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Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Culture | Jeu vidéo | 27.02.2017 - 12 h 24 | 0 COMMENTAIRES
Deus Ex – Mankind Divided : Un Racisme Technologique

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En 2011, Square Enix publiait Deus Ex : Human Révolution, une histoire qui contait un futur sinistre où les firmes multinationales contrôlaient le monde et où les politiques et les médias n’étaient plus que des jouets. Un futur très proche de nous, en somme. En 2016, Deus Ex revient avec l’opus Mankind Divided évoquant la ségrégation, le racisme d’Etat et la misère.

Adam Jensen : Le Retour !

Deus Ex : Un Nouveau Chapitre.
En 2027, la technologie des augmentations, des prothèses cybernétiques high-tech, était le nouveau marché florissant. Mais cette année là, tout s’écroula, lors de l’Incident, à la suite de l’installation d’une puce de contrôle sabotée sur la majorité des augmentés du monde, celui-ci sombra, durant quelques heures, dans une folie meurtrière. Adam Jensen, alors employé chez Sarif Industries, arrêta le processus et découvrit qu’à l’origine du projet, ce trouvait le mystérieux groupe des Illuminatis.
Deux ans plus tard, le monde est devenu bien différent. Depuis l’Incident, le marché des augmentations rentre de plus en plus dans la clandestinité et les augmentés sont victimes d’un racisme et d’une haine profonde par les médias, et les hommes politiques. Adam Jensen lui, habite désormais à Prague et travaille désormais pour la nouvelle organisation anti-terroriste, la Task Force 29.
Deus Ex : Human Révolution évoquait le monde du travail, des entreprises et de la finance. On suivait durant le jeu, les OPA et rachats de titres des différentes entreprises. On visitait les locaux de Tai Yong Médical, de Sarif Industries, de PicusTV et les organisations politiques et militaires étaient encore discrètes. La critique du néolibéralisme et des doctrines libertariennes y était assez habilement développée. Dans Deus Ex : Mankind Divided, ceux sont les Etats qui sont au cœur du jeu. Le jeu critique autant la militarisation de la police que la corruption des hommes politiques. En parallèle de ces sujets, on retrouve le racisme et ces conséquences.

En arrière plan : Après le Monde de Macron, l’Etat de Valls.
Au fil de l’histoire, la présence de la police dans les rues de Prague, principale ville du jeu, sera de plus en plus renforcée, jusqu’à l’Etat d’Urgence, dans les dernières heures. C’est l’occasion de voir une police corrompue et haineuse. Le racisme de l’institution envers les augmentés rappelle évidemment les affaires Traore et Théo, chez nous. Durant le jeu, Adam sera victime de contrôle au faciès, de chantage et même de violence dans le dernier quart du jeu. Cette ambiance de racisme généralisé s’appuie également sur les remarques que font les personnages quand vous circulez dans une rue, mais aussi sur certaines zones, comme le métro, ou la ségrégation racial est visible. Si vous prenez la rame de métro dédiée aux « non-augmentés », durant le trajet, les gens vous regarderont de travers. Et ça fait bizarre, pour un blanc comme moi, de ressentir même virtuellement, ce que peut-être le racisme.
L’autre élément notable de cette ambiance, est la présence des attentats. Comme le racisme, c’est un élément déterminant du scénario complexe du jeu, mais c’est aussi présent dans le décor. Régulièrement, des télévisions allumées et des journaux diffuseront des informations souvent tragiques sur des attentats, renforçant l’angoisse dans la population, et la pression chez le joueur. Bien entendu, les attentats serviront de prétexte à l’Etat d’Urgence, une chose qui rappelle des souvenirs.

Le Complot Mondial : Les USA parlent des classes sociales.
Le complot mondial est une thématique récurrente dans les jeux vidéos, comme Assassin’s Creed avec les templiers ou Area 51. C’est aussi une forme de critique de la classe sociale au travers du prisme d’analyse libérale. La doctrine libérale enseigne que les hommes sont libres d’arbitre d’une manière totale, et qu’ils sont rationnels. En conséquence, dans cette doxa, l’analyse marxiste devient inopérante, ce n’est plus une classe sociale qui fait la guerre à une autre par instinct de survie, mais un complot mue par la volonté propre de son ou ses instigateurs. Ainsi, le groupe Bilderberg, par exemple, n’est plus une réunion qui entretient l’entre-soi de la classe dominante, mais un lieu où les conspirateurs élaborent des plans de manière consciente et volontaire.
Cette conception est, certes, une version droitière de la critique des classes dominantes, qui d’ailleurs se retrouve surtout dans l’extrême-droite, mais c’est aussi, peut-être, le seul moyen de faire de la critique social dans un jeu à gros budget comme celui-ci. En effet, il est plus sensationnel est fascinant de découvrir un complot mondial que d’apprendre que les diners du Siècle sont des lieux de rencontre plus que de discussions. Coucher sur papier, l’analyse marxiste est certes plus réaliste mais beaucoup moins sexy.

Les Illuminatis.

Gameplay : Un jeu presque parfait !
Deus Ex : Mankind Divided corrige deux grosses erreurs de Human Révolution. Le premier était l’impossibilité de finir le jeu de manière pacifique, sans tuer personne, notamment à cause de boss qui n’avaient rien à faire dans un jeu de ce type. La question est désormais réglée, les boss sont absents de ce nouvel opus, place donc, à l’infiltration pure. Le second défaut était la facilité du jeu. Mankind Divided est toujours assez facile surtout pour les joueurs de Dark Project et du premier Deus Ex, mais il est plus difficile que HR. Bien entendu, les augmentations, ces améliorations cybernétiques surpuissantes, sont toujours au rendez-vous avec quelques bonus qu’il vous faudra découvrir. Enfin dernier changement, le personnage est à la fois plus mobile et plus lourd. Il est plus rapide et fait des sauts plus haut, mais le changement dans le gameplay d’infiltration donne l’impression de déplacer un tank quand vous voulez être discret.

Les défauts : C’est trop court !

Bienvenue à Prague…

Human Révolution avait un scénario très simpliste car il posait les bases de l’univers, ce que ne faisait pas Deus Ex (2000). Les choses étant faites, Mankind Divided peut se permettre de rentrer plus avant dans la complexité des conspirations et des jeux politiques et financiers ce qui peut le rendre parfois confus. Le jeu possède un scénario qui ouvre de nombreuses portes, mais la fin ne ferme que quelques unes d’entre-elles. La dernière mission, ne ressemble d’ailleurs pas vraiment à une fin, mais à la fin d’une introduction.
Le problème pour Mankind Divided, c’est qu’il est entre deux jeux. Entre Human Révolution, qui racontait l’histoire des augmentations et du développement de ces technologies, et Deus Ex (2000) qui raconte l’aboutissement et la fusion de toutes les découvertes scientifiques (I.A, nanotechnologie, etc.) ressentes en une forme divine, il ne reste dès lors, pas beaucoup de place. On sait que l’industrie du jeu vidéo à l’habitude des suites, et il faudra placer un maximum de produit entre les deux jeux, il est donc probable que le fait que Mankind Divided soit aussi court viennent d’une retenue des scénaristes pour pouvoir publier plus de suites. Une décision qui impacte malheureusement une narration à la « fin » bancale.

En conclusion…
Deus Ex : Mankind Divided n’est pas meilleur que Human Revolution, il fait des erreurs de scénario, mais corrige les erreurs de gameplay de son prédécesseur. La musique n’est plus aussi efficace et il faudrait suggérer au studio de retravailler de nouvelles versions de Deus Ex (2000) plutôt que de faire des clins d’œil douteux. Cet opus est finalement, un Deus Ex dans la moyenne de la licence, mais c’est un très bon jeu, qui terrifie toujours par le réalisme de son approche.

Actu | BD/Dessins | Culture | Série | 02.02.2017 - 23 h 25 | 0 COMMENTAIRES
« Yuri!!! On Ice » : L’événement Japonais

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Il est rare que les séries animées japonaises mettant en scène un couple d’hommes remporte un succès aussi grand que « Yuri !!! On Ice », surtout auprès du public occidental. Et pourtant, Yuri On Ice est la série japonaise événement de l’Automne 2016. Je vous propose aujourd’hui, de découvrir les raisons du succès de cette série.

Le Synopsis : Influencer & Assumer
Notre histoire commence à la fin du championnat mondial de patinage artistique, où Yuri Katsuki, notre héros, fait une très mauvaise performance après une année déjà médiocre. Il rentre alors chez lui, après cinq ans d’absence, pour reprendre une vie normale, loin des compétitions et des rivalités. Alors qu’il se détend, en reprenant la chorégraphie de Victor Nikiforov, le champion du monde, on fait discrètement une vidéo de sa chorégraphie qui fait rapidement le buzz sur Twitter. Victor qui n’arrive plus à surprendre son public par ses créations, décide, en voyant la vidéo, de prendre Yuri sous son aile, pour le prochain Grand Prix. Mais Victor avait déjà fait une promesse à Yuri Pislesky, le champion junior de Russie, de réaliser pour lui, une chorégraphie.
Le synopsis contient les bases classiques des séries d’animations sportives, et, à de nombreux égards, elle est dans la droite lignée d’Olive & Tom, Eyeshield 21, mais avant tout de Jeanne & Serge. Dans Yuri On Ice, on retrouve, par exemple, les compétitions, les rivalités, et surtout le commentateur présent peu importe la taille de la compétition. Mais le petit plus dans « Yuri On Ice », c’est la relation nouée, entre Victor et Yuri durant les 8 mois qu’ils passeront ensemble. Au fil des épisodes, Yuri passe d’une admiration enfantine pour un Victor glorifié, a un amour sincère pour son entraîneur et ami. Victor, lui, bien plus insouciant, apprendra malgré tout de nombreuses choses sur lui-même auprès du jeune patineur.
Comme nous l’avons dit, l’auteure s’inspire clairement de la tradition du manga sportif mais pas seulement. Le « Yaoi » ou « Shonen-ai » (ou BL) , c’est-à-dire, le manga représentant un couple homosexuel masculin à destination des jeunes filles, est aussi très présent dans la série. Dans Yuri On Ice, les deux genres sont présents de manière assumée et forme une alliance plutôt élégante. Par exemple, aux déclarations niaises très présentes dans le BL, la série préfère que les personnages expriment leur sentiment à travers une performance sportive. Il y a d’ailleurs beaucoup de pudeur dans la monstration de la relation entre Yuri et Victor.  Mais d’après l’équipe de réalisation, c’était avant tout par peur de la censure. En effet les séries animées BL sont généralement diffusées à 2h du matin au Japon. Cette absence de prise de risque à d’ailleurs était qualifiée de « queerbaiting » par de nombreux internautes. Une méthode utilisée pour créer de l’émulation en utilisant l’homo-érotisme, c’était notamment un reproche très présent pour la série « Free! »

Le Graphisme : Investir dans le patinage.
Le graphisme est subtile et sublime, ce qui colle à l’ambiance gracieux et élégant du patinage artistique. De plus, cela permet de mieux mettre en avant l’évolution de Yuri, qui devient de plus en plus beau à chaque épisode. Mais cette subtilité est surtout visible lors des scènes chorégraphiées, car le budget semble y avoir été englouti pour la majorité. Ce qui les rend magnifiques mais n’empêche pas, parfois, un léger manque de fluidité. Heureusement, l’alternance des plans permet d’éviter la lassitude mais qui va rapidement revenir sous une autre forme.
Bien que les chorégraphies soient réellement sublimes, voir les personnages réaliser la même prestation sur les différents concours peut devenir lassant. Sur 12 épisodes, on peut voir quatre fois le même programme de la part de Yuri. On apprécierait de le voir faire d’autres performances, pour se détendre par exemple…
En dehors de ces scènes qui, rappelons-le, sont techniquement abouties, il y a les dialogues qui sont plus rigides et  moins vivants. Des décors fixes ou vides, des corps ou des visages parfois sans mouvement, une habitude dans l’animation japonaise mais qui ne rends pas hommage aux relations entre les personnages que tissent pourtant très bien, la réalisatrice Sayo Yamamoto, tout au long de son histoire.
Considérant que Sayo Yamamoto est une grande dame de l’animation japonaise, on ne doute pas que ces problèmes sont des questions d’ordre budgétaire et non des questions de talent pur. Avec le succès de Yuri On Ice, il ne fait aucun doute que la seconde saison aura un meilleur budget et que Saya Yamamoto démontrera alors son immense talent.

Les Musiques : Répétition & Qualité
Graphisme beau mais parfois lent et répétitif, les musiques accompagnent les chorégraphies et les critiques de celles-ci. A l’instar des séquences de patinage, elles sont sublimes, parfois lentes, et souvent répétitives. Heureusement pour la série, ce défaut est rattrapé par la diversité des mélodies : Flamenco, Pop-Rock, Classique et Opéra sont au rendez-vous. Mais la musique qui restera en tête de tous les spectateurs, c’est « History Maker », le générique de la série. Un générique plutôt lent, pour un anime japonais mais qui annonce dès les premières minutes que nous sortons des œuvres ordinaires.
Et le thème principale de la série, celui qui donne son titre à la série, « Yuri On Ice » ? Cette mélopée décrivant, note après note, l’amour de Yuri pour son entraîneur, ses proches et sa famille, (mais surtout son entraîneur) évoque t-il vraiment l’amour ? Je ne suis pas assez mélomane pour le dire, en revanche il m’évoque beaucoup plus un rêve bleu qu’une certaine chanson d’Aladdin. Et l’évocation, c’est tout ce que je demande à la musique…

Une Histoire d’Amour ou Une Histoire de Commerce ?
Sur de nombreux blogs, des personnes s’interrogent sur la représentation que la série donne des relations homosexuelles. Est-ce réaliste ? Est-ce un fantasme pour jeunes filles ? J’imagine que la réponse est entre les deux. La relation entre Yuri et Victor est beaucoup plus respectueuse, sincère et belle que dans de nombreuses autres œuvres du genre, c’est un fait. Mais pour un occidental comme moi, le fait de ne pas mettre en avant, les baisers et les signes d’affection est un peu dérangeant.
Mais il y a une chose qu’on analyse trop peu souvent : les relations entre les membres d’une communauté sportive. Pour avoir fait de nombreuses compétitions de natation, rares sont les séries d’animation japonaises qui décrivent aussi bien la communauté sportive. Dans la vie réelle, il y a rarement des histoires de réelles rivalités entre les différents sportifs, et bien plus souvent des amitiés sincères. Les entraîneurs ne sont pas des « bons copains », comme dans Free ! ou des « tyrans » comme dans Jeanne et Serge, mais bien plus souvent des personnes prodiguant des conseils et des critiques de manière neutre comme le personnage de Yakov, par exemple.

Alors non, Yuri on Ice n’est pas parfait, et souffre de quelques lacunes. Mais, malgré tout, le résultat est très bon, et on sent une ambition qui fait plaisir à voir, de la part de la réalisatrice. Les musiques sont belles, l’animation aussi. On rit, on pleure, et on s’émerveille des performances de Yuri et des étrangetés de Victor. C’était la série événement de l’Automne 2016, et avec sept nominations aux Anime Awards 2016, c’est un véritable succès. Donc foncez !

Actu | Politique | 24.01.2017 - 14 h 44 | 0 COMMENTAIRES
Pourquoi je vote Mélenchon ?

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En 2012, beaucoup de jeunes, et de moins jeunes, imaginaient que la gauche était arrivée au pouvoir. Aujourd’hui, nous savons tous que c’était une erreur monumentale. Pourtant, certains considèrent que le vote « Mélenchon » est par trop radical. Par conséquent, j’aimerais expliquer ce choix, qui sera aussi le mien.

Je suis de gauche, donc je ne vote pas socialiste.
Pour comprendre, pourquoi, certains, beaucoup peut-être, font le choix de « l’Avenir en Commun », il faut considérer de manière objectif le bilan du parti socialiste. Le bilan du gouvernement est déjà fait et il est plutôt lourd. Le quinquennat commença avec la non-renégociation des traités européens et s’acheva avec la loi Travail. Entre les deux nous avons eut, en vrac, la loi Renseignement, le maintien de l’État d’Urgence, le CICE, la loi Macron, la directive sur le secrets des affaires, les projets TAFTA et CETA, etc… Les parlementaires dont Benoit Hamon, ne peuvent pas être exempter de ce bilan. Sur la loi Travail, Benoit Hamon n’a pas signer la motion de censure de la gauche, par exemple. Il est aussi responsable du maintien inutile (selon un rapport parlementaire), de l’Etat d’Urgence sur l’ensemble du territoire français. De plus, candidat du Parti Socialiste, il aura derrière lui, les mêmes députés, et les sénateurs qui apportèrent leur soutien à la déchéance de nationalité de Valls et Hollande.
Je suis mal à l’aise avec le fait que mon vote, durant la présidentielle puis aux législatives, car c’est désormais une seule campagne, avalise ces comportements droitiers, voir extrême-droitiers. De plus, ce n’est pas en votant pour les mêmes qu’on pourra leur faire comprendre leurs trop nombreuses erreurs.
Dès lors, il ne reste plus d’autres options réalistes que Mélenchon. En premier lieu, car Macron n’est pas de gauche, il est exactement comme Valls, la dérive sécuritaire en moins. Emmanuel Macron, n’est pas écologiste, il est méprisant avec les ouvriers, et ses soutiens sont pour la plupart des banquiers d’affaires, des grands bourgeois ou des économistes vendus à la finance. Rappelons qu’il compte dans ces soutiens des gens aussi sympathiques que Xavier Niel (responsable du licenciement d’Aude Lancelin) ou Alain Minc (En 2008 : « Le marché est très résiliant. ») et compte parmi ces amis, le président du MEDEF, Bernard Gattaz.

Mélenchon et le procès en sainteté.
J’aimerais ici considérer, et analyser, les nombreux procès qui sont fait à Jean-Luc Mélenchon de manière régulière de la part, notamment, des électeurs socialistes.
La première attaque régulière, c’est bien entendu, sur son caractère sanguin. Une chose qui n’est plus présente depuis 2016, dans son discours. Plus sage et plus calme mais toujours aussi bon tribun, il n’est plus le colérique de 2012, et réponds avec le sourire aux journalistes. Cette attaque n’a donc plus lieu d’être, surtout quand on compte dans son parti, un Manuel Valls dont plusieurs colères à l’Assemblée Nationale sont désormais célèbres.
La deuxième attaque, c’est sur son appréciation des événements en Amérique Latine, et notamment concernant Chavez ou son hommage à Fidel Castro. Cette attaque est justifiée, et sa position me dérange également, bien qu’elle soit plus nuancée que ce qu’en disent certains. Au regard de la grande histoire, dans les deux pays, les dictatures socialistes furent un progrès, ce qui de notre point de vue, est bien entendu désolant. Finalement le vrai reproche à faire, ce n’est pas l’hommage, mais le fait de ne pas également avoir rendu hommage aux minorités victimes de ce système. Mais soyons aussi lucide, il n’est pas rare de voir des candidats de gauche fréquentant des infréquentables. François Hollande avait offert la Légion d’Honneur au prince d’Arabie-Saoudite, pays de dictature avec lequel Jean-Marie Le Guen, également socialiste, semble avoir des accointances. Ce n’est pas une excuse, mais c’est une attaque que l’on peut faire à de nombreux hommes politiques, dont Mélenchon, et c’est peut-être ça, le plus triste finalement.
La troisième attaque contre Monsieur Mélenchon, c’est le fait d’être contre l’Europe et de vouloir en sortir. En réalité, les choses sont plus complexes. Mélenchon souhaite la renégociation des traités européens afin d’y introduire de nombreuses dispositions plus sociales et dans supprimer d’autres, notamment la libre circulation des capitaux. Or, la France sera face au « mur de Berlin » dans ces négociations, et devra donc mettre tout son poids dedans, conséquence de quoi la sortie doit rester une possibilité. Mais la sortie de l’UE n’est pas un drame, elle impose juste d’établir des traités bilatéraux avec les différents pays de la zone, comme la Grande-Bretagne s’emploie actuellement à le faire. Enfin, il sera toujours possible de construire une autre Union Européenne sur les cendres de celle-ci, beaucoup plus orientées vers la défenses des populations que vers la technocraties et le lobbying.
La quatrième, et dernière attaque, est sa position sur la Syrie. C’est une position de neutralité absolue et de dialogue. Il est prêt à discuter avec tout le monde, y compris les russes, malgré le fait que ceux-ci soient co-responsable de l’état actuel d’Alep. Le but est de former une véritable coalition contre les groupes terroristes. Honnêtement, je ne connais pas parfaitement le sujet, et certains articles me laissent penser que cette position doit être corriger, mais néanmoins, je préfère une position neutre avec la Russie, plutôt qu’un copinage malsain comme ce que l’on fait au Front National avec Poutine et Trump, ou au Parti Socialiste où c’est à celui qui insultera le mieux les dirigeants russes.
Il y a bien entendu d’autres positions qui sont discutables chez lui, notamment le fait qu’il soit défavorable au Conseil Représentatif des Associations Noirs. C’est une position que je peux objectivement comprendre quand on voit la place que le CRIF prends depuis de nombreuses années, mais le CRAN n’est pas le CRIF, et Mélenchon pourrait sans doute changer d’avis sur le sujet. Mais dans l’absolu, être défavorable ne signifie pas interdire.

Voter Mélenchon : Les bonnes raisons.
Jean-Luc Mélenchon n’est donc clairement pas un saint, et certaines de ses positions sont discutables et discutées. Il ne faut pas croire que La France Insoumise est une sorte de secte soutenant religieusement toutes les positions de son leader. Ce serait une erreur grossière que le PCF, membre de la France Insoumise, corrigera rapidement pour vous. Malgré tout, le programme « l’Avenir en Commun » est plein de bonnes idées.
En premier lieu, le programme est très écologique. Il prévoit notamment de fermer les centrales nucléaires devenues, pour certaines extrêmement dangereuses, et d’ouvrir la voie aux hydroliennes notamment et plus généralement, aux énergies vertes. Le programme expose également un plan de réforme de l’agriculture s’appuyant sur les conseils de la confédération paysanne, pour une industrie agroalimentaire beaucoup plus saine et d’une bien meilleur qualité.
Le deuxième point fort du programme est la dimension sociale de celui-ci. La mesure la plus notable est sans doute la revitalisation de la sécurité sociale, inspirée par celle d’Alsace-Moselle, réputée beaucoup plus efficace que dans le reste de la France. Mais aussi un vrai pouvoir dans les entreprises, pour les salariés, notamment en aidant ceux-ci à racheter leur outils de travail quand les actionnaires abandonnent le navire comme ce fut le cas dans de nombreuses usines, ces dernières années.
Un autre point intéressant est la question des privatisations d’entreprises publics comme la SNCF ou EDF où les autoroutes quasi-données à VINCI. La France Insoumise est contre, en premier lieu, car c’est très coûteux à la société civil, ensuite car ces entreprises n’entretiennent pas correctement les rails ou autoroutes confiés à leur soin, et que cela engendre des risques d’accident qui ne sont pas acceptables.
Ces quelques points symboliques (le programme fait 300 pages), mettent en avant le projet derrière l’Avenir en Commun, une société plus juste, plus verte avec une France innovante. Alors non, Mélenchon n’est pas parfait, je le sais, il le sait, tout le monde le sait, mais qui peut prétendre l’être. Son programme est, au moins, construit et cohérent. Il est favori dans les sondages, à gauche, il n’est pas un ancien ministre de Hollande et n’a donc pas à s’encombrer du poids des cinq dernières années qui tueront la candidature socialiste, comme elles viennent de tuer Valls à la primaire. Surtout que les cafouillages dans les chiffres feront sans doute de l’ombre au vainqueur de cette Belle Alliance Impopulaire…
Enfin en tant que LGBT+, je suis heureux de voir qu’un livret thématique sera spécialement développer et disponible en Février, il devrait contenir quelques mesures dont :

-Défense de la laicité contre les pressions des églises
-Egalité des droits entre couples pacsés et mariés y compris à l’occasion
du décès du partenaire (funérailles, succession, pension de réversion…)
-Etablissement de la filiation par reconnaissance comme principe par défaut
-Ouverture de l’adoption à tous les couples, mariés ou non, puisqu’un célibataire peut déjà adopter
-Identité de genre : changement d’état civil libre et gratuit
-Droit à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes
-Plan de lutte contre les violences et discriminations fondées sur le genre ou l’orientation sexuelle

Pour toutes ces raisons, cette année, je vais choisir Jean-Luc Mélenchon, à la présidentielle. Libre à vous de faire de même ou non, mais au moins, vous savez pourquoi les gens votent pour lui, maintenant.

Actu | Culture | Série | 15.01.2017 - 13 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Pourquoi je n’aime pas « Looking » ?

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Ce week-end, j’ai regardé SKAM, la série norvégienne, dont la troisième saison est centrée sur une relation homosexuelle. J’ai beaucoup aimé, et par conséquent, je me suis demandé pourquoi je n’avais pas aimé Looking qui tournait également autour des relations homosexuelles. Je vous propose donc aujourd’hui d’aborder la série et ses erreurs.

Le Scénario : Simple, Trop Simple.
Looking raconte l’histoire d’un groupe d’amis homosexuels qui passent le cap des trente-cinq ans (plus ou moins). On suit ainsi la vie des différents protagonistes à travers leurs amitiés et leurs relations tumultueuses. On pourrait considérer que c’est un remake plus réaliste et plus moderne de Queer As Folk, mais le point d’intrigue est très différent.
Dans Queer As Folk, deux éléments viennent perturbés la vie des héros dès le premier épisode : la rencontre de Brian et Justin, et la naissance de Gus, le fils de Brian. Dans Looking, on identifie assez mal, l’élément perturbateur, et par conséquent, on suit juste des personnages qui font leur vie. J’ai cru un moment que l’élément perturbateur était l’âge du personnage principal, Patrick, mais la série ne semble pas être d’accord, vu le comportement de celui-ci. En fait, il n’y a pas vraiment d’intrigue, et pour cela, il suffit d’analyser la fin de la série, c’est-à-dire, le film. Looking, le film, ne nécessite presque pas d’avoir regarder la série avant, alors qu’il en est la conclusion. C’est étrange car j’imagine mal quelqu’un comprendre quelque chose à « Day of The Doctor » sans avoir jamais vu Doctor Who, par exemple.

Les personnages : Des personnages réalistes, enfin presque…
C’est le point fort de la série, car si l’intrigue est réduite au strict minimum, ce n’est pas le cas pour les personnages qui sont développés de manière assez intéressante. C’est là que l’absence d’intrigue revient, mais comme une qualité. Un défaut de Queer As Folk était le comportement de dédoublement de personnalité de Justin qui est colérique (Saison 2) puis gagne en maturité (Saison 3), puis régresse (Saison 4) avant de redevenir calme (Saison 5). En fait, le personne servait l’intrigue plutôt que l’inverse. Dans Looking, comme l’intrigue est vide, les personnages ne souffrent pas de ce défaut. C’est d’ailleurs une qualité remarquée, vu le nombre de prix que la série a reçu pour le jeu des acteurs.
En revanche, la série n’ayant que ses personnages, une saison suffisait largement. Dans Lost, les personnages étaient la principale proposition aussi, mais leur nombre très important, ainsi qu’une intrigue en fond, faisait tenir le spectateur beaucoup plus longtemps. De même, The Wire était une série très centrée sur ses personnages mais elle avait pour but l’étude sociologique, ce qui n’est clairement pas le cas dans Looking.

La Réalisation : True Detective à San Francisco.
Jusqu’ici, je considérais que c’était des choix de réalisation de l’équipe : réduire l’intrigue pour avoir plus de réalisme dans les personnages et pouvoir en faire une vraie analyse. Mais l’énorme défaut de la série, c’est la réalisation, absolument abominable de A à Z. Le seul bon point de la réalisation sont les angles de caméra, qui sont classiques mais les excès de style dans ce genre de série rendent souvent le tout, ridicule. Pour le reste, vous pouvez tout jeter.
La série est filmée avec le même filtre grisâtre et triste que True Détective, sauf qu’une série aborde des relations amoureuses et l’autre une série de meurtre. Du coup, les moments romantiques, on l’air d’être une souffrance. San Francisco semble avoir perdu sa vitalité, et tout le monde semble en dépression chronique. Au final, Looking, c’est le contraire de Sense8, les deux séries abordent une galerie de personnages, mais là où Sense8 respire la vie, Looking ressemble à une série mort-vivante.

Conclusion : Quand je regarde une série, généralement, c’est pour me sentir bien. C’est pour cela que je préfère « Du Coté de Chez Fran » à « Une nounou d’Enfer », ou que je ne regarderais jamais House of Cards. J’ai même failli stopper Game Of Thrones après l’épisode des Noces Pourpres. Looking aurait pu être une série « feel good » comme Sense8, The Real O’Neals ou la saison 3 de Skam. Sauf que sa réalisation sans couleur, terne, et un scénario très lent et vide, me donne l’impression de regarder des dépressifs qui s’aiment. C’est mignon, c’est gentil, mais ça donne franchement pas la pêche.

Pour aller plus loin : Sur le réalisme dans les séries

Actu | Culture | Politique | 03.11.2016 - 20 h 42 | 0 COMMENTAIRES
Aude Lancelin : Ceci est une histoire tirée de faits réels.

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Une dernière chronique sur Yagg, une dernière chronique qui, une fois n’est pas coutume, sera littéraire. Le prix Renaudot 2016, catégorie Essai est attribué, à Aude Lancelin, « La Licenciée Politique » de l’Observateur. Alors qu’est ce que son ouvrage, « Le Monde Libre » peut vous apprendre sur la presse, et en particulier la presse de « gôche » ?

« Le Monde Libre » : Critique de la déchéance journalistique…
Pour reprendre la phrase de son compagnon, Frédéric Lordon, Aude Lancelin « n’apporte pas la paix ». Dans son ouvrage, elle décrit la décrépitude d’un journal de gauche, « L’Obsolète », avec la plume acérée et moqueuse que la colère mêlée de lucidité engendre souvent. Les actionnaires sont dépeints comme un triumvirat d’obscurantistes luttant contre toutes les idées qui ne sont pas dans l’air du temps, qu’elles soient rénovées ou novatrices. Le fondateur, Jean Daniel, n’évoque rien de plus qu’un fantôme hantant son bureau, une personnalité autrefois complexe, aujourd’hui en profonde putréfaction.
Ainsi, suivons nous l’évolution d’Aude Lancelin de son entrée dans les années 2000, dans le journal, jusqu’à son expulsion en 2016. Selon elle, et la chronologie des événements lui donne raison, elle fut expulsée pour des motifs politiques, notamment à la suite de la Une avec Emmanuel Todd et de son très actuel ouvrage « Qui est Charlie ? ». Les autres raisons, plus personnelles, sont son amitié pour un Alain Badiou et surtout sa relation avec Frédéric Lordon, avec lequel, elle semble pourtant avoir quelques désaccords politiques affirmés.
Le livre est clairement celui d’une journaliste qui, déformation professionnelle, cite très (trop ?) souvent les différents protagonistes dont elle change les noms pour prendre quelques distances. Le style est pourtant celui d’une femme qui aime les lettres, et l’assume fièrement. Ce n’est pas un reportage en version papier, c’est une véritable œuvre littéraire avec sa dimension artistique. Malheureusement, l’ouvrage n’est pas destinée aux classes populaires. La langue est jolie mais elle fait beaucoup plus « médecin libéral » que « ouvrier chez Saint-Gobain », mais j’imagine qu’il est plus dirigé vers les lecteurs de l’Obs que vers le lecteur de Stephen King et Maxime Chattam.

Les Réactions Médiatiques : Jean Daniel sort de son tombeau & Causeur parle pour ne rien dire…
La remise du prix Renaudot à Aude Lancelin doit être un événement apocalyptique pour que le christique fondateur de l’Obs, Jean Daniel, ressorte une nouvelle fois de son tombeau. Il déclare pour sa défense personnelle que : «   j’ai passé ma vie dans des combats autrement plus importants que ceux qui opposent aujourd’hui les idéologues sectaires à une gauche à l’agonie ? Vilipendés par les paras de l’Algérie française, par les ultras du Likoud israélien et par les communistes. » Une ligne de défense intéressante. Cela signifie que depuis ma naissance, en 1992, Jean Daniel n’a jamais combattu pour une idée ou un principe. Depuis 25 ans, et en particulier, la chute du mur, ce journaliste, ce leader d’opinion que beaucoup célèbrent encore, n’a rien fait. Plus de pensée et plus de combat…Alors que fait-il encore là ?
De l’autre côté, nous retrouvons la critique minimale de Causeur, le torchon d’Elizabeth Lévy. En effet, Roland Jaccard, psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, plombier et peut-être pâtissier, nous résume l’ouvrage en deux paragraphes médiocres avec pour conclusion de faire le reproche à Aude Lancelin de ne pas avoir publié l’ouvrage avant son licenciement. Je trouve pour ma part que faire reproche aux gens de vouloir conserver leur emploi dans un monde ultra-précaire n’est pas la critique la plus utile ou subtile du monde. Surtout que le journaliste-plombier ne dit pas que Causeur est cité dans l’ouvrage et dans quel contexte… Pas très honnête…

Conclusion : Le Monde Libre est un ouvrage de salubrité journalistique !
Il faut lire le livre pour comprendre l’état de la presse française, car Marianne et Libération, par exemple, sont dans des états proches de celui de l’Observateur. Aude Lancelin ne demande pas vos larmes, elle offre son témoignage, son diagnostique. Au moment de la grève à I-Télé, et de la décomposition de Canal+, ainsi que de la chute annoncée de nombreux titres de presse qui multiplient les plans sociaux, cet ouvrage parle autant d’un journal que d’un pays et de sa liberté d’expression.


Merci à Yagg, pour avoir offert à moi, comme aux autres lecteurs, une diversité d’opinions et de sujets de réflexion auxquels je suis heureux d’avoir parfois participé. Je ne connais pas personnellement la rédaction de Yagg, et j’avais parfois des désaccords avec eux. Mais grâce à eux, j’ai évolué sur de nombreux sujets plutôt que de rester sur des convictions infondées. Alors peut-être que Yagg disparaîtra mais son empreinte restera inscrite chez tous les lecteurs d’une manière ou d’une autre, qu’on aime ou qu’on déteste, qu’on soit d’accord ou pas, qu’on critique ou qu’on soit silencieux… Et c’est sans aucun doute le plus important !

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