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Actu | BD/Dessins | Culture | Série | 02.02.2017 - 23 h 25 | 0 COMMENTAIRES
« Yuri!!! On Ice » : L’événement Japonais

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Il est rare que les séries animées japonaises mettant en scène un couple d’hommes remporte un succès aussi grand que « Yuri !!! On Ice », surtout auprès du public occidental. Et pourtant, Yuri On Ice est la série japonaise événement de l’Automne 2016. Je vous propose aujourd’hui, de découvrir les raisons du succès de cette série.

Le Synopsis : Influencer & Assumer
Notre histoire commence à la fin du championnat mondial de patinage artistique, où Yuri Katsuki, notre héros, fait une très mauvaise performance après une année déjà médiocre. Il rentre alors chez lui, après cinq ans d’absence, pour reprendre une vie normale, loin des compétitions et des rivalités. Alors qu’il se détend, en reprenant la chorégraphie de Victor Nikiforov, le champion du monde, on fait discrètement une vidéo de sa chorégraphie qui fait rapidement le buzz sur Twitter. Victor qui n’arrive plus à surprendre son public par ses créations, décide, en voyant la vidéo, de prendre Yuri sous son aile, pour le prochain Grand Prix. Mais Victor avait déjà fait une promesse à Yuri Pislesky, le champion junior de Russie, de réaliser pour lui, une chorégraphie.
Le synopsis contient les bases classiques des séries d’animations sportives, et, à de nombreux égards, elle est dans la droite lignée d’Olive & Tom, Eyeshield 21, mais avant tout de Jeanne & Serge. Dans Yuri On Ice, on retrouve, par exemple, les compétitions, les rivalités, et surtout le commentateur présent peu importe la taille de la compétition. Mais le petit plus dans « Yuri On Ice », c’est la relation nouée, entre Victor et Yuri durant les 8 mois qu’ils passeront ensemble. Au fil des épisodes, Yuri passe d’une admiration enfantine pour un Victor glorifié, a un amour sincère pour son entraîneur et ami. Victor, lui, bien plus insouciant, apprendra malgré tout de nombreuses choses sur lui-même auprès du jeune patineur.
Comme nous l’avons dit, l’auteure s’inspire clairement de la tradition du manga sportif mais pas seulement. Le « Yaoi » ou « Shonen-ai » (ou BL) , c’est-à-dire, le manga représentant un couple homosexuel masculin à destination des jeunes filles, est aussi très présent dans la série. Dans Yuri On Ice, les deux genres sont présents de manière assumée et forme une alliance plutôt élégante. Par exemple, aux déclarations niaises très présentes dans le BL, la série préfère que les personnages expriment leur sentiment à travers une performance sportive. Il y a d’ailleurs beaucoup de pudeur dans la monstration de la relation entre Yuri et Victor.  Mais d’après l’équipe de réalisation, c’était avant tout par peur de la censure. En effet les séries animées BL sont généralement diffusées à 2h du matin au Japon. Cette absence de prise de risque à d’ailleurs était qualifiée de « queerbaiting » par de nombreux internautes. Une méthode utilisée pour créer de l’émulation en utilisant l’homo-érotisme, c’était notamment un reproche très présent pour la série « Free! »

Le Graphisme : Investir dans le patinage.
Le graphisme est subtile et sublime, ce qui colle à l’ambiance gracieux et élégant du patinage artistique. De plus, cela permet de mieux mettre en avant l’évolution de Yuri, qui devient de plus en plus beau à chaque épisode. Mais cette subtilité est surtout visible lors des scènes chorégraphiées, car le budget semble y avoir été englouti pour la majorité. Ce qui les rend magnifiques mais n’empêche pas, parfois, un léger manque de fluidité. Heureusement, l’alternance des plans permet d’éviter la lassitude mais qui va rapidement revenir sous une autre forme.
Bien que les chorégraphies soient réellement sublimes, voir les personnages réaliser la même prestation sur les différents concours peut devenir lassant. Sur 12 épisodes, on peut voir quatre fois le même programme de la part de Yuri. On apprécierait de le voir faire d’autres performances, pour se détendre par exemple…
En dehors de ces scènes qui, rappelons-le, sont techniquement abouties, il y a les dialogues qui sont plus rigides et  moins vivants. Des décors fixes ou vides, des corps ou des visages parfois sans mouvement, une habitude dans l’animation japonaise mais qui ne rends pas hommage aux relations entre les personnages que tissent pourtant très bien, la réalisatrice Sayo Yamamoto, tout au long de son histoire.
Considérant que Sayo Yamamoto est une grande dame de l’animation japonaise, on ne doute pas que ces problèmes sont des questions d’ordre budgétaire et non des questions de talent pur. Avec le succès de Yuri On Ice, il ne fait aucun doute que la seconde saison aura un meilleur budget et que Saya Yamamoto démontrera alors son immense talent.

Les Musiques : Répétition & Qualité
Graphisme beau mais parfois lent et répétitif, les musiques accompagnent les chorégraphies et les critiques de celles-ci. A l’instar des séquences de patinage, elles sont sublimes, parfois lentes, et souvent répétitives. Heureusement pour la série, ce défaut est rattrapé par la diversité des mélodies : Flamenco, Pop-Rock, Classique et Opéra sont au rendez-vous. Mais la musique qui restera en tête de tous les spectateurs, c’est « History Maker », le générique de la série. Un générique plutôt lent, pour un anime japonais mais qui annonce dès les premières minutes que nous sortons des œuvres ordinaires.
Et le thème principale de la série, celui qui donne son titre à la série, « Yuri On Ice » ? Cette mélopée décrivant, note après note, l’amour de Yuri pour son entraîneur, ses proches et sa famille, (mais surtout son entraîneur) évoque t-il vraiment l’amour ? Je ne suis pas assez mélomane pour le dire, en revanche il m’évoque beaucoup plus un rêve bleu qu’une certaine chanson d’Aladdin. Et l’évocation, c’est tout ce que je demande à la musique…

Une Histoire d’Amour ou Une Histoire de Commerce ?
Sur de nombreux blogs, des personnes s’interrogent sur la représentation que la série donne des relations homosexuelles. Est-ce réaliste ? Est-ce un fantasme pour jeunes filles ? J’imagine que la réponse est entre les deux. La relation entre Yuri et Victor est beaucoup plus respectueuse, sincère et belle que dans de nombreuses autres œuvres du genre, c’est un fait. Mais pour un occidental comme moi, le fait de ne pas mettre en avant, les baisers et les signes d’affection est un peu dérangeant.
Mais il y a une chose qu’on analyse trop peu souvent : les relations entre les membres d’une communauté sportive. Pour avoir fait de nombreuses compétitions de natation, rares sont les séries d’animation japonaises qui décrivent aussi bien la communauté sportive. Dans la vie réelle, il y a rarement des histoires de réelles rivalités entre les différents sportifs, et bien plus souvent des amitiés sincères. Les entraîneurs ne sont pas des « bons copains », comme dans Free ! ou des « tyrans » comme dans Jeanne et Serge, mais bien plus souvent des personnes prodiguant des conseils et des critiques de manière neutre comme le personnage de Yakov, par exemple.

Alors non, Yuri on Ice n’est pas parfait, et souffre de quelques lacunes. Mais, malgré tout, le résultat est très bon, et on sent une ambition qui fait plaisir à voir, de la part de la réalisatrice. Les musiques sont belles, l’animation aussi. On rit, on pleure, et on s’émerveille des performances de Yuri et des étrangetés de Victor. C’était la série événement de l’Automne 2016, et avec sept nominations aux Anime Awards 2016, c’est un véritable succès. Donc foncez !

Actu | Culture | Série | 15.01.2017 - 13 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Pourquoi je n’aime pas « Looking » ?

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Ce week-end, j’ai regardé SKAM, la série norvégienne, dont la troisième saison est centrée sur une relation homosexuelle. J’ai beaucoup aimé, et par conséquent, je me suis demandé pourquoi je n’avais pas aimé Looking qui tournait également autour des relations homosexuelles. Je vous propose donc aujourd’hui d’aborder la série et ses erreurs.

Le Scénario : Simple, Trop Simple.
Looking raconte l’histoire d’un groupe d’amis homosexuels qui passent le cap des trente-cinq ans (plus ou moins). On suit ainsi la vie des différents protagonistes à travers leurs amitiés et leurs relations tumultueuses. On pourrait considérer que c’est un remake plus réaliste et plus moderne de Queer As Folk, mais le point d’intrigue est très différent.
Dans Queer As Folk, deux éléments viennent perturbés la vie des héros dès le premier épisode : la rencontre de Brian et Justin, et la naissance de Gus, le fils de Brian. Dans Looking, on identifie assez mal, l’élément perturbateur, et par conséquent, on suit juste des personnages qui font leur vie. J’ai cru un moment que l’élément perturbateur était l’âge du personnage principal, Patrick, mais la série ne semble pas être d’accord, vu le comportement de celui-ci. En fait, il n’y a pas vraiment d’intrigue, et pour cela, il suffit d’analyser la fin de la série, c’est-à-dire, le film. Looking, le film, ne nécessite presque pas d’avoir regarder la série avant, alors qu’il en est la conclusion. C’est étrange car j’imagine mal quelqu’un comprendre quelque chose à « Day of The Doctor » sans avoir jamais vu Doctor Who, par exemple.

Les personnages : Des personnages réalistes, enfin presque…
C’est le point fort de la série, car si l’intrigue est réduite au strict minimum, ce n’est pas le cas pour les personnages qui sont développés de manière assez intéressante. C’est là que l’absence d’intrigue revient, mais comme une qualité. Un défaut de Queer As Folk était le comportement de dédoublement de personnalité de Justin qui est colérique (Saison 2) puis gagne en maturité (Saison 3), puis régresse (Saison 4) avant de redevenir calme (Saison 5). En fait, le personne servait l’intrigue plutôt que l’inverse. Dans Looking, comme l’intrigue est vide, les personnages ne souffrent pas de ce défaut. C’est d’ailleurs une qualité remarquée, vu le nombre de prix que la série a reçu pour le jeu des acteurs.
En revanche, la série n’ayant que ses personnages, une saison suffisait largement. Dans Lost, les personnages étaient la principale proposition aussi, mais leur nombre très important, ainsi qu’une intrigue en fond, faisait tenir le spectateur beaucoup plus longtemps. De même, The Wire était une série très centrée sur ses personnages mais elle avait pour but l’étude sociologique, ce qui n’est clairement pas le cas dans Looking.

La Réalisation : True Detective à San Francisco.
Jusqu’ici, je considérais que c’était des choix de réalisation de l’équipe : réduire l’intrigue pour avoir plus de réalisme dans les personnages et pouvoir en faire une vraie analyse. Mais l’énorme défaut de la série, c’est la réalisation, absolument abominable de A à Z. Le seul bon point de la réalisation sont les angles de caméra, qui sont classiques mais les excès de style dans ce genre de série rendent souvent le tout, ridicule. Pour le reste, vous pouvez tout jeter.
La série est filmée avec le même filtre grisâtre et triste que True Détective, sauf qu’une série aborde des relations amoureuses et l’autre une série de meurtre. Du coup, les moments romantiques, on l’air d’être une souffrance. San Francisco semble avoir perdu sa vitalité, et tout le monde semble en dépression chronique. Au final, Looking, c’est le contraire de Sense8, les deux séries abordent une galerie de personnages, mais là où Sense8 respire la vie, Looking ressemble à une série mort-vivante.

Conclusion : Quand je regarde une série, généralement, c’est pour me sentir bien. C’est pour cela que je préfère « Du Coté de Chez Fran » à « Une nounou d’Enfer », ou que je ne regarderais jamais House of Cards. J’ai même failli stopper Game Of Thrones après l’épisode des Noces Pourpres. Looking aurait pu être une série « feel good » comme Sense8, The Real O’Neals ou la saison 3 de Skam. Sauf que sa réalisation sans couleur, terne, et un scénario très lent et vide, me donne l’impression de regarder des dépressifs qui s’aiment. C’est mignon, c’est gentil, mais ça donne franchement pas la pêche.

Pour aller plus loin : Sur le réalisme dans les séries

Actu | Culture | Politique | Série | 08.04.2016 - 02 h 26 | 0 COMMENTAIRES
« Sam » : Comment TF1 transforme une anarchiste en Joséphine (Ange Gardien) ?

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La nouvelle série de TF1, est une adaptation d’une série télévisée danoise : « Rita ». Mais le passage d’un pays à l’autre n’est pas sans conséquence. La série subversive et attrayante est, en chemin, devenue puérile, ennuyeuse et infantile. Il convient de revenir sur cet échec cuisant de la part de la première chaîne nationale française.

Rita (2012) VS Sam (2016) : Comment faire une série de droite ?
Si vous avez Netflix, peut-être connaissez-vous la série «  Rita « , l’histoire d’une professeur de danois, véritablement anarchiste qui jongle entre l’administration, ses élèves et ses principes au long de trois très bonnes saisons ? Interprétée par Carsten Bjørnlund, le personnage de Rita est dans cette série, l’incarnation même de l’anarchiste, dans sa vie de tous les jours (Je le sais, je le suis). Résolument anti-système, Rita manipule ou combat souvent sa hiérarchie bureaucratique. Mais cela, ne fait pas du personnage, un monument de subversion, tout juste une rebelle. La vraie force de Rita, c’est que, à l’instar des personnages comme Veronica Mars, Daria, ou Rush dans « True Detective » (Saison 1), elle possède des principes rigides dont elle est incapable de ce défaire, même pour son propre bien. Comme ces trois personnages, elle est sèche, directe voir blessante, mais particulièrement honnête et d’une dangereuse lucidité sur le monde.
En France, la série fut adaptée sous le titre de « Sam » pour la chaîne TF1, en 2016, avec en rôle titre, Mathilde Seigner. Après la diffusion des deux premiers épisodes, on peut dire que la série a grandement perdu en subversion entre la Danemark et la France.

Rita et l’équipe éducative du collège.

« Sam » nous présente les mêmes scènes de transgressions que « Rita » mais le personnage est devenu sirupeux, classique, ennuyeux. Elle fume à l’école, elle couche avec son supérieur , elle boit, comme dans la série d’origine, elle est libre. Mais durant deux épisodes de 42 minutes, il n’est jamais dit que c’est une anarchiste ou quels sont ses principes, car en réalité, dans cette version elle n’en n’a pas vraiment. En fait, les personnes en charge de l’adaptation de « Rita » n’ont pas compris la série qu’ils adaptaient. Car l’honnêteté et la lucidité violente de « Rita » était le principal moteur de la première série. Or, dans la version française, « Sam » n’a pas de principe. Elle est, par exemple, très directe avec ses enfants mais pas avec ses élèves, elle devrait l’être avec les deux comme dans la version d’origine.
Un autre exemple frappant est la comparaison entre les deux premiers épisodes : L’épisode 1 de « Rita » traite d’une élève qu’elle trouve « chiante » car trop scolaire et sans imagination ainsi que la mère de celle-ci, une névrosée qui harcèle les professeurs. Dans la version française, le problème des parents d’élèves n’est pas traiter. On traite d’une élève amoureuse de son professeur et de parents d’élèves homophobes. Que le problème existe, c’est un fait, mais il pouvait être traité avec le fils cadet de Sam, lui-même homosexuel, pourquoi faire disparaître la question de la présence parfois envahissante des parents dans l’éducation scolaire des enfants ?
Dans « Rita », comme dans « Sam » les parents passent pour des idiots ou des ordures. Mais dans le premier cas, c’est pour un comportement ordinaire chez les parents d’élèves, alors que dans le second cas, c’est un comportement beaucoup plus rare. Et si vous en doutez, posez la question aux enseignants…
Alors que « Rita » ressemble à la version pour adulte de Daria ou Veronica Mars, « Sam » ressemble d’avantage à la série française l’Instit ou à Joséphine, Ange Gardien. Les personnages ne sont ici, que des avatars du bon et du bien totalement désincarnés contre « les grands méchants pas si méchants » d’en face. Ils n’ont pas d’idéaux politiques ou philosophiques, pas d’objectifs, pas de caractères, ils sont juste gentils. Sam ce n’est rien de plus que ça, les clopes en plus.

Mathilde Seigner incarne un rôle qui n’en n’est pas un malgré ses efforts.

TF1 : La ménagère parfaite est une idiote ?
Pourquoi la série « Sam » est-elle devenue cette pâle copie de l’originale au lieu de s’adapter simplement au contexte français de l’école ? La question mérite d’être posée, d’autant que les personnes qui ne possèdent pas Netflix ne découvriront sûrement jamais la version originale.
La première raison est citée plus haut dans l’article, les personnes qui ont réalisé la transition entre « Rita » et « Sam » n’ont pas compris la série d’origine. Une chose assez gravissime si l’on considère que c’est leur métier. Il y a deux possibilités concernant ce ratage : c’est une erreur ou un manque de culture. Dans le premier cas, la série pourra être sauver dans les prochaines saisons, dans le second cas, il est inutile de diffuser un épisode de plus.
La deuxième raison est évidente pour les annonceurs comme pour les sérivores, c’est la ménagère, si cher à TF1. La ménagère est la « Famme » avec un grand F, selon les publicitaires, avec tous les clichés stupides que cela véhicule. Ce qui dérange le plus la chaîne d’ailleurs, ce n’est pas que Sam fume, mais son idéologie, car les scènes de clope en intérieur sont restées, pas les scènes explicatives ou démonstratives de son système de pensée. Il est, visiblement, hors de question de montrer une autre manière de voir le monde chez TF1. Cela pourrait déranger la ménagère, et donc les annonceurs. Surtout que dans la version originale « Rita » est très critique avec l’ensemble des institutions de manière plus ou moins visible, hors TF1, est une institution. C’est d’ailleurs pour cela que certains dialogues de Doctor House en version française sont modifiés. (Exemple : Drugs devient « drogue » et non « médicament », alors qu’on apprends en classe de quatrième que c’est un « faux-ami »)
Un dernier point d’échec est le jeu des adolescents « made in » télévision française. De la lamentable série SODA aux adolescents stupides de « Plus Belle La Vie » ou « Clem », on dirait uniquement des gamins capricieux, idiots, et stupides. Une vision bien loin des études sociologiques réalisées ces dernières années, et des mouvements de jeunes qui s’agitent à l’heure où j’écris ces lignes. Les enfants de  Sam, notamment, sont joués d’une manière médiocre et peu naturel. Heureusement que Mathilde Seigner et quelques autres, relèvent le niveau avec les rôles d’adultes.

En conclusion : « Sam », c’est un monument de médiocrité.
Je ne doute pas que Mathilde Seigner que j’aime plutôt bien, voulait un rôle classe et vraiment profond dans cette série, d’ailleurs son jeu d’acteur fait écho à la série d’origine. Malheureusement pour elle, la production a visiblement décidé de faire de la série un copicat de « Joséphine, Ange Gardien » avec des clopes et de la bière. Sam est une série médiocre de bout en bout car elle ne comprends pas son personnage principal et qui ne mérite même pas un coup d’œil. Foncez plutôt sur Netflix, voir la version originale qu’est « Rita », elle est également disponible en VF.
Décidément TF1, la fameuse première chaîne nationale française ne sera sûrement jamais capable de faire une série de qualité. A rechercher le consensus, la chaîne ne diffuse plus, actuellement que des séries comme Grey’s Anatomy ou Les Experts. On est bien loin des vrais succès qui sont souvent les mêmes que pour les critiques de séries : True Detective, Game Of Thrones, Sense8, Black Mirror. Mais peut-être le modèle de la chaîne de télévision est-il contraint au consensus pour ne pas mourir devant la fluidité et l’accessibilité des séries sur le net ? Ou peut-être les chaînes françaises sont-elles incapables de faire preuve d’imagination et d’audace ? Les questions sont ouvertes.

Actu | Culture | Politique | Série | 02.03.2016 - 17 h 00 | 0 COMMENTAIRES
Veronica Mars : Digne Héritière de Buffy ?

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On fait une pause sur la stupidité des élites françaises, et on revient, pour quelques temps, à mon premier amour : La pop-culture. Si tout le monde connait aujourd’hui “Buffy Contre Les Vampires”, vous êtes peut-être moins nombreux à connaître l’autre adolescente blonde badass… Aujourd’hui je vous propose de découvrir ou redécouvrir la série “Veronica Mars”, avec une étude plus profonde de la série et un lien avec Buffy, bien entendu.

Veronica Mars est une série créée en 2006 et qui est constituée de trois saisons, d’un film, ainsi que quelques romans. La CW, diffuseur de la série, est une chaîne dont le public est essentiellement adolescent. On y retrouvait d’ailleurs, à la même époque, les séries “Supernatural” et “Les Frères Scott (One Three Hill)”. “Buffy Contre les Vampires (Buffy, The Vampire Slayer)” fut elle-même diffusée sur la WB, l’ancienne chaîne qui donna naissance à la CW, en 2006. Veronica Mars, s’inscrit donc dans la continuité de ces séries adolescentes mais elle aborde pourtant, des thématiques sociales de manière beaucoup plus frontale et cynique que ces séries.
“Veronica Mars” raconte la vie de la jeune Veronica, une adolescente un peu particulière. Elle est la fille de l’ancien sheriff et désormais détéctive privé, Keith Mars. Elle aide son père dans ses enquêtes depuis qu’il n’est plus shériff. Pour ce faire de l’argent de poche, elle aide également, parfois, des élèves de Neptune High, son lycée, en travaillant pour eux. Mais surtout elle enquête (dans la première saison) sur la mort de son ancienne meilleur amie, Lily Kane.

Veronica Mars : La face cachée du rêve américain.
Racontée ainsi, l’histoire de Veronica Mars ressemble d’avantage à un épisode de Sccoby-Doo version adulte, qu’à une série sérieusement intéressante. Pourtant elle est vraiment profonde, et en premier lieu, à cause de son héroïne. Veronica Mars, n’est pas une adolescente qui rêve d’une vie normale comme dans “Buffy Contre les Vampires”, où qui rêve de devenir une super-star comme dans “Les Frères Scott”. Veronica, elle, ne veut qu’une chose, trouver l’assassin de sa meilleur amie. Solitaire et cynique, elle ressemble d’avantage à Daria dans son comportement avec les autres. On reproche d’ailleurs, dans les deux séries, au deux héroïnes d’être trop à cheval sur leurs principes.
En même temps, le comportement de Veronica est justifiée par son histoire personnelle (contrairement à Daria). On apprends au fil de la première saison, son histoire avant la série. On découvre qu’elle fut, durant un temps, très populaire dans son lycée, avant d’être ranger avec les rebuts. C’est la chute de statut sociale de Veronica qui détermine presque totalement son comportement, la série offrant une analyse parfois presque marxiste de la société américaine. Veronica, elle, ne cherche même plus à retrouver ou obtenir son statut social comme c’est le cas dans une série comme “Gossip Girl”. Elle cherche juste à obtenir justice.

Daria, série des années 2000 de MTV.

La ville fictive de la série, Neptune, est d’ailleurs le cadre parfait pour une robin des bois en blonde. A l’instar de Sunnydale dans Buffy, Neptune est une ville très particulière. Il n’y a pas d’école privée car les riches ne veulent pas en faire construire une, et préfèrent financer l’école publique par de nombreux dons. Les jeunes des beaux quartiers et les gangs mexicains sont donc réunis dans le lycée de la ville, Neptune High. On y voit ainsi les conflits de classes sociales prendre vie. Ceux qui ne se croisent jamais dans la vie, se croisent dans le lycée, et les confrontations sont souvent explosives. La violence sociale est palpable envers les plus pauvres et chez les 3/9, les gosses de riches, le mépris est la règle.
La série rappelle donc Daria à travers un regard acerbe mais s’enrichie en plus d’un vrai scénario. C’est une série pour adolescent extrêmement lucide sur le monde moderne et qui ne fait pas du rêve américain, une utopie rêvée, mais une réalité brutale et violente.

Racisme, Diversité : Les thématiques de la série.
Si chaque saison possède une intrigue globale, les épisodes possèdent toujours des sous-intrigues. Et si l’ensemble est parfois un peu brouillon, on se raccroche facilement, grâce à Veronica, qui s’adresse à nous, en voix-off. Dans ces sous-intrigues, beaucoup de problèmes sont abordés : viol, inceste, homophobie, harcèlement scolaire, etc… Mais la série aborde également des sujets plus modernes comme le “revenge porn” dont on parle de plus en plus.

Wallas, le meilleur ami de Veronica.

Pourtant la série évite volontairement certains thèmes très importants aux USA. Alors que le nouveau meilleur ami de Veronica, Wallas, est noir, on aborde pratiquement pas la question du racisme. Et bien entendu, comme il est noir, il n’aura de relation durable qu’avec des femmes noires. Rappelons au passage, que les mariages mixtes ne sont pas très biens vus au pays de la liberté. La série est très sulfureuse quand elle aborde les thèmes sociales mais semble botter en touche sur le racisme et la diversité ethnique. Elle ramène régulièrement ça à une simple question de classe sociale.
Le féminisme est abordée également de manière intéressante. Bien entendu, le côté “Robin Des Bois” des temps modernes font de Veronica une battante et une survivante, mais son côté cynique en font une héroïne féministe assez particulière loin des femmes fatales ennuyeuses comme, l’est une Lara Croft. Dans la troisième saison, on voit qu’elle reste très distante avec les manifestations féministes. Son caractère individualiste et solitaire l’empêche d’adhérer au mouvement malgré un soutien sincère (à la fin).

Veronica Mars : “L’héritage du Buffy ?”
Si je pense que Veronica Mars est l’héritière directe de Buffy, ce n’est pas uniquement car les deux séries mettent en scène une petite blonde qui gère. Les deux séries abordent de manières réalistes et différentes des thèmes similaires. Le rapport à l’argent, le deuil, la justice sont des thématiques fortes, même si plus étendue (et étrangement plus survolée parfois) chez Buffy à cause du nombre de saison.
La grosse différence, en fait, est l’époque de production de la série. En 1997, au début de la production du Buffy, les USA était dans une période d’insouciance relative. La bulle spéculative du net n’avait pas explosé, les attentats du 11 Septembre arriveraient dans 5 ans, la guerre en Irak n’avait pas commencé, et l’ouragan Katrina n’avait pas raser la moitié de la Louisiane. C’est durant la série que ces événements arriveront et d’ailleurs, on verra l’héroïne Buffy de plus en plus lucide et cynique au fur et à mesure des saisons.
La série Veronica Mars arrive, elle, après tout ces événements, dans un pays qui avait perdu la foi dans ces idées de self-made man. Rappelons qu’en 2006, le scandale des photos de torture en Irak avait fuité dans le monde entier et on parlait de Guantánamo depuis un moment. Le patriotisme n’était plus une valeur à la mode aux USA. On se focalisait alors beaucoup plus sur des problèmes sociaux, d’où les thématiques de Veronica Mars mais aussi Ugly Betty, Robin Des Bois ou The Wire et qui culminent de nos jours avec la série Shameless. Rien d’étonnant qu’après cette vague de critique à l’encontre du système americain ultralibéralisé de Buch, Barack Obama soit élu en 2008.

Une nostalgie ?

Conclusion : Les séries et la politique.

Les séries sont le témoignage d’une époque. On ne regarde pas “La petite maison dans la Prairie” comme on regarde “Docteur Quinn, Femme médecin” alors que les univers sont sensiblement les mêmes. Pour “Buffy contre les Vampires” et “Veronica Mars”, c’est la même chose. Si le scénario n’est pas le même, les deux séries sont liées de nombreuses manières notamment par les sujets, qu’elles abordent. Elles permettent de voir un changement de mentalité dans la société américaine entre la fin des années 90 et le milieu des années 2000. Une époque où le rêve américain était un astre mort. Cette époque se poursuit d’ailleurs aujourd’hui dans la pop-culture avec des séries comme “Game Of Thrones”, “House Of Cards” et autre “Suits, Avocat Sur Mesure”, mais depuis quelques années, on voit revenir des séries de super-héros, catégorie ultime de rêve américain avec Arrow, Flash, et le retour de certaines séries, pré-traumatisme du 11 Septembre 2001, comme X-files, ou prochainement Twin Peaks. Il n’est peut-être pas étonnant que, comme les séries de ces années ressuscitent, un milliardaire star des années 90, (ayant fait un caméo dans une Nounou d’Enfer) revienne sur le devant de la scène en la personne de Donald Trump. Trump, comme le retour de ces séries, symbolisent, peut-être, des Etats-Unis nostalgiques de leur hégémonie perdue. Le retour de l’espoir et du rêve américain, même si ce n’est qu’un rêve…

Actu | Culture | Politique | Série | 01.02.2016 - 05 h 10 | 4 COMMENTAIRES
Mes Chers Contemporains : Une Superbe émission !

Depuis plus d’un an, Usul, ancien chroniqueur de jeuxvidéo.com propose une émission politique de haute qualité. « Mes Chers Contemporains » comptabilisent 400 000 vues par vidéo. Retour sur un format particulier en quelques mots.

MCC : Une personnalité ou un sujet par épisode.
L’émission est un format long pour le web, très long diront ceux qui n’apprécient les internets que pour Norman et Cyprien, car les vidéos d’Usul durent environ 30 minutes. En une demi-heure, on revient sur un personnage de l’actualité médiatique et ce qu’il dit de notre société moderne. Comment une Elisabeth Lévy qui à autant de fond que les verres Pyrex de votre enfance peut-elle être aussi présente médiatiquement ? Comment les Enfoirés qui militent pour le bien commun peuvent-ils induire que les jeunes seraient des feignasses dans une chanson médiocre ? Toutes ces questions, Usul les travaille durant ces 30 minutes pour arriver à une conclusion toujours plus nuancée que ce qu’on pourrait attendre.
Au long de ses vidéos, les célébrités ne sont plus des personnes mais des agents, des nœuds dans un réseau. Usul renoue avec le structuralisme et le marxisme, dépossédant les objets qu’il analyse de toute individualité. Même Lordon, qu’il admire et qu’il respecte est soumis à la critique du jeune vidéaste à travers une analyse structurelle.
Depuis quelques temps cependant, le jeune homme s’oriente vers une critique plus complexe mais aussi plus subversive. La critique du système capitaliste qui lui est insupportable ainsi, qu’à beaucoup de monde selon un sondage, passe désormais par une critique des pouvoirs, des politiques et des discours. Car si les personnes ne sont que des agents, elles ne sont pas le boss final pour reprendre une métaphore vidéo-ludique.

Le travail de fond d’Usul
Alors ce n’est pas toujours parfait bien entendu, aucun documentaire ne l’est, aucun film non plus, et notre jeune ami fait parfois des erreurs comme sa vidéo très (trop ?) conciliante sur Etienne Chouard. Mais Usul fait un travail de recherche colossale, dans un interview au site Tipeee.com, il avouait lire beaucoup, et faire tout autant de recherches de vidéo avant d’écrire. Fouillées et parfaitement orchestrées, les vidéos sont très bien faites, trop diront certains qui savent que l’œil est l’esclave de l’image. Mais depuis jeuxvidéo.com, Usul est dans une politique de combattre le feu par le feu, la propagande libérale par une propagande antilibérale, les procédés de télévision contre les procédés d’Internet.
On ne voit jamais Usul à l’écran, et pour cause, le jeune homme est d’un naturel timide. Les images sont des montages qu’il fait lui-même, des illustrations de Sylvain « Tohad » Sarrailh, et des images d’archives qui s’enchaînent de manière parfois drôles, parfois agaçantes et le chef d’orchestre sait très bien ce qu’il fait quand il choisit une archive plutôt qu’une autre.
Les vidéos d’Usul sont rares, comme Antoine-Daniel, le créateur de « What The Cut ?! », dans les deux cas, la raison est identique : la qualité avant tout! Usul travaille véritablement ces sujets pour pondre des vidéos d’une qualité exceptionnelle et ça fait plaisir à voir. La vidéo sur « Le Salaire à Vie », vidéo la plus vue sur sa chaîne, lui à d’ailleurs permis d’avoir la reconnaissance de Bernard Friot, professeur émérite à Nanterre et spécialiste du sujet. De même Franck Lepage, spécialiste de l’éducation populaire et initiateur des conférences gesticulées, loue lui aussi le travail du jeune vidéaste.

Usul : Enfant d’une vraie gauche ?
Usul est un enfant des années 80 et moi, je suis des années 90. Pour nous, le Parti Socialiste n’est pas un parti de gauche, c’est un parti libéral de centre droit. Pour nous le Parti Socialiste, c’est les libéralisations de 1983, mais surtout la naissance de SOS Racisme. SOS Racisme, organe de confiscation de la lutte des beurs au profit des blancs bourgeois, comme il le rappelle dans sa vidéo sur Elizabeth Lévy et comme on le remarque quand on constate que après 4 ans de pouvoir socialiste, personne dans ce fichu parti n’osent remettre en cause l’existence de ces foutus ghettos.
Beaucoup de jeunes de gauche se retrouvent dans les vidéos d’Usul, des vidéos critiques à l’égard de tout et de tout le monde, et surtout des générations précédentes. Le parti communiste qui, par amour du pouvoir s’embourbe dans des doctrines vieillottes, le parti socialiste devenu organe de pré-sélections des lois utiles pour Marine Lepen…
Être de gauche pour nous, c’est aujourd’hui vivre dans des ruines politiques fumantes. Le parti socialiste et le parti communiste ont, depuis les années 80, tous les deux salopé allègrement l’expression « être de gauche ». Que reste t-il pour nous après les luttes de pouvoir, les lois liberticides ou simplement stupides ? Il reste une politique ici, Isabelle Attard. Un économiste ou deux par là-bas. Et sinon le néant…Et tout à reconstruire…
Ce que fait Usul, finalement, c’est de construire un corpus idéologique moderne, qui soit autant fait de texte que de vidéos. Une ligne idéologique structuraliste qui dépoussière le marxisme dénouée des utopies pré-chute-du-mur, à travers des auteurs modernes que les communistes devraient lire, et que les socialistes devraient chercher à comprendre.

Usul est aujourd’hui une référence dans le milieu des vidéastes français. Ses analyses permettent d’investir politiquement la communauté « geek », c’est-à-dire, les jeunes de classe moyenne qui vivent entre le jeux vidéos, Tolkien, et un film Marvel. Il fait aussi un travail important dans la lutte contre les discriminations sur le net, car il était l’un des premiers à lutter contre la prolifération de personnalité comme Soral sur Internet. Pour ceux qui comme moi, au bout de 5 années de lutte contre les discriminations, les inégalités, et les atteintes à la démocratie veulent se ressourcer, une petit demi-heure d’Usul, ça fait toujours du bien.

En cadeau, la dernière émission de la chaîne !

 

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