dans le monde virtuel. Auparavant, les personnes n’achetaient qu’un journal par jour, ils ne croisaient pas les sources. Il reproduise exactement le même comportement de nos jours sur le net, et ne peuvent donc faire aucunes vérifications.
Dès lors entre les profils Facebook où les messages et informations à caractère raciste, circulent librement et l’absence de vérification des informations, les personnes plus âgées peuvent croire facilement ce qu’ils lisent même sur un site aussi médiocre que «La Gauche m’a tuer. » Maintenant, vous savez comment votre oncle beauf et idiot et aussi devenu votre oncle raciste et homophobe.

Actu | Culture | Politique | Série | 08.04.2016 - 02 h 26 | 0 COMMENTAIRES
« Sam » : Comment TF1 transforme une anarchiste en Joséphine (Ange Gardien) ?

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La nouvelle série de TF1, est une adaptation d’une série télévisée danoise : « Rita ». Mais le passage d’un pays à l’autre n’est pas sans conséquence. La série subversive et attrayante est, en chemin, devenue puérile, ennuyeuse et infantile. Il convient de revenir sur cet échec cuisant de la part de la première chaîne nationale française.

Rita (2012) VS Sam (2016) : Comment faire une série de droite ?
Si vous avez Netflix, peut-être connaissez-vous la série «  Rita « , l’histoire d’une professeur de danois, véritablement anarchiste qui jongle entre l’administration, ses élèves et ses principes au long de trois très bonnes saisons ? Interprétée par Carsten Bjørnlund, le personnage de Rita est dans cette série, l’incarnation même de l’anarchiste, dans sa vie de tous les jours (Je le sais, je le suis). Résolument anti-système, Rita manipule ou combat souvent sa hiérarchie bureaucratique. Mais cela, ne fait pas du personnage, un monument de subversion, tout juste une rebelle. La vraie force de Rita, c’est que, à l’instar des personnages comme Veronica Mars, Daria, ou Rush dans « True Detective » (Saison 1), elle possède des principes rigides dont elle est incapable de ce défaire, même pour son propre bien. Comme ces trois personnages, elle est sèche, directe voir blessante, mais particulièrement honnête et d’une dangereuse lucidité sur le monde.
En France, la série fut adaptée sous le titre de « Sam » pour la chaîne TF1, en 2016, avec en rôle titre, Mathilde Seigner. Après la diffusion des deux premiers épisodes, on peut dire que la série a grandement perdu en subversion entre la Danemark et la France.

Rita et l’équipe éducative du collège.

« Sam » nous présente les mêmes scènes de transgressions que « Rita » mais le personnage est devenu sirupeux, classique, ennuyeux. Elle fume à l’école, elle couche avec son supérieur , elle boit, comme dans la série d’origine, elle est libre. Mais durant deux épisodes de 42 minutes, il n’est jamais dit que c’est une anarchiste ou quels sont ses principes, car en réalité, dans cette version elle n’en n’a pas vraiment. En fait, les personnes en charge de l’adaptation de « Rita » n’ont pas compris la série qu’ils adaptaient. Car l’honnêteté et la lucidité violente de « Rita » était le principal moteur de la première série. Or, dans la version française, « Sam » n’a pas de principe. Elle est, par exemple, très directe avec ses enfants mais pas avec ses élèves, elle devrait l’être avec les deux comme dans la version d’origine.
Un autre exemple frappant est la comparaison entre les deux premiers épisodes : L’épisode 1 de « Rita » traite d’une élève qu’elle trouve « chiante » car trop scolaire et sans imagination ainsi que la mère de celle-ci, une névrosée qui harcèle les professeurs. Dans la version française, le problème des parents d’élèves n’est pas traiter. On traite d’une élève amoureuse de son professeur et de parents d’élèves homophobes. Que le problème existe, c’est un fait, mais il pouvait être traité avec le fils cadet de Sam, lui-même homosexuel, pourquoi faire disparaître la question de la présence parfois envahissante des parents dans l’éducation scolaire des enfants ?
Dans « Rita », comme dans « Sam » les parents passent pour des idiots ou des ordures. Mais dans le premier cas, c’est pour un comportement ordinaire chez les parents d’élèves, alors que dans le second cas, c’est un comportement beaucoup plus rare. Et si vous en doutez, posez la question aux enseignants…
Alors que « Rita » ressemble à la version pour adulte de Daria ou Veronica Mars, « Sam » ressemble d’avantage à la série française l’Instit ou à Joséphine, Ange Gardien. Les personnages ne sont ici, que des avatars du bon et du bien totalement désincarnés contre « les grands méchants pas si méchants » d’en face. Ils n’ont pas d’idéaux politiques ou philosophiques, pas d’objectifs, pas de caractères, ils sont juste gentils. Sam ce n’est rien de plus que ça, les clopes en plus.

Mathilde Seigner incarne un rôle qui n’en n’est pas un malgré ses efforts.

TF1 : La ménagère parfaite est une idiote ?
Pourquoi la série « Sam » est-elle devenue cette pâle copie de l’originale au lieu de s’adapter simplement au contexte français de l’école ? La question mérite d’être posée, d’autant que les personnes qui ne possèdent pas Netflix ne découvriront sûrement jamais la version originale.
La première raison est citée plus haut dans l’article, les personnes qui ont réalisé la transition entre « Rita » et « Sam » n’ont pas compris la série d’origine. Une chose assez gravissime si l’on considère que c’est leur métier. Il y a deux possibilités concernant ce ratage : c’est une erreur ou un manque de culture. Dans le premier cas, la série pourra être sauver dans les prochaines saisons, dans le second cas, il est inutile de diffuser un épisode de plus.
La deuxième raison est évidente pour les annonceurs comme pour les sérivores, c’est la ménagère, si cher à TF1. La ménagère est la « Famme » avec un grand F, selon les publicitaires, avec tous les clichés stupides que cela véhicule. Ce qui dérange le plus la chaîne d’ailleurs, ce n’est pas que Sam fume, mais son idéologie, car les scènes de clope en intérieur sont restées, pas les scènes explicatives ou démonstratives de son système de pensée. Il est, visiblement, hors de question de montrer une autre manière de voir le monde chez TF1. Cela pourrait déranger la ménagère, et donc les annonceurs. Surtout que dans la version originale « Rita » est très critique avec l’ensemble des institutions de manière plus ou moins visible, hors TF1, est une institution. C’est d’ailleurs pour cela que certains dialogues de Doctor House en version française sont modifiés. (Exemple : Drugs devient « drogue » et non « médicament », alors qu’on apprends en classe de quatrième que c’est un « faux-ami »)
Un dernier point d’échec est le jeu des adolescents « made in » télévision française. De la lamentable série SODA aux adolescents stupides de « Plus Belle La Vie » ou « Clem », on dirait uniquement des gamins capricieux, idiots, et stupides. Une vision bien loin des études sociologiques réalisées ces dernières années, et des mouvements de jeunes qui s’agitent à l’heure où j’écris ces lignes. Les enfants de  Sam, notamment, sont joués d’une manière médiocre et peu naturel. Heureusement que Mathilde Seigner et quelques autres, relèvent le niveau avec les rôles d’adultes.

En conclusion : « Sam », c’est un monument de médiocrité.
Je ne doute pas que Mathilde Seigner que j’aime plutôt bien, voulait un rôle classe et vraiment profond dans cette série, d’ailleurs son jeu d’acteur fait écho à la série d’origine. Malheureusement pour elle, la production a visiblement décidé de faire de la série un copicat de « Joséphine, Ange Gardien » avec des clopes et de la bière. Sam est une série médiocre de bout en bout car elle ne comprends pas son personnage principal et qui ne mérite même pas un coup d’œil. Foncez plutôt sur Netflix, voir la version originale qu’est « Rita », elle est également disponible en VF.
Décidément TF1, la fameuse première chaîne nationale française ne sera sûrement jamais capable de faire une série de qualité. A rechercher le consensus, la chaîne ne diffuse plus, actuellement que des séries comme Grey’s Anatomy ou Les Experts. On est bien loin des vrais succès qui sont souvent les mêmes que pour les critiques de séries : True Detective, Game Of Thrones, Sense8, Black Mirror. Mais peut-être le modèle de la chaîne de télévision est-il contraint au consensus pour ne pas mourir devant la fluidité et l’accessibilité des séries sur le net ? Ou peut-être les chaînes françaises sont-elles incapables de faire preuve d’imagination et d’audace ? Les questions sont ouvertes.

Actu | Culture | Jeu vidéo | 11.02.2016 - 14 h 59 | 0 COMMENTAIRES
Skyrim : Un bon jeu avec une écriture médiocre ?

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The Elder Scrolls est une série de jeu vidéo peu médiatisée si on la compare à « Grand Theft Auto », « Mass Effect » ou « Super Mario ». Le cinquième épisode, « The Elder Scrolls V : Skyrim », développé par Bethesda et sorti en 2011 est considéré comme un des jeux majeurs de ces dernières années. La liberté de mouvement via le monde ouvert n’est d’ailleurs pas pour rien dans le changement de style de Tomb Raider, Dragon Age et quelques autres licences. Retour sur un bon jeu avec un défaut un peu particulier : l’écriture.

The Elder Scrolls V : Skyrim est un action-RPG à la première personne, les néophytes pourraient d’ailleurs facilement le confondre avec un simple jeu de guerre. La série elle-même, suit l’histoire du monde de Tamriel et non l’histoire d’un héros. (ex : Tomb Raider suit les aventures de Lara Croft)
« Le jeu raconte l’histoire de l’Enfant de Dragon (Dragonborn) qui étant le seul mortel ayant une âme de dragon, est aussi le seul capable de faire face au retour des dragons qui ressuscitent partout dans la contrée de Bordeciel et de leur chef, le puissant Alduin dont le retour annonce la fin prochaine du monde. »

Skyrim : Un personnage gay, reptilien et sorcier, c’est possible.
Bethesda exploite pleinement dans Skyrim, ce qui fait le succès de la série des Elder Scrolls : la liberté du joueur. Vous avez, pour débuter, le choix entre un grand nombre de race, de l’homme-chat au reptilien, de l’elfe des bois à l’orque en passant par l’humain standard. Ensuite en matière de compétences à développer, le jeu vous donne une grande liberté également, car il ne vous limite pas à une classe particulière comme le font beaucoup de RPG en proposant uniquement : Sorcier, Voleur, Guerrier. Vous avez ici le choix entre ces trois grands ensembles mais vous êtes

Ceci est une situation standard.

libre de naviguez entre ces différentes catégories pour développer un voleur utilisant des sorts par exemple.
Pour les joueurs et joueuses homosexuel(le)s, si les relations sont peu développées, vous aurez au moins loisir de faire un beau mariage. Et oui, Skyrim était en avance sur la loi Taubira ! Le seul reproche du côté du genre, est l’absence de personnage transgenre, même si quelques « mods » et des vetements bien choisis peuvent régler le problème pour votre héros.
Je parle de « mods » mais développons un peu. Les mods sont des fichiers qui modifient le jeu. L’aspect, les quêtes, les chansons et tous les aspects du jeu peuvent être modifier par celui qui s’y connait un peu. Les autres peuvent télécharger ces fichiers gratuitement sur les sites dédiés. Cette démarche de Bethesda est intelligente dans la mesure où le jeu se réclame d’une totale liberté, la manipulation des fichiers du jeu doit être libre elle aussi. C’est aussi grâce à ces mods qu’on se retrouve avec un Skyrim de 2011 modé, plus beau que Fallout 4 du même éditeur et disponible depuis 2015, et que l’éditeur ne fait guère d’effort pour corriger les bugs du jeu estimant que la communauté s’en occupera.
Skyrim n’est pas un jeu qui s’apprécie de la même façon qu’un Call of Duty ou un Mass Effect. Dans Skyrim, l’histoire centrale est un prétexte à l’exploration d’un monde. Votre but n’est pas de suivre le scénario mais de découvrir un univers et de vivre vos propres aventures, écrire votre propre histoire. Peut-être au coin d’une rue trouverez-vous un cadavre dont tout le monde ignore l’origine ? Peut-être découvrirez-vous une épave tout au fond d’une mer agitée ? Vous pourriez même aider une déesse pour devenir son champion ? Les possibilités sont multiples et les quêtes nombreuses.

N.B : Le seule véritable défaut de gameplay est l’inventaire pour les joueurs PC.

Les gardes, générateur de blague.

En Bordeciel, les personnes sont chiantes…
Durant votre périple, vous allez faire la rencontre de nombreux soldats, paysans, sorciers, voyageurs. Et rapidement, ils deviendront encombrants et ennuyeux. L’exemple des gardes des différentes villes est assez parlant. Ils sont très nombreux dans le jeu, par conséquent, les lignes de dialogues seront rapidement épuisées. Le mème internet « Avant, j’étais aventurier et puis, j’ai pris une flèche dans le genou » est symptomatique du problème. Dans la mesure où ces soldats sont des personnages génériques ce n’est pas un problème. Malheureusement le problème viendra rapidement avec les autres personnages plus importants.
Malgré des efforts pour mettre les dialogues en lien avec la vie de votre personnage, certaines personnages s’adressent à vous d’une manière incohérente. Dans la ville de « Blancherive » même si vous êtes un compagnon, c’est-à-dire, un mercenaire, un homme dans la rue vous demandera si vous voulez devenir mercenaire. De plus, les personnages vous parlent de manière systématique quand vous approchez d’eux, ce qui casse l’immersion, d’autant que même les PNJ qui ne propose pas de quêtes agissent ainsi.
Les dialogues ne donne déjà pas envie de mettre de l’enjeu mais en plus la localisation française est catastrophique. Les personnages ont souvent l’air mort à l’intérieur tellement les voix sont monocordes et lasses.
Assez ironiquement, on se retrouve dans Skyrim, à préférer les phases où nous sommes seuls, la présence de PNJ cassant l’immersion plutôt que de la renforcer. Par suite, on découvre un problème inhérent aux sagas comme The Elder Scrolls ou Fallout, les personnages non-jouables, qui doivent créer de l’empathie pour mettre de l’enjeu dans les quêtes échouent lamentablement. On se retrouve à combattre des ennemis pour le plaisir du combat et la joie de trouver des objets de valeur dans les donjons plutôt que pour résoudre les quêtes et améliorer le monde de Tamriel. Dans un jeu de rôle papier, quand les joueurs n’ont d’intérêt que pour les combats et les trésors, c’est le signe que le maître du jeu, celui qui dirige la partie, n’est pas bon.

Une quête principale prétexte…

Skyrim avec un mod graphique.

Les quêtes principales sont souvent des prétextes dans les jeux vidéo. C’est le cas dans des jeux comme Doom, Serious Sam et Diddy Kong Racing, et c’est normal. Dans le jeu vidéo, c’est le gameplay qui est important. Mais pour le cas des RPG, dont Skyrim, le cas est plus complexe. Pour illustrer la problématique, on pourrait étudier deux jeux de société : le jeu de rôle papier « L’appel De Cthulhu » et le Monopoly. Le premier s’appuie autant sur la mécanique que sur le scénario, alors que le Monopoly ne s’appuie que sur ces mécaniques et ne raconte rien.
Ici la quête principale/prétexte est donc un problème. S’ajoute à cela des personnages qui sont aussi mauvais que ceux du reste du jeu alors que c’est le cœur de celui-ci. L’exemple de Delphine est parlant. Elle est présentée comme une femme forte, une espionne redoutable et une fugitive. La plupart des joueurs considère à la fin du jeu que c’est une génocidaire raciste et autoritaire. Et les autres personnages de cette quête, amis comme ennemis seront logés à la même enseigne. Vous ferez la rencontre : d’un mage hautain, d’un érudit paranoïaque, d’elfes comploteurs, d’un sage dément et d’ermites qui préfère vivre en paria plutôt que d’apaiser les tensions du pays.
Au final, les quelques dragons que vous croiserez seront plus sympathiques que les races soi-disant alliés de votre personnage. Ce qui est un problème quand votre devoir est de combattre le roi des dragons. La quête principale devient donc vite une gageure. La plupart de mes amis possédant le jeu n’ont d’ailleurs jamais achevé cette quête. Devant ce problème d’écriture de dialogue, et de personnages, comment s’étonner que l’un des premiers mods disponibles sur le jeu soit celui qui permet de tuer des enfants et des PNJ normalement immortel ?

Conclusion – Une écriture médiocre pour des quêtes souvent moyennes.
Au final, c’est quoi mon problème avec Skyrim ? Le jeu est fun, sympathique et plutôt beau. Mais si c’était suffisant alors Minecraft avec quelques améliorations graphiques serait le meilleur jeu du monde, alors que clairement, ce n’est pas le cas. En fait, Skyrim souffre d’un problème d’équilibre. La carte est immense et les PNJ sont nombreux mais tous aussi mauvais les uns que les autres. En réduisant le nombre de PNJ, et donc la carte (pour éviter le sentiment de vide), le développement aurait permis de se concentrer un peu plus sur l’écriture. Le jeu est-il trop long finalement ? Peut-être, les quêtes générées de manières aléatoires sont notamment, vites ennuyeuses et superflues, et elles se transforment vite en quêtes « FedEx » (livraison d’un objet à un PNJ). Il est admis d’ailleurs, dans la presse spécialisée que les jeux vidéos sont aujourd’hui trop longs. C’est notamment le cas pour les joueurs qui autrefois adolescents, sont aujourd’hui trentenaires et ont une vie active qui ne permet pas de perdre du temps sur des jeux aussi chronophages que Skyrim.
Pourtant Skyrim a pour lui de ne gonfle pas de manière artificielle sa durée de vie comme Dragon Age : Inqusition ou Assassin’s Creed : Unity. La plupart des quêtes sont vraiment scénarisées, mais le jeu de rôle disparaît rapidement, car l’interaction avec les PNJ est ennuyeuse et mal fichue, là où dans un JDR papier, le dialogue est le fondement du jeu. Un temps de développement plus long ou un budget plus conséquent afin de créer de meilleurs et plus nombreux dialogues seraient sans doute un progrès.

P.s : Cela ne veut pas dire que Skyrim est un mauvais jeu. C’est un jeu qui possède des défauts qu’il faut pointé du doigt pour éviter de les reproduire. 

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