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Actu | Culture | Jeu vidéo | 27.02.2017 - 12 h 24 | 0 COMMENTAIRES
Deus Ex – Mankind Divided : Un Racisme Technologique

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En 2011, Square Enix publiait Deus Ex : Human Révolution, une histoire qui contait un futur sinistre où les firmes multinationales contrôlaient le monde et où les politiques et les médias n’étaient plus que des jouets. Un futur très proche de nous, en somme. En 2016, Deus Ex revient avec l’opus Mankind Divided évoquant la ségrégation, le racisme d’Etat et la misère.

Adam Jensen : Le Retour !

Deus Ex : Un Nouveau Chapitre.
En 2027, la technologie des augmentations, des prothèses cybernétiques high-tech, était le nouveau marché florissant. Mais cette année là, tout s’écroula, lors de l’Incident, à la suite de l’installation d’une puce de contrôle sabotée sur la majorité des augmentés du monde, celui-ci sombra, durant quelques heures, dans une folie meurtrière. Adam Jensen, alors employé chez Sarif Industries, arrêta le processus et découvrit qu’à l’origine du projet, ce trouvait le mystérieux groupe des Illuminatis.
Deux ans plus tard, le monde est devenu bien différent. Depuis l’Incident, le marché des augmentations rentre de plus en plus dans la clandestinité et les augmentés sont victimes d’un racisme et d’une haine profonde par les médias, et les hommes politiques. Adam Jensen lui, habite désormais à Prague et travaille désormais pour la nouvelle organisation anti-terroriste, la Task Force 29.
Deus Ex : Human Révolution évoquait le monde du travail, des entreprises et de la finance. On suivait durant le jeu, les OPA et rachats de titres des différentes entreprises. On visitait les locaux de Tai Yong Médical, de Sarif Industries, de PicusTV et les organisations politiques et militaires étaient encore discrètes. La critique du néolibéralisme et des doctrines libertariennes y était assez habilement développée. Dans Deus Ex : Mankind Divided, ceux sont les Etats qui sont au cœur du jeu. Le jeu critique autant la militarisation de la police que la corruption des hommes politiques. En parallèle de ces sujets, on retrouve le racisme et ces conséquences.

En arrière plan : Après le Monde de Macron, l’Etat de Valls.
Au fil de l’histoire, la présence de la police dans les rues de Prague, principale ville du jeu, sera de plus en plus renforcée, jusqu’à l’Etat d’Urgence, dans les dernières heures. C’est l’occasion de voir une police corrompue et haineuse. Le racisme de l’institution envers les augmentés rappelle évidemment les affaires Traore et Théo, chez nous. Durant le jeu, Adam sera victime de contrôle au faciès, de chantage et même de violence dans le dernier quart du jeu. Cette ambiance de racisme généralisé s’appuie également sur les remarques que font les personnages quand vous circulez dans une rue, mais aussi sur certaines zones, comme le métro, ou la ségrégation racial est visible. Si vous prenez la rame de métro dédiée aux « non-augmentés », durant le trajet, les gens vous regarderont de travers. Et ça fait bizarre, pour un blanc comme moi, de ressentir même virtuellement, ce que peut-être le racisme.
L’autre élément notable de cette ambiance, est la présence des attentats. Comme le racisme, c’est un élément déterminant du scénario complexe du jeu, mais c’est aussi présent dans le décor. Régulièrement, des télévisions allumées et des journaux diffuseront des informations souvent tragiques sur des attentats, renforçant l’angoisse dans la population, et la pression chez le joueur. Bien entendu, les attentats serviront de prétexte à l’Etat d’Urgence, une chose qui rappelle des souvenirs.

Le Complot Mondial : Les USA parlent des classes sociales.
Le complot mondial est une thématique récurrente dans les jeux vidéos, comme Assassin’s Creed avec les templiers ou Area 51. C’est aussi une forme de critique de la classe sociale au travers du prisme d’analyse libérale. La doctrine libérale enseigne que les hommes sont libres d’arbitre d’une manière totale, et qu’ils sont rationnels. En conséquence, dans cette doxa, l’analyse marxiste devient inopérante, ce n’est plus une classe sociale qui fait la guerre à une autre par instinct de survie, mais un complot mue par la volonté propre de son ou ses instigateurs. Ainsi, le groupe Bilderberg, par exemple, n’est plus une réunion qui entretient l’entre-soi de la classe dominante, mais un lieu où les conspirateurs élaborent des plans de manière consciente et volontaire.
Cette conception est, certes, une version droitière de la critique des classes dominantes, qui d’ailleurs se retrouve surtout dans l’extrême-droite, mais c’est aussi, peut-être, le seul moyen de faire de la critique social dans un jeu à gros budget comme celui-ci. En effet, il est plus sensationnel est fascinant de découvrir un complot mondial que d’apprendre que les diners du Siècle sont des lieux de rencontre plus que de discussions. Coucher sur papier, l’analyse marxiste est certes plus réaliste mais beaucoup moins sexy.

Les Illuminatis.

Gameplay : Un jeu presque parfait !
Deus Ex : Mankind Divided corrige deux grosses erreurs de Human Révolution. Le premier était l’impossibilité de finir le jeu de manière pacifique, sans tuer personne, notamment à cause de boss qui n’avaient rien à faire dans un jeu de ce type. La question est désormais réglée, les boss sont absents de ce nouvel opus, place donc, à l’infiltration pure. Le second défaut était la facilité du jeu. Mankind Divided est toujours assez facile surtout pour les joueurs de Dark Project et du premier Deus Ex, mais il est plus difficile que HR. Bien entendu, les augmentations, ces améliorations cybernétiques surpuissantes, sont toujours au rendez-vous avec quelques bonus qu’il vous faudra découvrir. Enfin dernier changement, le personnage est à la fois plus mobile et plus lourd. Il est plus rapide et fait des sauts plus haut, mais le changement dans le gameplay d’infiltration donne l’impression de déplacer un tank quand vous voulez être discret.

Les défauts : C’est trop court !

Bienvenue à Prague…

Human Révolution avait un scénario très simpliste car il posait les bases de l’univers, ce que ne faisait pas Deus Ex (2000). Les choses étant faites, Mankind Divided peut se permettre de rentrer plus avant dans la complexité des conspirations et des jeux politiques et financiers ce qui peut le rendre parfois confus. Le jeu possède un scénario qui ouvre de nombreuses portes, mais la fin ne ferme que quelques unes d’entre-elles. La dernière mission, ne ressemble d’ailleurs pas vraiment à une fin, mais à la fin d’une introduction.
Le problème pour Mankind Divided, c’est qu’il est entre deux jeux. Entre Human Révolution, qui racontait l’histoire des augmentations et du développement de ces technologies, et Deus Ex (2000) qui raconte l’aboutissement et la fusion de toutes les découvertes scientifiques (I.A, nanotechnologie, etc.) ressentes en une forme divine, il ne reste dès lors, pas beaucoup de place. On sait que l’industrie du jeu vidéo à l’habitude des suites, et il faudra placer un maximum de produit entre les deux jeux, il est donc probable que le fait que Mankind Divided soit aussi court viennent d’une retenue des scénaristes pour pouvoir publier plus de suites. Une décision qui impacte malheureusement une narration à la « fin » bancale.

En conclusion…
Deus Ex : Mankind Divided n’est pas meilleur que Human Revolution, il fait des erreurs de scénario, mais corrige les erreurs de gameplay de son prédécesseur. La musique n’est plus aussi efficace et il faudrait suggérer au studio de retravailler de nouvelles versions de Deus Ex (2000) plutôt que de faire des clins d’œil douteux. Cet opus est finalement, un Deus Ex dans la moyenne de la licence, mais c’est un très bon jeu, qui terrifie toujours par le réalisme de son approche.

Actu | BD/Dessins | Culture | Série | 02.02.2017 - 23 h 25 | 0 COMMENTAIRES
« Yuri!!! On Ice » : L’événement Japonais

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Il est rare que les séries animées japonaises mettant en scène un couple d’hommes remporte un succès aussi grand que « Yuri !!! On Ice », surtout auprès du public occidental. Et pourtant, Yuri On Ice est la série japonaise événement de l’Automne 2016. Je vous propose aujourd’hui, de découvrir les raisons du succès de cette série.

Le Synopsis : Influencer & Assumer
Notre histoire commence à la fin du championnat mondial de patinage artistique, où Yuri Katsuki, notre héros, fait une très mauvaise performance après une année déjà médiocre. Il rentre alors chez lui, après cinq ans d’absence, pour reprendre une vie normale, loin des compétitions et des rivalités. Alors qu’il se détend, en reprenant la chorégraphie de Victor Nikiforov, le champion du monde, on fait discrètement une vidéo de sa chorégraphie qui fait rapidement le buzz sur Twitter. Victor qui n’arrive plus à surprendre son public par ses créations, décide, en voyant la vidéo, de prendre Yuri sous son aile, pour le prochain Grand Prix. Mais Victor avait déjà fait une promesse à Yuri Pislesky, le champion junior de Russie, de réaliser pour lui, une chorégraphie.
Le synopsis contient les bases classiques des séries d’animations sportives, et, à de nombreux égards, elle est dans la droite lignée d’Olive & Tom, Eyeshield 21, mais avant tout de Jeanne & Serge. Dans Yuri On Ice, on retrouve, par exemple, les compétitions, les rivalités, et surtout le commentateur présent peu importe la taille de la compétition. Mais le petit plus dans « Yuri On Ice », c’est la relation nouée, entre Victor et Yuri durant les 8 mois qu’ils passeront ensemble. Au fil des épisodes, Yuri passe d’une admiration enfantine pour un Victor glorifié, a un amour sincère pour son entraîneur et ami. Victor, lui, bien plus insouciant, apprendra malgré tout de nombreuses choses sur lui-même auprès du jeune patineur.
Comme nous l’avons dit, l’auteure s’inspire clairement de la tradition du manga sportif mais pas seulement. Le « Yaoi » ou « Shonen-ai » (ou BL) , c’est-à-dire, le manga représentant un couple homosexuel masculin à destination des jeunes filles, est aussi très présent dans la série. Dans Yuri On Ice, les deux genres sont présents de manière assumée et forme une alliance plutôt élégante. Par exemple, aux déclarations niaises très présentes dans le BL, la série préfère que les personnages expriment leur sentiment à travers une performance sportive. Il y a d’ailleurs beaucoup de pudeur dans la monstration de la relation entre Yuri et Victor.  Mais d’après l’équipe de réalisation, c’était avant tout par peur de la censure. En effet les séries animées BL sont généralement diffusées à 2h du matin au Japon. Cette absence de prise de risque à d’ailleurs était qualifiée de « queerbaiting » par de nombreux internautes. Une méthode utilisée pour créer de l’émulation en utilisant l’homo-érotisme, c’était notamment un reproche très présent pour la série « Free! »

Le Graphisme : Investir dans le patinage.
Le graphisme est subtile et sublime, ce qui colle à l’ambiance gracieux et élégant du patinage artistique. De plus, cela permet de mieux mettre en avant l’évolution de Yuri, qui devient de plus en plus beau à chaque épisode. Mais cette subtilité est surtout visible lors des scènes chorégraphiées, car le budget semble y avoir été englouti pour la majorité. Ce qui les rend magnifiques mais n’empêche pas, parfois, un léger manque de fluidité. Heureusement, l’alternance des plans permet d’éviter la lassitude mais qui va rapidement revenir sous une autre forme.
Bien que les chorégraphies soient réellement sublimes, voir les personnages réaliser la même prestation sur les différents concours peut devenir lassant. Sur 12 épisodes, on peut voir quatre fois le même programme de la part de Yuri. On apprécierait de le voir faire d’autres performances, pour se détendre par exemple…
En dehors de ces scènes qui, rappelons-le, sont techniquement abouties, il y a les dialogues qui sont plus rigides et  moins vivants. Des décors fixes ou vides, des corps ou des visages parfois sans mouvement, une habitude dans l’animation japonaise mais qui ne rends pas hommage aux relations entre les personnages que tissent pourtant très bien, la réalisatrice Sayo Yamamoto, tout au long de son histoire.
Considérant que Sayo Yamamoto est une grande dame de l’animation japonaise, on ne doute pas que ces problèmes sont des questions d’ordre budgétaire et non des questions de talent pur. Avec le succès de Yuri On Ice, il ne fait aucun doute que la seconde saison aura un meilleur budget et que Saya Yamamoto démontrera alors son immense talent.

Les Musiques : Répétition & Qualité
Graphisme beau mais parfois lent et répétitif, les musiques accompagnent les chorégraphies et les critiques de celles-ci. A l’instar des séquences de patinage, elles sont sublimes, parfois lentes, et souvent répétitives. Heureusement pour la série, ce défaut est rattrapé par la diversité des mélodies : Flamenco, Pop-Rock, Classique et Opéra sont au rendez-vous. Mais la musique qui restera en tête de tous les spectateurs, c’est « History Maker », le générique de la série. Un générique plutôt lent, pour un anime japonais mais qui annonce dès les premières minutes que nous sortons des œuvres ordinaires.
Et le thème principale de la série, celui qui donne son titre à la série, « Yuri On Ice » ? Cette mélopée décrivant, note après note, l’amour de Yuri pour son entraîneur, ses proches et sa famille, (mais surtout son entraîneur) évoque t-il vraiment l’amour ? Je ne suis pas assez mélomane pour le dire, en revanche il m’évoque beaucoup plus un rêve bleu qu’une certaine chanson d’Aladdin. Et l’évocation, c’est tout ce que je demande à la musique…

Une Histoire d’Amour ou Une Histoire de Commerce ?
Sur de nombreux blogs, des personnes s’interrogent sur la représentation que la série donne des relations homosexuelles. Est-ce réaliste ? Est-ce un fantasme pour jeunes filles ? J’imagine que la réponse est entre les deux. La relation entre Yuri et Victor est beaucoup plus respectueuse, sincère et belle que dans de nombreuses autres œuvres du genre, c’est un fait. Mais pour un occidental comme moi, le fait de ne pas mettre en avant, les baisers et les signes d’affection est un peu dérangeant.
Mais il y a une chose qu’on analyse trop peu souvent : les relations entre les membres d’une communauté sportive. Pour avoir fait de nombreuses compétitions de natation, rares sont les séries d’animation japonaises qui décrivent aussi bien la communauté sportive. Dans la vie réelle, il y a rarement des histoires de réelles rivalités entre les différents sportifs, et bien plus souvent des amitiés sincères. Les entraîneurs ne sont pas des « bons copains », comme dans Free ! ou des « tyrans » comme dans Jeanne et Serge, mais bien plus souvent des personnes prodiguant des conseils et des critiques de manière neutre comme le personnage de Yakov, par exemple.

Alors non, Yuri on Ice n’est pas parfait, et souffre de quelques lacunes. Mais, malgré tout, le résultat est très bon, et on sent une ambition qui fait plaisir à voir, de la part de la réalisatrice. Les musiques sont belles, l’animation aussi. On rit, on pleure, et on s’émerveille des performances de Yuri et des étrangetés de Victor. C’était la série événement de l’Automne 2016, et avec sept nominations aux Anime Awards 2016, c’est un véritable succès. Donc foncez !

Actu | Culture | Série | 15.01.2017 - 13 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Pourquoi je n’aime pas « Looking » ?

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Ce week-end, j’ai regardé SKAM, la série norvégienne, dont la troisième saison est centrée sur une relation homosexuelle. J’ai beaucoup aimé, et par conséquent, je me suis demandé pourquoi je n’avais pas aimé Looking qui tournait également autour des relations homosexuelles. Je vous propose donc aujourd’hui d’aborder la série et ses erreurs.

Le Scénario : Simple, Trop Simple.
Looking raconte l’histoire d’un groupe d’amis homosexuels qui passent le cap des trente-cinq ans (plus ou moins). On suit ainsi la vie des différents protagonistes à travers leurs amitiés et leurs relations tumultueuses. On pourrait considérer que c’est un remake plus réaliste et plus moderne de Queer As Folk, mais le point d’intrigue est très différent.
Dans Queer As Folk, deux éléments viennent perturbés la vie des héros dès le premier épisode : la rencontre de Brian et Justin, et la naissance de Gus, le fils de Brian. Dans Looking, on identifie assez mal, l’élément perturbateur, et par conséquent, on suit juste des personnages qui font leur vie. J’ai cru un moment que l’élément perturbateur était l’âge du personnage principal, Patrick, mais la série ne semble pas être d’accord, vu le comportement de celui-ci. En fait, il n’y a pas vraiment d’intrigue, et pour cela, il suffit d’analyser la fin de la série, c’est-à-dire, le film. Looking, le film, ne nécessite presque pas d’avoir regarder la série avant, alors qu’il en est la conclusion. C’est étrange car j’imagine mal quelqu’un comprendre quelque chose à « Day of The Doctor » sans avoir jamais vu Doctor Who, par exemple.

Les personnages : Des personnages réalistes, enfin presque…
C’est le point fort de la série, car si l’intrigue est réduite au strict minimum, ce n’est pas le cas pour les personnages qui sont développés de manière assez intéressante. C’est là que l’absence d’intrigue revient, mais comme une qualité. Un défaut de Queer As Folk était le comportement de dédoublement de personnalité de Justin qui est colérique (Saison 2) puis gagne en maturité (Saison 3), puis régresse (Saison 4) avant de redevenir calme (Saison 5). En fait, le personne servait l’intrigue plutôt que l’inverse. Dans Looking, comme l’intrigue est vide, les personnages ne souffrent pas de ce défaut. C’est d’ailleurs une qualité remarquée, vu le nombre de prix que la série a reçu pour le jeu des acteurs.
En revanche, la série n’ayant que ses personnages, une saison suffisait largement. Dans Lost, les personnages étaient la principale proposition aussi, mais leur nombre très important, ainsi qu’une intrigue en fond, faisait tenir le spectateur beaucoup plus longtemps. De même, The Wire était une série très centrée sur ses personnages mais elle avait pour but l’étude sociologique, ce qui n’est clairement pas le cas dans Looking.

La Réalisation : True Detective à San Francisco.
Jusqu’ici, je considérais que c’était des choix de réalisation de l’équipe : réduire l’intrigue pour avoir plus de réalisme dans les personnages et pouvoir en faire une vraie analyse. Mais l’énorme défaut de la série, c’est la réalisation, absolument abominable de A à Z. Le seul bon point de la réalisation sont les angles de caméra, qui sont classiques mais les excès de style dans ce genre de série rendent souvent le tout, ridicule. Pour le reste, vous pouvez tout jeter.
La série est filmée avec le même filtre grisâtre et triste que True Détective, sauf qu’une série aborde des relations amoureuses et l’autre une série de meurtre. Du coup, les moments romantiques, on l’air d’être une souffrance. San Francisco semble avoir perdu sa vitalité, et tout le monde semble en dépression chronique. Au final, Looking, c’est le contraire de Sense8, les deux séries abordent une galerie de personnages, mais là où Sense8 respire la vie, Looking ressemble à une série mort-vivante.

Conclusion : Quand je regarde une série, généralement, c’est pour me sentir bien. C’est pour cela que je préfère « Du Coté de Chez Fran » à « Une nounou d’Enfer », ou que je ne regarderais jamais House of Cards. J’ai même failli stopper Game Of Thrones après l’épisode des Noces Pourpres. Looking aurait pu être une série « feel good » comme Sense8, The Real O’Neals ou la saison 3 de Skam. Sauf que sa réalisation sans couleur, terne, et un scénario très lent et vide, me donne l’impression de regarder des dépressifs qui s’aiment. C’est mignon, c’est gentil, mais ça donne franchement pas la pêche.

Pour aller plus loin : Sur le réalisme dans les séries

Actu | Culture | Politique | 03.11.2016 - 20 h 42 | 0 COMMENTAIRES
Aude Lancelin : Ceci est une histoire tirée de faits réels.

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Une dernière chronique sur Yagg, une dernière chronique qui, une fois n’est pas coutume, sera littéraire. Le prix Renaudot 2016, catégorie Essai est attribué, à Aude Lancelin, « La Licenciée Politique » de l’Observateur. Alors qu’est ce que son ouvrage, « Le Monde Libre » peut vous apprendre sur la presse, et en particulier la presse de « gôche » ?

« Le Monde Libre » : Critique de la déchéance journalistique…
Pour reprendre la phrase de son compagnon, Frédéric Lordon, Aude Lancelin « n’apporte pas la paix ». Dans son ouvrage, elle décrit la décrépitude d’un journal de gauche, « L’Obsolète », avec la plume acérée et moqueuse que la colère mêlée de lucidité engendre souvent. Les actionnaires sont dépeints comme un triumvirat d’obscurantistes luttant contre toutes les idées qui ne sont pas dans l’air du temps, qu’elles soient rénovées ou novatrices. Le fondateur, Jean Daniel, n’évoque rien de plus qu’un fantôme hantant son bureau, une personnalité autrefois complexe, aujourd’hui en profonde putréfaction.
Ainsi, suivons nous l’évolution d’Aude Lancelin de son entrée dans les années 2000, dans le journal, jusqu’à son expulsion en 2016. Selon elle, et la chronologie des événements lui donne raison, elle fut expulsée pour des motifs politiques, notamment à la suite de la Une avec Emmanuel Todd et de son très actuel ouvrage « Qui est Charlie ? ». Les autres raisons, plus personnelles, sont son amitié pour un Alain Badiou et surtout sa relation avec Frédéric Lordon, avec lequel, elle semble pourtant avoir quelques désaccords politiques affirmés.
Le livre est clairement celui d’une journaliste qui, déformation professionnelle, cite très (trop ?) souvent les différents protagonistes dont elle change les noms pour prendre quelques distances. Le style est pourtant celui d’une femme qui aime les lettres, et l’assume fièrement. Ce n’est pas un reportage en version papier, c’est une véritable œuvre littéraire avec sa dimension artistique. Malheureusement, l’ouvrage n’est pas destinée aux classes populaires. La langue est jolie mais elle fait beaucoup plus « médecin libéral » que « ouvrier chez Saint-Gobain », mais j’imagine qu’il est plus dirigé vers les lecteurs de l’Obs que vers le lecteur de Stephen King et Maxime Chattam.

Les Réactions Médiatiques : Jean Daniel sort de son tombeau & Causeur parle pour ne rien dire…
La remise du prix Renaudot à Aude Lancelin doit être un événement apocalyptique pour que le christique fondateur de l’Obs, Jean Daniel, ressorte une nouvelle fois de son tombeau. Il déclare pour sa défense personnelle que : «   j’ai passé ma vie dans des combats autrement plus importants que ceux qui opposent aujourd’hui les idéologues sectaires à une gauche à l’agonie ? Vilipendés par les paras de l’Algérie française, par les ultras du Likoud israélien et par les communistes. » Une ligne de défense intéressante. Cela signifie que depuis ma naissance, en 1992, Jean Daniel n’a jamais combattu pour une idée ou un principe. Depuis 25 ans, et en particulier, la chute du mur, ce journaliste, ce leader d’opinion que beaucoup célèbrent encore, n’a rien fait. Plus de pensée et plus de combat…Alors que fait-il encore là ?
De l’autre côté, nous retrouvons la critique minimale de Causeur, le torchon d’Elizabeth Lévy. En effet, Roland Jaccard, psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, plombier et peut-être pâtissier, nous résume l’ouvrage en deux paragraphes médiocres avec pour conclusion de faire le reproche à Aude Lancelin de ne pas avoir publié l’ouvrage avant son licenciement. Je trouve pour ma part que faire reproche aux gens de vouloir conserver leur emploi dans un monde ultra-précaire n’est pas la critique la plus utile ou subtile du monde. Surtout que le journaliste-plombier ne dit pas que Causeur est cité dans l’ouvrage et dans quel contexte… Pas très honnête…

Conclusion : Le Monde Libre est un ouvrage de salubrité journalistique !
Il faut lire le livre pour comprendre l’état de la presse française, car Marianne et Libération, par exemple, sont dans des états proches de celui de l’Observateur. Aude Lancelin ne demande pas vos larmes, elle offre son témoignage, son diagnostique. Au moment de la grève à I-Télé, et de la décomposition de Canal+, ainsi que de la chute annoncée de nombreux titres de presse qui multiplient les plans sociaux, cet ouvrage parle autant d’un journal que d’un pays et de sa liberté d’expression.


Merci à Yagg, pour avoir offert à moi, comme aux autres lecteurs, une diversité d’opinions et de sujets de réflexion auxquels je suis heureux d’avoir parfois participé. Je ne connais pas personnellement la rédaction de Yagg, et j’avais parfois des désaccords avec eux. Mais grâce à eux, j’ai évolué sur de nombreux sujets plutôt que de rester sur des convictions infondées. Alors peut-être que Yagg disparaîtra mais son empreinte restera inscrite chez tous les lecteurs d’une manière ou d’une autre, qu’on aime ou qu’on déteste, qu’on soit d’accord ou pas, qu’on critique ou qu’on soit silencieux… Et c’est sans aucun doute le plus important !

Actu | Culture | Politique | 27.08.2016 - 10 h 56 | 6 COMMENTAIRES
Caroline Fourest, le Burkini, et l’Afro-féminisme…

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Alors que le Conseil d’État vient de mettre fin aux arrêtés contre le burkini, je constate, sur Twitter, comme dans les journaux, que la polémique de l’été, aura été la cause d’un nombre hallucinant de dérives racistes et de déclarations honteuses. Peut-être, est-il temps d’émettre une analyse constructive et sérieuse plutôt que de terminer un article en appelant à opter pour le nudisme

Au début de la polémique, je n’avais pas d’avis sur le burkini, et, comme beaucoup de gens, je n’avais rien à faire de trois femmes sur une plage de Corse. Mais les médias, et les hommes politiques de droite, dont certains membres du PS, ont fait de cette question mineure le débat majoritaire de l’été et de la rentrée. Ainsi la promulgation de la loi Travail, où le refus par l’Assemblée Nationale de voter un amendement contre le harcèlement sexuel ne feront pas les gros titres. Voici, donc la saga de l’été, par TF1, Sarkozy, Valls et Philippot : le burkini.

Les Politiques et « Les Penseurs » : Du Harcèlement au Burkini
« Les électeurs ont la mémoire courte » titrait en 2012, Gil Delonnoi, dans le Nouvel Observateur. Il avait raison, mais ce n’est pas le cas de Twitter ainsi que de Facebook. Le 23 Juin, quelques semaines après l’Affaire Baupin, un amendement proposait que « les personnes condamnés pour harcèlement ou viol soient inéligibles ». Avec 15 votants sur 577, dont 9 étaient « contre », notamment chez les socialistes, l’amendement fut rejeté. En considérant que 94% à 96% des victimes de harcèlement sont des femmes, on peut dire que les personnalités politiques de notre pays se moquent éperdument de la condition des femmes. Rappelons qu’en 2015, au parlement européen, une loi sur l’égalité hommes-femmes, avait été bloquée par les conservateurs de l’UMP comme du FN.


Alors, quand Nicolas Sarkozy, Christian Jacob, Manuel Valls, Marine Le Pen ou encore Florian Philippot viennent prétendre défendre le droit des femmes devant les citoyens, il conviendrait de réinscrire cet argument dans son contexte. Les droits des femmes n’est clairement pas le sujet. En témoigne, leur comportement vis-à-vis des combats féministes actuels. Citons, par exemple, le harcèlement de rue, dont ni le PS, ni l’UMP, et encore moins le FN, ne semble comprendre les enjeux, et dont aucun ne semble vouloir s’emparer alors que le sujet faisait les gros titres en Juillet au Royaume-Uni.
Le bilan des différents partis politiques français, qu’ils soient au pouvoir, ou dans l’opposition, n’est pas très glorieux, en matière de féminisme. Mais de fait, en France, cela semble une tradition dans la classe dirigeante que de n’avoir que faire de la condition féminine. En effet, entre 1919 et 1945, le vote des femmes fut proposé trois fois, et les conservateurs, en particulier, les sénateurs, bloquèrent le débat et le vote. Inutile de dire qu’en 1936, le Front Populaire avait pourtant voter cette mesure à l’unanimité. C’est une réalité terrible à admettre pour beaucoup d’entre-eux et d’entre-nous, mais oui, la très grande majorité de nos hommes politiques sont des machistes et des sexistes, en témoignage les affaires Baupin et Tron.
Alors, ces personnalités politiques et anti-féministes, pourquoi parlent-elles du burkini alors que les autres oppressions sont entretenues dans l’indifférence généralisée ? Après tout, le burkini existe depuis plusieurs années, pourquoi maintenant ? La raison est aussi nauséabonde qu’elle est simple, c’est bien entendu l’élection présidentielle qui est au cœur de cette polémique. Quelle coïncidence que Nicolas Sarkozy annonce sa candidature à la primaire de la droite, et la sortie de son livre quelques jours après cette polémique… Mais ne soyons pas complotiste, cette polémique sert absolument la totalité de la droite, et pas uniquement Sarkozy. Le FN fait son beurre, et Valls aussi, et nous n’entendons que des hommes, sur un sujet qui concerne exclusivement des femmes, bien entendu…

Le Burkini et Caroline Fourest : « Mal à l’aise » ?

Caroline Fourest (essayiste, éditorialiste, réalisatrice)

Je fais volontairement un encart à propos de Caroline Fourest, mais pourquoi ? Caroline Fourest est une féministe, mais c’est aussi une figure des luttes LGBT+ dont le « Mariage Pour Tous », et c’est véritablement un problème. Ma famille n’est guère au courant des choses de la vie politique et intellectuelle du pays, mais quand je demande une « intellectuelle lesbienne connue » en France, le premier nom, c’est Caroline Fourest. Pour la plupart des gens, est sûrement involontairement de leur part, comme de celle de Caroline Fourest, son travail et ses actes sont associés à notre communauté. A cause de son statut d’ « intellectuelle » médiatique, ses travaux, ses tribunes et ses procès donnent parfois, une mauvaise image de notre communauté, notamment auprès des musulmans.
En plus d’une méthode d’attaque frontale aussi puérile qu’inutile comme le démontre le succès de SOS racisme avec un FN à 20%, Caroline Fourest fait aussi l’objet de nombreuses critiques. Elle fut rappelée à l’ordre par le CSA, elle fut en procès pour plusieurs livres, où elle fut déclarée, plusieurs fois, coupable. Que Caroline Fourest veuille apparaître dans les médias est un droit, mais le droit d’expression, s’accompagne d’un devoir d’exactitude surtout si on se fait parfois le porte-voix d’un groupe social. Maintenant que la critique contre son comportement est actée, abordons le problématique de sa tribune douteuse contre le burkini et en particulier la fin :
« Toute personne un tantinet féministe ou simplement inquiet du radicalisme se sentirait mal à l’aise à l’idée de se baigner à côté d’une femme ou d’un groupe de femmes en burkini. Porter ce maillot intégriste sur la plage revient à dire aux autres qu’ils sont indécents ou que leur semi-nudité vous obsède. Fatigant. Quand on va à la mer, c’est pour se détendre, pas pour se prendre les problèmes psychologiques ou les convictions idéologiques des autres en pleine figure. Si quelqu’un est si mal à l’aise avec son corps et croit en la pudeur, il peut tout simplement éviter de se baigner en public et choisir des espaces plus pudiques… Comme une piscine privée ou sa baignoire. »
La question du burkini peut-être sujet à débat entre les féministes, ce n’est pas la question. Après tout, je suis un homme, ce n’est pas moi qu’on cherche à oppresser, ou pas, avec ce vêtement. En revanche, ce paragraphe contient un terme très problématique : « mal à l’aise ». Pourquoi est-ce problématique ? Car, Caroline Fourest, prétendue intellectuelle, doit fournir un travail s’appuyant sur la raison pure et les principes de causalité. Or, le fait de légitimer ainsi un sentiment, sans le questionner ou l’analyser est un sérieux défaut de son article. Sous prétexte de féminisme, nous devrions être mal à l’aise ? Alors pourquoi Caroline de Haas, n’est pas outrée par le burkini ? Pourquoi moi-même, qui me considère comme pro-féministe, le burkini ne me dérange t-il pas ?
J’ai grandi dans une famille ouvrière de droite, avec tout ce que cela peut avoir d’éducation raciste. Je connais très bien, ce sentiment de malaise, je le connais même trop bien. A cause de ma socialisation raciste, je me sens mal à l’aise à côté d’une personne de couleur. Oui, je suis raciste, involontairement, contre mon gré, et je lutte contre ce comportement tous les jours, mais je suis raciste. Alors, je connais très bien, ce sentiment de « malaise », c’est le sentiment de quelqu’un qui est raciste. C’est le comportement type de quelqu’un qui à peur de la différence culturelle et qui ne s’interroge même pas sur ce comportement.

Afro-féminisme et intersectionnalité : Du Burkini au Camp Décolonial

Rudolf Ernst (1854)

L’afro-féminisme est une de mes découvertes de l’année 2016, notamment grâce à Nuit Debout, mais aussi à Nadia – La Ringarde, une vidéaste afro-féministe que je vous conseille. L’afro-féministe est un courant intellectuel à l’intersection entre la lutte contre l’esprit néo-colonial et le féminisme.
Concernant le burkini, les afro-féministes ont un positionnement beaucoup plus modérées que les féministes plus » classiques ». En effet, si l’histoire des luttes féministes en France, comme ailleurs, ce fait par l’intermédiaire d’un dévoilement du corps. Ce n’est pas le cas pour les femmes issues des zones colonisées. En effet, dans l’imaginaire collectif des colonies, les femmes arabes étaient souvent vues dénudées dans des harems, où, libérée par le colonisateur/civilisateur, elle s’offrait ensuite à lui. Ainsi, dans une émission de France Culture du 27/08/2016, on apprend que, aujourd’hui, le tag porno le plus recherché de France, c’est « beurette », un héritage d’une époque peut-être pas si révolue…
Si les hommes blancs hétéros et cisgenres, acteurs de l’oppression, veulent des femmes dénudées et sauvages, n’est-ce compréhensible que celles-ci cherchent à s’habiller de nouveau, et le cas échéant, pourquoi pas avec un burkini ? Un ancien ami à moi m’avait confié que, quand il couchait avec sa femme, noire, il avait l’impression « d’être un colonisateur », édifiant. (Critique de ce point de vue)

« Le bain turc » Ingres (1862)

Au sujet de la lutte afro-féministe, il faut apporter quelques points de détails. Notamment au sujet du fameux « camp dé-colonial » qui fait tellement polémique. Les recherches de Bourdieu, de Foucault, et de la French Theory, en général, on fait la preuve que nous sommes tous, à la fois, oppresseurs et oppressés. Les zones non-mixtes comme le camp décolonial sont des zones dites « safe », c’est-à-dire, où l’on cherche à réduire au maximum l’oppression subit par les individus pour qu’ils s’expriment librement sans être systématiquement arrêter par des objections de convenance comme le fameux « Not All Men » que subissent régulièrement les féministes, notamment sur Twitter. C’est exactement la même chose que lorsqu’on refuse un homme dans une réunion de victime de viol non-mixtes, et tout le monde comprendra qu’une victime de viol ne souhaite pas s’exprimer en présence d’un homme.

« Le burkini est un vêtement comme les autres » : Nuancez-vous !
Alors le fameux burkini, est-il un vêtement comme les autres, oui ou non ? La réponse est en fait, oui ET non. En dehors de l’évidence : c’est un morceau de tissu, le burkini est surtout le fruit d’un déterminisme. Tous les vêtements que nous portons, sont le fruit de déterminismes : la mode, le goût, la culture, la religion, les valeurs politiques, l’éducation, autant de choses qui ont pour conséquence que madame porte un burkini et pas vous. Est-ce grave ? Pour moi, cela dépend beaucoup plus de la personne qui porte le vêtement que du vêtement en lui-même.
Si la personne est une afro-féministe militante, elle sait pourquoi elle fait le choix de ce vêtement, par exemple. Il en va de même pour une étudiante en sociologie qui aura très probablement conscience que son éducation religieuse l’oriente dans cette direction. En fait, les raisons et les déterminismes m’intéressent beaucoup plus que le vêtement. Mais ne soyons pas chauvin, j’en attends autant des hommes en short de bain et des femmes en bikini ou monokini. On choisit ses vêtements sous de nombreux motifs, l’important c’est de les connaître et d’être conscient de leur implication. Et donc finalement, mon avis est moins intéressant que les nombreuses questions que j’aimerais poser à celles qui portent le burkini. Sauf que, bien entendu, la presse interview plutôt Sarkozy, Juppé ou Valls que les premières intéressées.

« Gardez-vous bien de dire que vous luttez pour le droit des femmes… »
Je m’interroges beaucoup sur une société théocratique ou pseudo-démocratique qui interdit un style vestimentaire à la gente féminine. Encore une fois, on fait le choix, à la place d’une femme, on fait donc le choix d’une oppression pour contrer une autre oppression, est-ce bien logique ? Est-ce pertinent ?
Il vaut mieux que certains hommes, politiques ou non, arrêtent de prétendre défendre les femmes sous prétexte d’être contre le burkini. Ainsi, messieurs, gardez-vous de défendre le droit des femmes quand vous répétez systématiquement que tous les hommes ne sont pas de violeurs, que vous êtes incapables de garder le silence pour laisser une femme s’exprimer, quand vous parlez avant elles, des sujets qui les concernent en priorité, quand vous votez pour des lois, ou des élus qui ne luttent pas pour le droit des femmes comme l’UMP ou le FN (voir le PS dans une certaine mesure), quand vous faites du « mansplaining », quand la répartition des tâches ménagères dans votre ménage est inégalitaire, quand il y a inégalité de salaire dans la société que vous dirigez, quand vous commentez systématiquement le physique des femmes athlètes, journalistes, et politiques, quand vous dites qu’une femme est responsable de son viol à cause de sa mini-jupe, quand vous laissez une femme être harcelée dans la rue ou le RER, etc…

Mise à Jour : Caroline Fourest vient de remporter une victoire au tribunal, ceci pour la même affaire que celle dans laquelle, elle était mise en cause lors de son passage à « On n’est pas couché », le talk-show de Laurent Ruquier. A l’époque, elle était accusée de mentir, en disant « j’ai gagné mon procès ». Le jugement confirme donc son mensonge car elle n’avait pas dit « je vais gagné » mais « j’ai gagné » et pour une essayiste, les mots sont, sans aucun doute, importants. On ajoute que cette victoire ne dédouane pas des autres condamnations et avertissement du CSA…

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