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Le Blog des Gais, Gaymers, et des Gamers de gauche
Actu | Culture | Politique | 27.08.2016 - 10 h 56 | 6 COMMENTAIRES
Caroline Fourest, le Burkini, et l’Afro-féminisme…
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Alors que le Conseil d’État vient de mettre fin aux arrêtés contre le burkini, je constate, sur Twitter, comme dans les journaux, que la polémique de l’été, aura été la cause d’un nombre hallucinant de dérives racistes et de déclarations honteuses. Peut-être, est-il temps d’émettre une analyse constructive et sérieuse plutôt que de terminer un article en appelant à opter pour le nudisme

Au début de la polémique, je n’avais pas d’avis sur le burkini, et, comme beaucoup de gens, je n’avais rien à faire de trois femmes sur une plage de Corse. Mais les médias, et les hommes politiques de droite, dont certains membres du PS, ont fait de cette question mineure le débat majoritaire de l’été et de la rentrée. Ainsi la promulgation de la loi Travail, où le refus par l’Assemblée Nationale de voter un amendement contre le harcèlement sexuel ne feront pas les gros titres. Voici, donc la saga de l’été, par TF1, Sarkozy, Valls et Philippot : le burkini.

Les Politiques et « Les Penseurs » : Du Harcèlement au Burkini
« Les électeurs ont la mémoire courte » titrait en 2012, Gil Delonnoi, dans le Nouvel Observateur. Il avait raison, mais ce n’est pas le cas de Twitter ainsi que de Facebook. Le 23 Juin, quelques semaines après l’Affaire Baupin, un amendement proposait que « les personnes condamnés pour harcèlement ou viol soient inéligibles ». Avec 15 votants sur 577, dont 9 étaient « contre », notamment chez les socialistes, l’amendement fut rejeté. En considérant que 94% à 96% des victimes de harcèlement sont des femmes, on peut dire que les personnalités politiques de notre pays se moquent éperdument de la condition des femmes. Rappelons qu’en 2015, au parlement européen, une loi sur l’égalité hommes-femmes, avait été bloquée par les conservateurs de l’UMP comme du FN.


Alors, quand Nicolas Sarkozy, Christian Jacob, Manuel Valls, Marine Le Pen ou encore Florian Philippot viennent prétendre défendre le droit des femmes devant les citoyens, il conviendrait de réinscrire cet argument dans son contexte. Les droits des femmes n’est clairement pas le sujet. En témoigne, leur comportement vis-à-vis des combats féministes actuels. Citons, par exemple, le harcèlement de rue, dont ni le PS, ni l’UMP, et encore moins le FN, ne semble comprendre les enjeux, et dont aucun ne semble vouloir s’emparer alors que le sujet faisait les gros titres en Juillet au Royaume-Uni.
Le bilan des différents partis politiques français, qu’ils soient au pouvoir, ou dans l’opposition, n’est pas très glorieux, en matière de féminisme. Mais de fait, en France, cela semble une tradition dans la classe dirigeante que de n’avoir que faire de la condition féminine. En effet, entre 1919 et 1945, le vote des femmes fut proposé trois fois, et les conservateurs, en particulier, les sénateurs, bloquèrent le débat et le vote. Inutile de dire qu’en 1936, le Front Populaire avait pourtant voter cette mesure à l’unanimité. C’est une réalité terrible à admettre pour beaucoup d’entre-eux et d’entre-nous, mais oui, la très grande majorité de nos hommes politiques sont des machistes et des sexistes, en témoignage les affaires Baupin et Tron.
Alors, ces personnalités politiques et anti-féministes, pourquoi parlent-elles du burkini alors que les autres oppressions sont entretenues dans l’indifférence généralisée ? Après tout, le burkini existe depuis plusieurs années, pourquoi maintenant ? La raison est aussi nauséabonde qu’elle est simple, c’est bien entendu l’élection présidentielle qui est au cœur de cette polémique. Quelle coïncidence que Nicolas Sarkozy annonce sa candidature à la primaire de la droite, et la sortie de son livre quelques jours après cette polémique… Mais ne soyons pas complotiste, cette polémique sert absolument la totalité de la droite, et pas uniquement Sarkozy. Le FN fait son beurre, et Valls aussi, et nous n’entendons que des hommes, sur un sujet qui concerne exclusivement des femmes, bien entendu…

Le Burkini et Caroline Fourest : « Mal à l’aise » ?

Caroline Fourest (essayiste, éditorialiste, réalisatrice)

Je fais volontairement un encart à propos de Caroline Fourest, mais pourquoi ? Caroline Fourest est une féministe, mais c’est aussi une figure des luttes LGBT+ dont le « Mariage Pour Tous », et c’est véritablement un problème. Ma famille n’est guère au courant des choses de la vie politique et intellectuelle du pays, mais quand je demande une « intellectuelle lesbienne connue » en France, le premier nom, c’est Caroline Fourest. Pour la plupart des gens, est sûrement involontairement de leur part, comme de celle de Caroline Fourest, son travail et ses actes sont associés à notre communauté. A cause de son statut d’ « intellectuelle » médiatique, ses travaux, ses tribunes et ses procès donnent parfois, une mauvaise image de notre communauté, notamment auprès des musulmans.
En plus d’une méthode d’attaque frontale aussi puérile qu’inutile comme le démontre le succès de SOS racisme avec un FN à 20%, Caroline Fourest fait aussi l’objet de nombreuses critiques. Elle fut rappelée à l’ordre par le CSA, elle fut en procès pour plusieurs livres, où elle fut déclarée, plusieurs fois, coupable. Que Caroline Fourest veuille apparaître dans les médias est un droit, mais le droit d’expression, s’accompagne d’un devoir d’exactitude surtout si on se fait parfois le porte-voix d’un groupe social. Maintenant que la critique contre son comportement est actée, abordons le problématique de sa tribune douteuse contre le burkini et en particulier la fin :
« Toute personne un tantinet féministe ou simplement inquiet du radicalisme se sentirait mal à l’aise à l’idée de se baigner à côté d’une femme ou d’un groupe de femmes en burkini. Porter ce maillot intégriste sur la plage revient à dire aux autres qu’ils sont indécents ou que leur semi-nudité vous obsède. Fatigant. Quand on va à la mer, c’est pour se détendre, pas pour se prendre les problèmes psychologiques ou les convictions idéologiques des autres en pleine figure. Si quelqu’un est si mal à l’aise avec son corps et croit en la pudeur, il peut tout simplement éviter de se baigner en public et choisir des espaces plus pudiques… Comme une piscine privée ou sa baignoire. »
La question du burkini peut-être sujet à débat entre les féministes, ce n’est pas la question. Après tout, je suis un homme, ce n’est pas moi qu’on cherche à oppresser, ou pas, avec ce vêtement. En revanche, ce paragraphe contient un terme très problématique : « mal à l’aise ». Pourquoi est-ce problématique ? Car, Caroline Fourest, prétendue intellectuelle, doit fournir un travail s’appuyant sur la raison pure et les principes de causalité. Or, le fait de légitimer ainsi un sentiment, sans le questionner ou l’analyser est un sérieux défaut de son article. Sous prétexte de féminisme, nous devrions être mal à l’aise ? Alors pourquoi Caroline de Haas, n’est pas outrée par le burkini ? Pourquoi moi-même, qui me considère comme pro-féministe, le burkini ne me dérange t-il pas ?
J’ai grandi dans une famille ouvrière de droite, avec tout ce que cela peut avoir d’éducation raciste. Je connais très bien, ce sentiment de malaise, je le connais même trop bien. A cause de ma socialisation raciste, je me sens mal à l’aise à côté d’une personne de couleur. Oui, je suis raciste, involontairement, contre mon gré, et je lutte contre ce comportement tous les jours, mais je suis raciste. Alors, je connais très bien, ce sentiment de « malaise », c’est le sentiment de quelqu’un qui est raciste. C’est le comportement type de quelqu’un qui à peur de la différence culturelle et qui ne s’interroge même pas sur ce comportement.

Afro-féminisme et intersectionnalité : Du Burkini au Camp Décolonial

Rudolf Ernst (1854)

L’afro-féminisme est une de mes découvertes de l’année 2016, notamment grâce à Nuit Debout, mais aussi à Nadia – La Ringarde, une vidéaste afro-féministe que je vous conseille. L’afro-féministe est un courant intellectuel à l’intersection entre la lutte contre l’esprit néo-colonial et le féminisme.
Concernant le burkini, les afro-féministes ont un positionnement beaucoup plus modérées que les féministes plus » classiques ». En effet, si l’histoire des luttes féministes en France, comme ailleurs, ce fait par l’intermédiaire d’un dévoilement du corps. Ce n’est pas le cas pour les femmes issues des zones colonisées. En effet, dans l’imaginaire collectif des colonies, les femmes arabes étaient souvent vues dénudées dans des harems, où, libérée par le colonisateur/civilisateur, elle s’offrait ensuite à lui. Ainsi, dans une émission de France Culture du 27/08/2016, on apprend que, aujourd’hui, le tag porno le plus recherché de France, c’est « beurette », un héritage d’une époque peut-être pas si révolue…
Si les hommes blancs hétéros et cisgenres, acteurs de l’oppression, veulent des femmes dénudées et sauvages, n’est-ce compréhensible que celles-ci cherchent à s’habiller de nouveau, et le cas échéant, pourquoi pas avec un burkini ? Un ancien ami à moi m’avait confié que, quand il couchait avec sa femme, noire, il avait l’impression « d’être un colonisateur », édifiant. (Critique de ce point de vue)

« Le bain turc » Ingres (1862)

Au sujet de la lutte afro-féministe, il faut apporter quelques points de détails. Notamment au sujet du fameux « camp dé-colonial » qui fait tellement polémique. Les recherches de Bourdieu, de Foucault, et de la French Theory, en général, on fait la preuve que nous sommes tous, à la fois, oppresseurs et oppressés. Les zones non-mixtes comme le camp décolonial sont des zones dites « safe », c’est-à-dire, où l’on cherche à réduire au maximum l’oppression subit par les individus pour qu’ils s’expriment librement sans être systématiquement arrêter par des objections de convenance comme le fameux « Not All Men » que subissent régulièrement les féministes, notamment sur Twitter. C’est exactement la même chose que lorsqu’on refuse un homme dans une réunion de victime de viol non-mixtes, et tout le monde comprendra qu’une victime de viol ne souhaite pas s’exprimer en présence d’un homme.

« Le burkini est un vêtement comme les autres » : Nuancez-vous !
Alors le fameux burkini, est-il un vêtement comme les autres, oui ou non ? La réponse est en fait, oui ET non. En dehors de l’évidence : c’est un morceau de tissu, le burkini est surtout le fruit d’un déterminisme. Tous les vêtements que nous portons, sont le fruit de déterminismes : la mode, le goût, la culture, la religion, les valeurs politiques, l’éducation, autant de choses qui ont pour conséquence que madame porte un burkini et pas vous. Est-ce grave ? Pour moi, cela dépend beaucoup plus de la personne qui porte le vêtement que du vêtement en lui-même.
Si la personne est une afro-féministe militante, elle sait pourquoi elle fait le choix de ce vêtement, par exemple. Il en va de même pour une étudiante en sociologie qui aura très probablement conscience que son éducation religieuse l’oriente dans cette direction. En fait, les raisons et les déterminismes m’intéressent beaucoup plus que le vêtement. Mais ne soyons pas chauvin, j’en attends autant des hommes en short de bain et des femmes en bikini ou monokini. On choisit ses vêtements sous de nombreux motifs, l’important c’est de les connaître et d’être conscient de leur implication. Et donc finalement, mon avis est moins intéressant que les nombreuses questions que j’aimerais poser à celles qui portent le burkini. Sauf que, bien entendu, la presse interview plutôt Sarkozy, Juppé ou Valls que les premières intéressées.

« Gardez-vous bien de dire que vous luttez pour le droit des femmes… »
Je m’interroges beaucoup sur une société théocratique ou pseudo-démocratique qui interdit un style vestimentaire à la gente féminine. Encore une fois, on fait le choix, à la place d’une femme, on fait donc le choix d’une oppression pour contrer une autre oppression, est-ce bien logique ? Est-ce pertinent ?
Il vaut mieux que certains hommes, politiques ou non, arrêtent de prétendre défendre les femmes sous prétexte d’être contre le burkini. Ainsi, messieurs, gardez-vous de défendre le droit des femmes quand vous répétez systématiquement que tous les hommes ne sont pas de violeurs, que vous êtes incapables de garder le silence pour laisser une femme s’exprimer, quand vous parlez avant elles, des sujets qui les concernent en priorité, quand vous votez pour des lois, ou des élus qui ne luttent pas pour le droit des femmes comme l’UMP ou le FN (voir le PS dans une certaine mesure), quand vous faites du « mansplaining », quand la répartition des tâches ménagères dans votre ménage est inégalitaire, quand il y a inégalité de salaire dans la société que vous dirigez, quand vous commentez systématiquement le physique des femmes athlètes, journalistes, et politiques, quand vous dites qu’une femme est responsable de son viol à cause de sa mini-jupe, quand vous laissez une femme être harcelée dans la rue ou le RER, etc…

Mise à Jour : Caroline Fourest vient de remporter une victoire au tribunal, ceci pour la même affaire que celle dans laquelle, elle était mise en cause lors de son passage à « On n’est pas couché », le talk-show de Laurent Ruquier. A l’époque, elle était accusée de mentir, en disant « j’ai gagné mon procès ». Le jugement confirme donc son mensonge car elle n’avait pas dit « je vais gagné » mais « j’ai gagné » et pour une essayiste, les mots sont, sans aucun doute, importants. On ajoute que cette victoire ne dédouane pas des autres condamnations et avertissement du CSA…

Actu | Associatif | Culture | Politique | 15.08.2016 - 11 h 29 | 0 COMMENTAIRES
Salaire à vie : Une utopie ?
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Le projet de l’association « Réseau Salariat » de salaire à vie, développé d’après les thèses et ouvrages du sociologue Bernard Friot remporte un grand succès dans la gauche critique. Une solution possible à l’augmentation mécanique du chômage qu’évoque des intellectuels comme Paul Jorion et Jeremy Rifkin ? C’est ce que nous allons voir, en nous appuyant sur les vidéastes français qui soutiennent ce nouveau projet de société.

Le salaire à vie (Bernard Friot) par Usul.
Cette vidéo présente les modalités et avantages du projet de salaire à vie. Au cœur de cette vidéo, on trouve la différence entre le travail, et l’emploi, ainsi qu’une description de la valorisation du travail dans un système capitaliste classique.

Revenu de base ou salaire à vie : vers une société sans travail ? par DanyCaligula.
Ici, le vidéaste présente les différents projets de « revenu de base » ou « revenu universel » dont le salaire à vie est une modalité. Le revenu de base pouvant avoir des modalités ultra-libérales pourvu qu’il protège les privilèges des ultra-riches.

Conférence de Bernard Friot et d’Usul par La Plèbe Au Pouvoir.
Si vous avez des questions sur cette proposition, la conférence organisée à Science-Po Rennes entre Friot et Usul devrait éclaircir quelques points. Il est notable que beaucoup de jeunes sont présents à cette conférence.

Conférence gesticulée de Bernard Friot par Réseau Salariat.
Légèrement plus austère que les trois précédentes vidéos, dans celle-ci, Bernard Friot présente ici son projet et la construction de sa théorie en y mêlant des tranches de vie. Elle est aussi beaucoup plus longues que les autres vidéos (pratiquement 3 heures).

De nombreuses autres vidéos, articles et analyses sont disponibles sur le net. Les sources sont très nombreuses, je vous conseille donc de directement faire un tour du sujet via votre moteur de recherche.

Actu | Culture | Numerique | Politique | 18.07.2016 - 17 h 07 | 1 COMMENTAIRES
« La gauche m’a tuer » : Comment les vieux deviennent racistes/homophobes sur le net ?
la blague

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Le site « La Gauche m’a tuer » appartient à Mike Borowski, un ancien soutien de Sarkozy. Depuis quelques années, le site est une cible privilégiée des sites de « debunking », ces sites qui déconstruisent rumeurs et mensonges sur le net, avec faits et sources à l’appuie. Aujourd’hui, je vous propose, à travers cet exemple, de découvrir comment l’extrême-droite séduit les personnes âgées, vos oncles, vos tantes et vos grands-parents…

« La Vérité m’à gêner » : La mise en page dite « pute-à-clic ».

"Clickbait everywhere !"

« Clickbait everywhere ! »

Quand on tape « La gauche m’a tuer » sur un moteur de recherche, on tombe en premier lieu, sur le site, et en dessous, rapidement, sur ceux qui l’attaquent pour mensonges, erreurs, approximations, racisme. L’entrée du site n’est pas aussi agressive que les forums obscures de la fashosphère, il est même plutôt accueillant dans sa mise en page. Les couleurs sont douces, les teintes sont grises et bleutées, rien d’étonnant jusqu’ici. Les choses sérieuses commencent avec les titres des différents articles, tel que : « La famille de Bouhlel a reçu d’une manière illégale 100 000€, quelques jours avant l’attentat de Nice » ou encore « Les Niçois, nouvelles victimes du « vivre ensemble » imposé par nos gouvernants. » Ces titres posent problèmes car, à l’heure de l’écriture de ses lignes, le profil psychologique de l’auteur du massacre de Nice, n’est pas encore parfaitement connu des autorités en charge de l’enquête, et beaucoup sont perplexes sur le terme de « radicalisation express » chez les psychologues et sociologues. On déroule la page, et la liste des articles au nom « pute-à-clic » s’allonge. « Moi, Adrien 79 ans, payé 400 par mois. » ou encore « Doit-on rétablir la peine de mort pour les assassins d’enfants ? ». On vous offre donc le choix entre manipuler votre empathie envers les personnes âgées, ou alors utiliser envers les enfants, faites votre choix. La pulsion du clique finit par venir, si ce n’est pas ça, ce sera l’article avec « Irak : Une église catholique détruit à Mossoul. » Vous trouvez que la majorité des titres parlent d’immigration ou d’islam ? C’est que les rubriques phares du site : Internationale, Société, et Politique, n’abordent que ce sujet en ce moment. Rassurez-vous le site est également pro-Manif’ Pour Tous et anti-féministe, il y en a pour tout le monde, mais l’heure n’est pas au débat, l’heure est à la propagande, même chez les opposants au gouvernement.
Les articles du site n’ont pour ainsi dire pas ou peu de mise en page. Vous aurez, une illustration, le nom de l’auteur, et le texte et c’est tout. Il n’y aura pas de vidéos explicatives, il n’y aura pas de liens hypertextes. Le corps du texte en lui-même, n’est guère accessible et n’attire pas vraiment l’œil. Les articles ne possèdent pas de mise en page régularisée : selon l’auteur vous aurez des titres et un développement identifiables ou alors un gros bloc indigeste. De quoi cette mise en page est-elle le signe ? Sans doute du fait que les rédacteurs ne sont pas des journalistes professionnels, ou mêmes amateurs, car la mise en page sur internet, c’est la base. Un texte trop austère ne sera pas lu, d’ailleurs certains articles ne comptent que 64 vues. La différence entre la page d’accueil et le contenu des articles dénote d’autre chose, une volonté de s’enrichir plutôt que d’informer. Une fois la page de l’article ouverte, peu importe que le texte de l’article soit illisible ou austère, les pubs sont visibles par le consommateur. En plus, à chaque fois que vous cliquez sur un article, vous avez une chance sur deux de tomber sur une fenêtre pop-up.

« L’économie, j’ai rien compris » : Les articles sont imprécis ou faux.

Un modèle pour l’ami Mike, j’imagine…

« C’est la crise, ma bonne dame ! », mais comme je suis de bonne composition, je vais faire l’impasse sur l’indigence de la forme pour faire l’analyse du fond, sur un sujet sur lequel j’ai un minimum d’expertise : l’économie. Le titre de l’article ce sera : « Les cadeaux électoraux de Hollande coûteront 6,5 milliards d’euros au Français ». Je suis tellement de bonne composition que je prends un article dont le contenu pourrait m’intéresser et qui pourrait avoir un autre fond que « les méchants immigrés » (C’est rare sur ce site !)
Bon, je sais que je ne suis pas un expert en orthographe et en grammaire, mais tout de même, je ne tiens qu’un blog, pas un média entier. Comment peut-on prétendre tenir la direction d’un site d’information quand on fait des fautes de syntaxe ? Un exemple représentatif : « Nous consacrons déjà plus de 650 milliards d’€ par an de notre Produit Intérieur Brut à ce social dévastateur soit 32% près de 10 points de plus que tous autres pays de l’Union Européenne et pourtant ce n’est jamais assez, il faut rajouter 6,5 milliards pour 2017. » Les virgules, visiblement, c’est pour les faibles, ou les communistes.
Outre la syntaxe qui s’affole, le vocabulaire est assez savoureux. Voici revenir, mesdames et messieurs, sous un habile tour de magie, la rhétorique de Valls, Royal, Sarkozy, Balkany, à propos de l’assistanat. Le champ lexical de la glande fait ici l’objet d’une mise en avant qui ferait même frémir Orelsan et Gringe qui sont pourtant, les experts en matière de feignasse : « inactivité », « assistanat », « non-travail », « profiteurs », bref, le ton est donné.
Alors qui sont ces profiteurs ? Les professeurs, les chauves, les arabes, les cisgenres, les prostituées du Bois de Boulogne ? En vérité, à la fin de l’article, nous ne savons pas qui sont ces assistés, on nous parle « des quartiers ». C’est pour le moins imprécis, est-ce les associations ? Est-ce les écoles et collèges ? Est-ce les résidents des « quartiers » ? Mystère… (En vérité ceux sont surtout les vieux, d’après Challenges)
L’autre information dont l’article souhaite faire l’analyse, c’est le chiffre du titre « 6,5 milliards » au titre des cadeaux de Hollande. Mais l’ami Mike fait quelques erreurs symptomatiques. Reprenons ensemble, la phrase centrale et sans syntaxe, citée plus haut : « Nous consacrons déjà plus de 650 milliards d’€ par an de notre Produit Intérieur Brut à ce social dévastateur soit 32% près de 10 points de plus que tous autres pays de l’Union Européenne et pourtant ce n’est jamais assez, il faut rajouter 6,5 milliards pour 2017. » Dans ce « social dévastateur » vous pouvez inclure les retraites et la sécurité sociale. Ce que ne dit par l’article, c’est que la comparaison est faite avec la moyenne des dépenses sociales de tous les pays de l’OCDE, y compris la Grèce et le Portugal qui agonise depuis près de cinq longues années, ou encore la Roumanie et la Bulgarie dont l’état global n’est guère enviable. Rien d’étonnant dès lors à retrouver un chiffre de 22% de moyenne des dépenses quand on réduit des peuples entiers à la mendicité.
Nous continuons l’article avec ces deux phrases : « Ce n’est tout simplement plus possible, la politique de l’allocation doit cesser. Elle détruit les fondements hexagonaux, et nous conduit droit dans un mur qui arrivera plus vite que nous le pensons. » Un joli paradoxe. Explication : En 1945, le patronat ayant massivement collaboré, les leaders résistants, majoritairement communistes et armés, fondent le CNR et arrachent la sécurité sociale et les retraites. De Gaulle, lui-même ne reviendra pas sur ces acquis sociaux lorsqu’il fondera la Véme Republique, et si beaucoup les attaques discrètement avec divers lois depuis, personnes ne crachent ouvertement sur ces institutions. Alors, quand Mike Borowski nous parle du « social destructeur » et de « l’allocation » comme anéantissement des fondamentaux français, on rigole légèrement, considérant que la sécurité sociale est devenu un de ces fondamentaux.
A la fin de l’article, je me demande si celui-ci était bien utile. L’unique source de l’article me confirme que non. C’est un article de Challenge, un magazine néolibérale dont l’article est mieux construit, plus précis et avec moins d’erreur que celui de « La Gauche m’a tuer ». Si en matière d’immigration, on est clairement entre Eric Zemmour et Valeurs Actuelles, en matière économique , le site oscille entre l’incompétent Alain Minc, et l’ignorant Elie Cohen. On souffre, de s’infliger un article qui ressemble aux éditos de tous les économistes mainstreams et de tous les éditocrates indigents. Le site est-il subversif ? Non. Le site donne t-il des informations ? Non. Le site fait-il des analyses pertinentes et rarement vues ailleurs ? Non. En politique, c’est Le Point, en économie, c’est l’Express, en rédaction, c’est 8/20.

Le vieux et le naufrage : La radicalisation des papys-führers

Est-il abonné à « La Gauche m’a tuer ? »

Si d’après le gouvernement, les jeunes se radicalisent sur Internet, c’est aussi le cas pour les vieux sur leur mur Facebook. Les commentaires des personnes qui fréquentent le site, et postent avec leur compte Facebook dépasse souvent la cinquantaine. Il y a autant d’hommes que de femmes qui commentent « La Gauche m’a tuer », la parité dans l’ignorance, c’est simplement magique! Si les jeunes se radicalisent, c’est souvent sous l’effet d’une détresse sociale ou émotionnelle, d’après les sociologues. Pour les vieux qui deviennent racistes grâce à Internet la mécanique est plus subtile.
En premier lieu, il faut incriminer les modérateurs de Facebook qui laissent beaucoup de groupes et de pages manifestement racistes en circulation. Ces groupes et pages font circuler des informations fausses de manière très régulière de sortes qu’un site comme « Egalité & Réconciliation » trouve un écho favorable dans de nombreux coins de Facebook.
Le problème vient également d’une habitude plus encrée chez les jeunes utilisateurs que chez les plus vieux, c’est le croisement de source. Aujourd’hui , pour s’informer sur un sujet précis, la plupart d’entre nous lisons plusieurs articles sur le même sujet pour avoir différents point de vue et pour avoir la totalité des informations, les articles étant rarement exhaustifs. Les personnes plus âgées n’ont pas cette habitude. Comme l’explique Benjamin Bayart, fondateur de French Data Network, ils ont fait un transfert entre leur habitude dans la vie réelle et leur habitude dans le monde virtuel. Auparavant, les personnes n’achetaient qu’un journal par jour, ils ne croisaient pas les sources. Il reproduise exactement le même comportement de nos jours sur le net, et ne peuvent donc faire aucunes vérifications.
Dès lors entre les profils Facebook où les messages et informations à caractère raciste, circulent librement et l’absence de vérification des informations, les personnes plus âgées peuvent croire facilement ce qu’ils lisent même sur un site aussi médiocre que «La Gauche m’a tuer. » Maintenant, vous savez comment votre oncle beauf et idiot et aussi devenu votre oncle raciste et homophobe.

Actu | Culture | Perso | 07.07.2016 - 03 h 41 | 5 COMMENTAIRES
Comment Bien Vivre une Relation Libre ?
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Il est un fait indéniable : Le couple monogame n’est pas fait pour tout le monde. Il apparaît parfois comme une prison, souvent comme un mensonge et finalement comme une souffrance, chez certains hommes comme chez certaines femmes. La relation libre apparaît alors comme une solution mais aussi, trop souvent comme une aveux d’échec du couple. Comment bien vivre une relation libre ? C’est le sujet du jour.

« Le Couple » : La Monogamie Sociale.
Certaines personnes sont faites pour la monogamie sentimentale et sexuelle. Mais, pour toutes les autres, c’est finalement une douleur. Je n’ai que deux couples d’amis qui soit 100% monogames. Les autres se trompent régulièrement, ou sont dans des relations ouvertes, quand ils ne sont pas simplement célibataires, pour éviter les carcans du couple. Il existe aussi des formes d’amour que je ne connais pas personnellement. Les individus asexuelles, polyamoureuses, en sont quelques exemples.
« Le Couple » monogame est une norme sociale comme l’hétérosexualité. Et, comme l’hétérosexualité, le couple monogame est donc socialement acceptable et n’est vu que comme la seule forme d’amour possible, avec une différence de degré d’acceptation, des plus bigots aux plus ouverts. Cette norme sociale, comme toutes les normes, ne convient pas à tout le monde. A titre d’exemple, une personne asexuelle, ne trouvera pas forcément le couple monogame comme une forme pertinente de la relation amoureuse.
Le « trouple », la relation libre, et un nombre incalculable d’autres exemples sont des formes alternatives de l’amour comme les sexualités LGBT+, sont des alternatives à la norme dominante qu’est l’hétérosexualité. Ainsi, dire que l’amour d’un trouple est moins stable ou moins beau que l’amour à deux, c’est porter un jugement du même ordre que ceux qui jugent que l’amour homosexuel est moins valable que l’amour hétérosexuel. Il suffit de voir la série « Sense8 » pour s’en convaincre, la scène la plus romantique de la première saison est une scène orgiaque. De plus, les statistiques du nombre de divorce, montrent assez bien le très relatif succès du couple monogame à long terme.
C’est ce long processus de déconstruction de l’idée du « couple monogame » comme réussite sacrée de la vie sentimentale qui permet de s’ouvrir à de nouvelles possibilités. Dans un cas, au bout du processus, vous découvrirez que le couple monogame est une forme de relation qui vous corresponds et vous continuerez d’être heureux, alors que dans le cas contraire, une myriade de possibilités pourront s’offrir à vous, pour l’être vraiment. Ce processus peut paraître excessivement austère et peu romantique, il n’est pas passionnel et c’est une recherche par pure rationalité, de son propre bien-être. Pourtant, il évite un nombre important de problème car au final, vous savez vraiment ce que vous cherchez, et vous entrerez plus facilement en discussion sur cette question.

La relation libre : Un contrat et une confiance.

Dorian Gray dans Penny Dreadful est un libertin très très assumé.

Une relation libre n’est pas comme le couple monogame qui s’impose tacitement et naturellement dans une relation. C’est le principe même de la norme d’être tacite et de ses exceptions comme ici, la relation libre, de devoir être proposées et consenties ouvertement. Il faut donc établir « un contrat » ou avoir « the talk » lorsque la relation devient libre ou que le couple monogame devient un trouple. Est-ce qu’on embrasse les plan-culs ? Peut-on les revoir ? Combien de fois ? C’est aux différents partis du contrat d’établir la négociation.
Comme l’expression « avoir the talk » le suggère, une relation libre ne marche que dans le cadre d’une communication et d’une confiance véritable au sein du couple. Les non-dits, les inquiétudes recuites, ou les points flous du contrat peuvent créer des problèmes. Il est donc important d’aborder ces obstacles dès qu’ils sont posés, mais de manière apaisée. Si le contrat n’était pas clair, les fautes sont partagées entre les partis, il est inutile de vouloir mettre la faute en totalité sur l’autre.
Contrairement à ce qu’on croit, un contrat ou un « talk » n’à rien de définitif. D’ailleurs les ajustements seront forcément nécessaires au fil de la relation, les gens changent souvent avec le temps, et ce qui ne vous gène pas aujourd’hui, vous généra peut-être dans un an. La communication et la confiance sont donc des choses qui doivent être continues et pas uniquement présentes au début de la relation. Il est important de discuter de ses appréhensions et de ses doutes et d’autre part de rassurer l’autre si quelque chose l’inquiète.
Encore une fois, cette relation peut apparaître comme extrêmement rationalisée et peu romantique. Mais dans la pratique, les termes « contrat », « talk », « conditions » seront rarement présents. En plus, cela n’empêchera pas les câlins, les bisous et toutes mièvreries que l’on s’inflige amoureusement sur le canapé devant une énième rediffusion d’Une Nounou D’Enfer.

La sexualité : L’obsession égalitaire de la relation libre.

QAF : Dans la saison 2, le coup a « the talk » à propos de leur relation.

La relation libre permet de pouvoir avoir des relations sexuelles avec d’autres hommes ou femmes que votre compagne ou compagnon. Mais il apparaît souvent chez ceux qui ont une relation libre pour la première fois, une forme d’égalitarisme sectaire entre les deux compagnons sur le nombre de partenaire. Ce besoin égalitaire est compréhensible, il part du principe qu’aucun des membres du couple ne doit se sentir « abandonné ». Mais cette considération par du principe erroné que nous avons tous et toutes les mêmes pratiques et les mêmes fréquences, concernant la sexualité. En réalité, la relation libre, permet, justement, à deux personnes ayant des fréquences sexuelles différentes, de s’accorder parfaitement, il est donc logique que l’un couche plus que l’autre.
Bien entendu, dans ce cas là, la jalousie peu apparaître, mais la jalousie n’est pas une forme pervertie de l’amour, c’est une forme de possession. Le jaloux a, ici, l’impression que l’autre lui échappe, alors que manifestement, s’il revient, c’est qu’il n’y a pas de raison d’être jaloux.
Il faut ajouter que pour les personnes ayant une activité sexuelle, la relation libre est parfaite pour qui est amoureux d’une personne asexuelle. L’asexualité de votre partenaire est dès lors, une contrainte beaucoup moins importante, pourvu que celui-ci arrive à ce voir dans une relation libre.
Enfin, la relation libre impose l’utilisation de préservatifs et autres moyens de contraceptions. Plusieurs partenaires signifient que les risques de maladie se multiplient. Ceci, n’est pas négociable dans le talk/contrat, ne pas mettre de protection, ce n’est pas qu’un danger pour vous mais aussi pour votre compagne/compagnon et aussi tous vos partenaires.

Le regard des autres : Jugement & Compréhension.
Avoir une relation amoureuse hors-norme aura un effet différent d’avoir une sexualité hors-norme. La sexualité, on ne questionne guère dessus. Personne (à part moi) ne demande spontanément : « comment était votre dernière sodomie ? ». En revanche, la fameuse question, « et toi, comment vous les amours ? » vient assez souvent sur le tapis, surtout dans les repas de famille.
Contrairement aux idées reçues, les gens sont peu médisants du moment que les choses sont claires, assumées et revendiquées. Ils seront peut-être surpris, il est vrai que les relations libres assumées sont encore rares. Bien entendu, certains en profiterons pour vous faire l’article sur la monogamie. A la façon des homosexuels qui « ne sont de vrais mecs », celui ou celle qui sera en couple libre deviendra immédiatement, pour ces gens, un(e) incapable de satisfaire sexuellement son compagnon ou sa compagne. Alerte : ces personnes sont toxiques et sont fermées d’esprit. Si leurs préjugés prennent le pas sur votre bien-être, il faut les évacuer de votre vie sociale, le plus tôt possible !
Si vous êtes comme moi, très résistant psychologiquement, par contre, c’est-à-dire que ces remarques glissent sur vous, vous pouvez travailler leur avis pour leur faire reconnaître que celui-ci est stupide. Néanmoins, comme déconstruire le racisme, cela peut prendre des heures et des journées entières de dialogue avec la personne ce qui peut parfois être épuisant mais est une véritable satisfaction à la fin.

Conclusion : La Relation Libre est Une Relation Amoureuse Rationalisée.
La relation libre est une relation qui évite de nombreux problèmes que le couple monogame cache souvent sous le tapis et qui finalement le brise tôt ou tard. De plus, le besoin de communication constant permet une meilleur confiance et un investissement sincère dans la relation, ainsi qu’un meilleur dialogue concernant la sexualité et les fantasmes. La personne ne reste pas avec vous pour le sexe ou le confort du lit, elle reste avec vous par amour.
Pourtant, il est clair que la relation libre possède des défauts. Elle est par exemple un faible vecteur de passion en amour comme en haine. La rationalisation prendra souvent le pas sur les sentiments, et les disputes sont souvent plus rares, alors qu’elles permettent parfois d’être des soupapes de sécurité dans certains couples.
Encore une fois, bien que le couple monogame ne soit pas la solution pour tous, la relation libre n’est pas l’alpha et l’oméga de la relation réussi. Elle est une possibilité parmi de nombreuses autres d’être heureux pour soi-même et non dans les yeux des autres. Il faut apprendre à se connaitre pour construire des relations honnêtes avec autrui, y compris en matière d’amour.

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Actu | Culture | Politique | 03.07.2016 - 16 h 06 | 2 COMMENTAIRES
LGBT-Pride et « Dépravation » : « Demain, dans Minute… »
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La Gay Pride de Paris fait l’objet, comme chaque année, de la polémique sur les images renvoyées de la communauté LGBT+. Une polémique alimentée par la droite et par des homosexuels souvent réactionnaires. Déconstruire ce discours est une nécessité, car incomplet, usant de mensonges et d’ignorances, il est nocif et dangereux.

L’enfant et l’Image : Les médias pervers ?
Souvenez-vous, lors de la LGBT-Pride de 2012, le quotidien d’extrême-droite « Minute » avait exploité une photographie d’un couple pratiquement le BDSM, défilant en tenue à la Marche des Fiertés en associant cela au « Mariage pour Tous ». La photo fut reprise par Civitas, durant le débat, pour mettre en avant la question de l’éducation des enfants. Cette année la superbe « Manif’ Pour Tous » a renouvelé la pratique en pointant du doigt un défilé de doggy-boys de quelques personnes durant la Paris Pride.

Tellement de discrimination sur cette couverture…

Il est assez paradoxal que ces images soit l’exclusivité de Valeurs Actuelles, Minute et autres Manif’ Pour Tous. Ces parangons de vertu, défenseurs de l’enfance sont les premiers diffuseurs de ces images. Ces médias qui défendent tradition, mariage et monogamie diffusent sous couvert d’outrage aux bonnes mœurs, des images transgressives et vendeuses pour leur lectorat, toujours avide d’indignation. Le plus ironique, c’est qu’ils se rendent ainsi, responsables de la duplication des images sur les réseaux sociaux par les militants de la droite. Ainsi la première image des doggy-boys de Paris, me vient d’un militant de droite conservateur. En réalité, j’ignore si ces images sont réellement choquantes pour nos têtes blondes, je doute réellement qu’ils comprennent la connotation sexuelle d’un masque et d’une combinaison en lycra. Dans tous les cas, choquantes ou pas, ces images seront publiées et diffusées, d’abord et avant tout par l’extrême-droite.
Concernant les sites LGBT+ comme Yagg, ou la presse papier, comme Garçon Magazine, vous verrez les mêmes images mais elles seront noyées dans un flot d’autres photographies de la pride, et ainsi plus difficilement accessibles. La raison est assez simple, pour ces médias, le BDSM n’est pas particulièrement plus représentatif qu’un baiser entre lesbiennes, de la Marche Des Fiertés. Ainsi vous trouverez des hommes en cuir, des lesbiennes sur des motos, des danseurs sur des chars, des drag-queens aux coiffures improbables, etc… Pour Yagg, et pour beaucoup de militants LGBT+, l’événement est une fête militante et comme le disait un personnage de la célèbre série Queer As Folk : « Tout le monde fête la Gay Pride à sa manière. »

La LGBT-Pride : Une fête de la sexualité libérée.

Dans le cortège de juges à propos de la Gay Pride, on trouve un nombre conséquent d’homosexuels, principalement de droite. Il est trop facile de dire qu’ils sont stupides ou archaïques, et ce genre de considération ne réglera pas le problème. En réalité, la Gay Pride choque car elle renoue avec une tradition païenne que la culture chrétienne désavoue profondément. La Marche des Fiertés apparaît aujourd’hui comme une marche de la sexualité visible et festive contre la sexualité honteuse, isolée et cachée des religions monothéistes.
Ainsi toutes les sexualités sont rendues visibles, et pas uniquement l’homosexualité. Il y avait même des asexuels dans la marche de cette année. Le BDSM est une forme de sexualité qui existe et dans une marche qui célèbre les sexualités, il est donc normal d’en faire la représentation. Surtout que, en pratique, les doggy-boys de Paris portaient des combinaisons qui cachaient la majorité du corps, ainsi que des masques. Il n’y avait donc pas d’attentat à la pudeur.
Certains diront, comme moi, il y a quelques années, que cela donne une mauvaise image de la Gay Pride, mais c’est un raisonnement absurde. Dans une société profondément marquée par des oppressions sexuelles, il est évident qu’une fête glorifiant la liberté sexuelle sera toujours choquante pour des personnes et des médias. En réalité, ceux qui s’offusquent de voir des hommes grimés en chiens s’offusquent d’une sexualité entièrement légale et éthique. Rappelons que la communauté BDSM est l’une des plus saine en ce qui concerne la question du consentement car il doit être manifeste. Enfin, rappelons que la frontière de la légalité en matière de sexe, est toujours le même : le consentement clair et éclairé. On ferait peut-être bien de se scandaliser un peu moins de ceux qui habillent leur compagnon en chien, avec leur consentement, et de s’occuper un peu plus de ceux qui violent ou harcèlent des femmes et des enfants, notamment dans les églises lyonnaises…
D’ailleurs, si j’étais de mauvaise foi, je me méfierais d’une association comme Civitas qui associe les pratiques BDSM et l’éducation des enfants…

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