La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

Angry-Gaymer
Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Associatif | Culture | Politique | 21.04.2016 - 19 h 39 | 0 COMMENTAIRES
La logique du « Lobby LGBT »

Étiquettes : , , , , , , , , , , ,

C’est un argument entendu de nombreuses fois dans les thèses de droite et d’extrême-droite, il y aurait un lobby* LGBT+. Certains incultes comme Philippe Arino ou Béatrice Bourges nous font régulièrement l’article à propos d’une colonisation idéologique par les « LGBT ». Il est temps de déconstruire cet argumentaire aussi stupide que simplet.

Le « Lobby Gay » : C’est quoi ?
Le terme provient d’une théorie du complot qui émerge au milieu du XXème siècle selon laquelle les homosexuels tenteraient de volontairement détruire « l’ordre moral traditionnel » qu’on appelle aussi modèle capitaliste et patriarcal. Il fut utilisé par certains journalistes et essayistes pour dénoncer un trusting des homosexuels dans les métiers de l’art et de la culture. En 1967, on pouvait ainsi entendre de la part du directeur du magazine Playboy les mots suivants: « les cabots du monde de la culture rendent plus que jamais hommage aux pédés. »
Cette idée de complot évolue jusqu’en 2002, ou Michael Ovitz accuse le « lobby gay » d’être responsable de l’échec d’un interview du magazine Vanity Fair. L’argument fait bien entendu recette, à partir de 2012, en France, avec la mise en chantier de la loi Taubira sur le « Mariage Pour Tous », bien que l’extrême-droite en faisait déjà la promotion auparavant,  dans la sacro-sainte tradition du « lobby juif ».
Les défenseurs de la théorie de la « mafia rose », sont généralement des personnes de droite, d’extrême-droite, ou des nazillons notoires . On y trouve, bien entendu : Béatrice Bourges, Philippe Arino, Jérôme Bourbon, Alain Soral, Christian Vanneste et quelques autres noms sympathiques du même acabit.

ArinoVanneste

 

« Communauté » & « Lobby » : Les arguments de l’Ignorance.
L’argument du « lobbying LGBT » perdurera encore longtemps dans la société car il est constitué de la plus pure ignorance. Il faut dire que de l’extérieur  des communautés (LGBT+ ou autres), elles peuvent paraître encore très closes. Malgré la gentrification et une plus grande liberté sexuelle, nous avons, par exemple, encore nos quartiers gais, nos bars lesbiens, nos sites de rencontre bis, nos associations transgenres, et même notre Histoire avec nos héros. Les hétérosexuels sont souvent bien accueillis, dans le milieu LGBT+, mais néanmoins, contrairement au reste de la société, dans notre communauté, et c’est sa définition première, les gais et lesbiennes sont la norme. On peut dire deux choses de ce retournement de norme :

♠ – La première, et la moins plaisante à constater, est que les gais et lesbiennes étant la norme, les autres ne sont donc, évidemment, pas la norme. La conséquence est un ensemble de discrimination qu’on retrouve au sein même de la communauté LGBT+ envers les bisexuels, les asexuels, les transgenres, etc. Exemple : Certains ne « savent pas ce qu’ils veulent », d’autres sont « justes des frigides », etc.

♠ – La seconde est plus facile à comprendre. Notre communauté engendre une violence sociale à l’encontre des hétérosexuels lorsqu’ils l’observent ou la fréquentent. Il ne faut pas voir en cela, un reproche ou un jugement négatif, la vie est faite de rapport de force, et la violence est intrinsèque à la nature. C’est un simple constat, dont il faut néanmoins prendre sa part.

Les hommes hétérosexuels cisgenrés et blancs n’ont pas l’habitude d’être des parias. Ils vivent, pas conséquent, encore plus mal la violence sociale au regard d’une communauté qui n’admet pas leur sexualité comme une norme. Ils sont, en somme, plus fragiles que nous autres, qui vivons dans une société hétéro-normée tous les jours. Il n’est, dès lors, pas étonnant que les chantres de la théorie du « communautarisme LGBT » soit généralement des hommes blancs hétérosexuels (exemple : Christian Vanneste, Alain Soral, Jérôme Bourbon, Jean-Marie Le Pen, Aymeric Chauprade, Henry de Lesquen, etc…). Pourtant, ils pratiquent eux-mêmes, souvent, le communautarisme, mais celui-ci est plus subtile.
L’exemple frappant d’un communautarisme qui ne dit pas son nom, des dominants dans l’ordre social, c’est l’exemple du 16ème arrondissement. La manifestation de violence à l’égard de l’installation d’un refuge de SDF est l’incarnation tangible d’un entre-soi sectaire et profondément violent, institutionnaliser sous le titre de « marché de l’immobilier ». C’est le sujet d’étude des sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon. Un communautarisme que les médias se gardent, généralement, bien de dénoncer, surtout à l’extrême-droite qui n’apprécie guère l’autocritique.

« Lobbying LGBT » : La sociologie pour les nuls.
Pour toutes les personnes ayant déjà ouvert un livre de Bourdieu, de Foucault, ou simplement un livre de sociologie, l’argument du « lobby gay » doit apparaître comme une absurdité complète. En sociologie, on découvre rapidement que le libre-arbitre des individus n’est qu’une illusion et que les « complots » sont plus souvent la conséquence de phénomènes sociaux inconscients ou parfois conscient mais contre lesquelles on ne peut rien individuellement.
Nous sommes sociologiquement attirés par nos pairs, les statistiques des mariages par classe sociale, le démontre. Généralement, les riches préfèrent les riches. Les blancs préfèrent les blancs. Les homos préfèrent les homos. On voit dans cet autre qui nous ressemble, un allié, un ami, une personne qui nous comprends. Dès lors, cela explique pourquoi il y a beaucoup d’homosexuels au Front National. Ils se connaissent entre-eux et se fréquentent. Il n’est pas, pour eux, question de faire du parti « Front National » une succursale de « SOS Homophobie », mais plutôt, d’être entre personnes qui se ressemblent et se comprennent. Il n’est pas, non plus, question de choix conscients, mais de réflexes, de phénomènes inconscients et involontaires.
La lutte contre le communautarisme du FN ressemble finalement à une vaste blague, une arnaque intellectuelle de première catégorie. En premier lieu car le FN est un lieu où les effets du « communautarisme » se font ressentir comme partout ailleurs. Mais surtout, et en second lieu, le FN s’indigne contre l’entre-soi des ghettos mais encourage celui du ghotta, oubliant que le premier et la conséquence du second.

  1. Le centre est un centre pour SDF, l’information avait été confirmé avant que Philippot ne déclare ceci.
  2. Migrants ou pas, pourquoi les plus riches s’épargneraient de soutenir les migrants quand tous les autres le font ?

 

Le lobby gay contrôle surement Barcelone !

Conclusion : Le lobby gay n’existe pas.
Pour remettre en cause cette analyse primitive et enfantine de l’existence d’un lobby gay, il faut arrêter avec l’analyse cartésienne et naïvement libérale (qui est scientifiquement fausse au passage) qui veut que l’Homme soit libre d’arbitre et entièrement conscient de ses actes et de ses volitions. Non, l’Homme n’est pas libre, et il agit selon ses passions, ses humeurs et même la raison, fruit d’éducation et de sociabilisation, est un déterminisme. L’Homme trouve, de manière primitives, des alliés dans ceux qui lui ressemblent.
Croire que les lobbys communautaires existent, c’est avoir une profonde ignorance des mécaniques sociales et scientifiques qui lient les individus les uns aux autres. Il n’est pas étonnant d’ailleurs que les thèses de « lobbying sexuel ou ethnique » comme le « lobby juif » ou le « lobby gay » trouve leur essence à droite plutôt qu’à gauche. C’est dans cette droite qu’on trouve les plus libéraux et aussi les plus conservateurs de nos politiciens, journalistes et essayistes. Pour eux, tous les actes sont le fruit de la volonté propre de chaque individu. Vous allez dans une association LGBT+ car vous voulez faire des rencontres ? Alors pour eux, vous avez la volonté de détruire le patriarcat, et ceci sans la moindre transition. Voilà toute l’intelligence de cette théorie qui ne s’appuie que sur des analyses usées, ineptes et des concepts fumeux. Les sciences dures et les sciences molles disent que les complots n’existent pas.

*Il est ici question de lobbying et de complot communautaire et social. Le lobbying financier et les complots d’Etat, par exemple, ne répondent pas uniquement aux logiques standards d’un groupe social comme le fait une minorité instituée en communauté.

Actu | conso | Culture | Jeu vidéo | 09.02.2016 - 16 h 41 | 2 COMMENTAIRES
“Le jeu vidéo est un loisir violent” – Le monde (de la médiocrité)

Étiquettes : , , , , , , , , , , , , ,

Depuis l’affaire Merah, en 2012, et la sortie totalement hallucinée et d’une complète ignorance de Natacha Polony sur le jeu vidéo, je pensais que les médias traditionnels avaient acquis quelques compréhensions sur le sujet, qu’ils avaient appris qu’il valait mieux  contacter des experts plutôt que des journalistes classiques, totalement ignorants à ce propos. Pourtant “Le Monde”, ex-journal de référence, publiait en décembre, une tribune d’une journaliste, Nadia Khouri-Dagher qui fustigeait le jeu vidéo avec une indigence crasse. Aujourd’hui on revient sur cet article, et sur l’idiotie d’une tribune totalement aberrante intellectuellement.

Nadia Khouri-Dagher : Le journalisme de la médiocrité
Dans cette tribune du 22 décembre 2015, Madame Khouri-Dagher raconte sa « découverte » des jeux vidéo dans l’ancienne chambre de son fils. Dans un premier temps, c’est au travers des jaquettes des jeux qu’elle analyse la violence. Elle nous raconte que sur la couverture de “Metal Gear Solid 2”, elle trouve “un homme effrayant” avec une arme à la main. Elle s’attache ensuite aux punchlines du service marketing, au dos du jeu, tel que : “les gros flingues peuvent régler certains problèmes”.

Mathieu Triclot est un philosophe français, spécialisé dans l’épistémologie et l’histoire des sciences et des techniques.

L’analyse s’arrêtera là, notre journaliste n’approchera pas de la console et n’essayera aucun des jeux pour voir s’ils sont réellement violents. Tout au long de la tribune, elle analyse les films et les livres selon les couvertures, une analyse très en surface dirons-nous. Si Nadia Khouri Dagher avait joué au fameux “Métal Gear Solid 2” elle aurait découvert un jeu qui condamne fermement les actes de guerre avec une bande son magnifique et un vrai propos qui ne privilégie pas vraiment l’usage des armes mais l’infiltration.
Mettons-nous d’accord maintenant : la question de la violence dans le jeu vidéo est une question totalement légitime. Mais la proposition d’une tribune sans fond est d’une scandaleuse stupidité. Pourquoi, par exemple, ne pas avoir faire l’interview de spécialistes du sujet ? Mathieu Triclot, par exemple, auteur de “Philosophie des Jeux Vidéo”, ou même Vanessa Lalo, psychologue, spécialisée dans l’addiction aux jeux vidéo, autant de figures méconnues mais qui peuvent fournir une véritable analyse sur le sujet.
Le point de vue de Nadia Khouri-Dagher eut été justifié si elle avait, au moins, pris le temps de s’asseoir sur le canapé, de brancher la console, et d’essayer. Mais cet effort n’est pas à l’ordre du jour, ni chez elle, ni chez Natacha Polony, ni chez David Pujadas et ses « reporters ». Ces journalistes qui parlent de tout, tout le temps, n’ont toujours pas compris, après 40 ans d’existence du médium vidéo-ludique, que celui-ci est interactif, et que pour tout en comprendre, il faut interagir avec l’objet.

diiferenc

Un jeu est pacifiste, l’autre non. Maintenant devinez !

La violence dans les jeux vidéo ? – Une question légitime et difficile.
En dehors de la médiocrité de la tribune, la question posée reste, comme je le disais, légitime. Les jeux vidéo rendent-ils violent ? En fait, la question ainsi posée est une impasse. Les Sims, Candy Crush, Super Mario sont des jeux vidéo, pourtant en dehors de détruire des bonbons ou de sauter sur des tortues, la violence n’est pas leur caractéristique principale. (On notera au passage, que les parents du garçon dans cette tribune ne se soucient guère de la consommation culturel de l’enfant pour ne lui avoir offert que des jeux vidéo “violents”  alors que les boites ont des avertissements.)
La vraie question serait donc plutôt : “les jeux d’action rendent-ils violent ?” car en dernier lieu, c’est sous cette catégorisation (médiocre) qu’on retrouve les jeux de guerre, les jeux de combats et les jeux en monde ouvert comme GTA.
Pour faire la différence entre un jeu dit violent (ou plutôt un jeu qui encourage la violence) et un jeu non-violent, ce n’est pas vers les cinématiques, ou vers les jaquettes de jeu, mais vers la mécanique du jeu, ce que les experts nomment aussi “la grammaire vidéo-ludique” qu’il faut regarder. Prenons deux exemples simples : “Spec Ops : The Line” et “Call Of Duty : Moderne Warfare”. Le premier est à la troisième personne et le second à la première personne, en dehors de ça, les jeux sont relativement semblables en apparence. Les deux jeux notamment, vous donneront la liberté de tirer sur tous vos ennemis. La différence, c’est que dans “Spec Ops”, plus vous jouerez du revolver et du couteau et plus le jeu vous sanctionnera. Pourtant, les deux jeux se situent en zone de guerre et les deux jeux ont des jacquettes qui mettent en avant des armes. Nadia Khouri-Dagher ne ferait donc pas la différence même si on lui présenter un jeu pacifiste.
Autre exemple : Grand Theft Auto est-il un jeu violent ? En fait, pas vraiment : si vous êtes violent dans la rue dans GTA, les policiers seront là pour vous mettre quelques balles bien logées et sanctionneront vos abus. Plus vous serez violents, plus vous serez violentés par les forces de l’ordre. Dans le dernier niveau de recherche, il est d’ailleurs quasi-impossible de survivre.
Enfin, entre les jeux qui encouragent la violence comme Call Of Duty, et les jeux qui rendent vraiment violent, il y a un monde. Car en réalité, les études sont peu fiables en matière de jeu vidéo. Les premières études, notamment sociologiques sérieuses n’apparaissent que depuis quelques années. La seule chose que les études montrent véritablement, c’est que les jeux d’actions augmentent la rapidité des réflexes et la capacité de voir certains détails. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les Etats-Unis encouragent leurs soldats à jouer.
Si Nadia Kouri-Dagher veut s’orienter vers la question des loisirs et de la violence physique qu’elle se tourne plutôt vers les sportifs que les joueurs. Les supporters de football sont plus souvent sujets aux accès de violence que les joueurs et on retrouve plus souvent des émeutes au Parc des Princes qu’à la Japan Expo.

Et la violence sociale et symbolique dans tout ça ? – Un vrai sujet
Je peux comprendre que Nadia Kouri-Dagher s’interroge sur le lien entre violence et jeu vidéo. Pourtant, il serait bon parfois d’ouvrir un livre de sociologie, la violence n’est pas que physique, elle possède de multiples formes. Dans cette tribune, les questions de violences sexistes, homophobes, symboliques et leurs représentations ou transferts dans le médium vidéo-ludique ne sont pas abordées. On ne parle que de la violence physique et de la peur des attentats à la suite de ceux du 13 Novembre. Un contenu facile par les temps qui cours pour faire du clic sans faire du fond. On aurait par exemple, pu attendre d’un journal prétendument de référence, une tribune de Mar_Lard, auteur d’un dossier sur le sexisme dans le jeu vidéo, mais non, les journalistes parlent aux journalistes.

Une conclusion violente, élitiste et insultante – En finir avec l’intelligence…
Je vous livre directement, ici, la conclusion de l’article. Après un paragraphe sur la violence des films, puis sur la violence des romans policiers, voilà à quoi les lecteurs du journal Le Monde auront droits :

Ceci est un jeu non-violent.

“D’un côté, on évoque les puissances du mal comme l’antithèse de celles du bien. De l’autre, ici en Occident, on invite les gens – et les jeunes en particulier, utilisateurs de ces jeux – à s’identifier avec des êtres maléfiques, criminels et gangsters. Et faire le mal – tuer – devient purement gratuit : un jeu.
« Mais ça n’est qu’un jeu… » : j’entends d’ici les ripostes. Oui mais les jeux ne sont jamais innocents, et certains, comme ceux-ci, devraient être des jeux interdits. Il y a quelques années, parmi les politiques, seule Ségolène Royal, peut-être parce qu’elle était mère de nombreux enfants, avait osé s’opposer à la violence à la télévision. On lui avait ri au nez…
A la bibliothèque Sainte-Geneviève où je travaille aujourd’hui, face à la Sorbonne, entourée des bustes des plus grands penseurs français, Racine, Corneille, Fénelon, Descartes, Montaigne, Pascal, et autres, je me demande s’ils auraient approuvé ces jeux vidéo et ces films d’une violence inouïe, s’ils y auraient vu la suite logique d’une civilisation occidentale qu’ils ont contribué à façonner. Ou plutôt n’y auraient-ils pas vu, comme moi, la marque d’une société qui valorise la barbarie au lieu d’élever les esprits. Et n’auraient-ils pas été, comme moi aujourd’hui, fous d’impuissance et de rage… Tiens, Voltaire semble me faire un clin d’œil complice, aujourd’hui, du haut de son buste de pierre.”

Depuis les attentats du 13 Novembre, on dirait que le sacré n’est pas que chez Daech… Les journalistes et les politiques aussi font dans le vocabulaire religieux, Usul le montrait dans sa dernière vidéo, nous en avons encore ici une démonstration: ”Puissances du mal”,”bien”,”êtres maléfiques”,”faire le mal”,”purement”. La messe est dite : “Autrefois, nous brûlions les livres, désormais nous brûlerons les jeux.” D’ailleurs Nadia Khouri-Dagher peut-être fière d’elle, elle tient désormais les mêmes positions que les catholiques radicaux ou que les associations de droite dure comme “Famille de France”.

Oui, les livres sur le jeu vidéo, ça existe.

Je passerais sur le fait qu’elle considère Ségolène Royal comme une femme de raison, alors que Pierre Bourdieu l’a considéré comme l’exemple même de la non-politique et de la reproduction sociale classique. De même, j’ignorerais volontairement le sexisme subtile qui dit que seul une mère avec de nombreux enfants sait ce qui est bon pour nos têtes blondes…
C’est en fait, la fin et les références à de grands noms de la philosophie et de la littérature qui m’interrogent. Voltaire qui fait un clin d’oeil à l’auteur aurait-il soutenu ces jeux vidéos ? Personnellement, je l’ignore. Mais celui qui écrit « Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir. » (Essais sur les mœurs et l’esprit des nations) peut sans doute souscrire à quelques jeux vidéo qui sont assez inoffensif. Quand à Descartes, il faut vraiment n’avoir lu que lui pour penser qu’il est l’auteur de l’alpha et de l’oméga de la philosophie comme semble le croire la moitié des essayistes français de ces dernières années. Faire référence à de grands noms en faisant du name droping de façon incantatoire relève d’un processus psychologique qu’il faudrait analyser, à moins que ce ne soit, finalement pour donner de la contenance à une tribune inutile. Peut-être Nadia Khouri-Dagher aurait-elle dû lire des livres sur le jeu vidéo avant d’écrire, elle-même, un texte sur le sujet, comme je n’irais pas parler de Spinoza sans avoir lu l’Ethique…

Actu | conso | Culture | 29.11.2013 - 16 h 35 | 9 COMMENTAIRES
Streaming : Une justice qui lutte contre le peuple.

Étiquettes : , , , , , , , , , , ,

Voilà bien ce que je m’attendais à voir avant longtemps. Le libre accès aux films et séries est une nouvelle fois attaquée. Pour moi comme pour d’autres, ce ne sera pas un problème, mais la décision, elle… La justice ne fait qu’appliquer des règles de droit, c’est un fait, mais après la menace ACTA, l’insupportable Hadopi, le législateur (entendez par là, les députés corrompus par le lobbying médiatique et culturel) devrait peut-être réapprendre à ce soucier de ce cadavre démocratique qu’on appelait avant Malraux, le Peuple.

 

Bien que je ne crois pas à l’égalité des chances à l’école, j’ai toujours compris que les gens de droite, dans leur système de pensée soit pour. En effet, chacun est autonome et peu, s’il en à la volonté, réussir. Néanmoins… Bourdieu, l’égalité des chances fonctionnerait si les élèves étaient égaux à la base, ce qui n’est bien entendu pas le cas. L’école n’est pas plus égalitaire à son époque qu’à la notre, les chiffres le montre. De plus la culture bourgeoise est aujourd’hui encore érigée en pinacle du bon goût alors que des gens comme Cèline en font par exemple partie, ce qui n’a rien d’enviable. Les gens issues de milieu populaire n’ont donc pas un niveau culturel égal aux riches. Alors ?

Alors Internet arrive, et pour moi, comme beaucoup d’autres, il fut salutaire. Sans détruire l’inégalité culturelle entre le riche et le jeune homme issue de classe populaire que j’étais, celle-ci est considérablement réduite. Pourquoi ? Parce que j’ai pu voir Dune de David Lynch, j’ai pu découvrir toute la filmographie de Pasolini et de Visconti, des choses qu’on ne voit jamais sur les chaînes généralistes. Internet c’est aussi un lieu de détail, on construit sa culture en allant chercher des trucs que personnes dans son entourage ne connaît. Vous saviez par exemple qu’il y avait un nanard qui s’appellait « Sand Shark » moi oui, et je l’ai vu en plus…

On me répondra le droit d’auteur mais la question ne se pose pas vraiment, les artistes gagnent moins, mais gagnent toujours de quoi vivre, et ceux sont les grosses productions qui s’enrichissaient trop qui aujourd’hui gagnent beaucoup moins. Rappelons que le cinéma des années 70 était un cinéma avec des budgets moyens et c’est pourtant de là que viennent les plus grands chefs d’œuvres. Alors est-il normal qu’un artiste gagne plus qu’un ouvrier ? Je répondrais que non, et qu’un artiste soit connu mais pas riche pour autant est un bien-fait cela aura au moins l’avantage de recréer de l’empathie envers une classe populaire oubliée et insultée dans les journaux de Pujadas.

 

(Il s’agit pour le moment d’une suppression du référencement et non d’une fermeture définitive des sites.)

 

Publicité